
L’INTÉGRATION EUROPÉENNE
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Le Plan Européen de Reconstruction
Le Plan Européen de Reconstruction (1947-1952), plus communément connu sous le nom de
Plan Marshall, du nom du général américain responsable de son initiative (devenu Secrétaire
d’État), est établit en 1947 et implique un investissement de 13.1 milliards de dollars américains
sur une période de cinq ans. En dollars de 1997, cet investissement équivaudrait à plus de 88
milliards. Quatre grandes causes peuvent expliquer la mise en application du Plan Marshall.
D’une part, l’Europe a toujours été un marché important pour les États Unis. Il est craint que si le
marché européen ne connaît pas une forte croissance, les États Unis pourraient connaître une
récession. L’émergence du communisme et du socialisme en Europe de l’Ouest fait craindre le
choix de ce mode de développement, à l’instar du capitalisme et de l’économie de marché. Il est
impératif pour les États-Unis de faire face à l’influence politique et économique grandissante de
l’URSS en Europe de l’Est. Il en résulte aussi de l’utilisation de l’Allemagne de l’Ouest comme
zone tampon entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est.
L’Angleterre, la France, l’Italie et l’Allemagne de l’Ouest sont les principaux destinataires du Plan
Européen de Reconstruction. 70 % de cette aide est dépensée pour acheter des biens
américains qui seront utilisés pour redémarrer les industries nationales ou encore pour régler les
dettes de guerre contractées envers les États-Unis, notamment sous le régime du prêt-bail. A
partir de 1949, la Guerre Froide fait bifurquer l’aide dans le secteur militaire au lieu de l’industrie.
De façon générale, le plan est un succès et en 1952, la production Ouest Européenne est de 35
% au dessus de son niveau d’avant-guerre. Il aura aussi pour conséquence d’affirmer la
puissance et le mode de production fordiste des États-Unis en Europe de l’Ouest. De plus il
forme les bases des processus d’intégration européenne subséquents, puisque pour la
première fois dans l’histoire des investissements sont alloués à l’échelle européenne.
L’Organisation Européenne de Coopération Économique (OECE) est mise en place
en 1948 pour administrer l’aide américaine du Plan Européen de Reconstruction. De
plus, l’organisation doit améliorer la stabilité des devises, combiner les forces
économiques d’intervention et favoriser le commerce entre les nations membres. En
1961 l’OECE est élargie pour former l’Organisation de Coopération et de
Développement Économique (OCDE). Face à l’organisation de l’aide économique
(OECE) et militaire (OTAN) par les Alliés en Europe de l’Ouest, l’Union Soviétique
met en place le COMECON et le Pacte de Varsovie (1955).
Le Conseil d’Assistance Économique Mutuel
Le Conseil d’Assistance Économique Mutuel (COMECON, 1949) est la riposte de l’URSS au
Plan Marshall. Il comprend lors de sa fondation une bonne part des pays de l’Europe de l’Est
(Albanie, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Allemagne de l’Est) et
l’URSS. La Mongolie (1962), Cuba (1972) et le Vietnam (1978) deviendront membres par la
suite afin de s’intégrer à l’espace économique de l’URSS. Pour leur part, l’Albanie sera expulsée
en 1961 et la Yougoslavie obtient un statut spécial d’observateur lors de son adhésion en 1964.
Le COMECON a pour principal objectif économique de planifier la coordination de la production
industrielle et des échanges commerciaux en spécialisant la production de ses membres. Deux
structures sont fondamentales à cet accord: (1) La Banque Internationale de Coopération
Économique (1963) a pour but de régler les questions monétaires entre les pays socialistes. (2)
La première institution
d’intégration de
l’Europe vise
l’administration de
l’aide économique
étasunienne.