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Bicentenaire du Centre Hospitalier Départemental
La population hospitalière au 19e siècle
les civils
Les malades civils furent accueillis à partir de 1812, date de l’ouverture du nouvel établissement.
Les Yonnais et les habitants des communes voisines furent admis en premier, puis ceux de l’en-
semble du département.
Les soins et l’hébergement variaient suivant les pathologies, mais aussi suivant l’origine sociale
des personnes malades et les ressources dont elles disposaient.
Les civils curables : Il s’agissait de personnes atteintes
de pathologies aiguës, destinées soit à en guérir, soit à en
mourir rapidement, et dont les ressources familiales et éco-
nomiques ne permettaient pas d’être soignées au domicile.
« Les salles du rez-de-chaussée du bâtiment central leur avaient été attri-
buées. Ces salles étaient divisées en salle pour évreux et salle pour blessés,
mais souvent la place manquant les malades se trouvaient mélangés, seule la
distinction par sexe était strictement observée ».*
Les civils incurables : Appelés à séjourner de longues
années dans l’établissement, les civils incurables compre-
naient les vieillards, les infirmes, les demi-fous, les idiots,
les épileptiques, eux-mêmes répartis différemment selon
qu’ils étaient valides ou non.
Ils arrivèrent en force avec le transfert du dépôt de mendi-
cité de Luçon en 1821, et furent placés dans les salles des
civils et dans les combles.
« En 1863 seulement, des salles leur furent vraiment appropriées. En 1888,
le dortoir des gâteux hommes se situait au rez-de-chaussée du bâtiment cen-
tral, celui des gâteuses au premier étage de l’aile des femmes. La création
de l’Asile de la Grimaudière vint soulager les salles de l’hôpital général en
permettant l’accueil d’une partie de ces incurables inoffensifs : les demi-
fous, idiots, simples déments et épileptiques ».*
Les ouvriers : « Au rez-de-chaussée du bâtiment de l’hospice, une
salle était réservée aux ouvriers. Ce furent tout d’abord les ouvriers des
chantiers napoléoniens, puis ceux des chantiers ferroviaires qui bénéciè-
rent de cet accueil particulier. Relevant de blessures occasionnées par leur
travail, leur prise en charge était assurée soit par le département, soit par
l’administration ferroviaire ».*
Les pensionnaires : « Dès l’origine, des pensionnaires purent proter des dispositions hospitalières, mais à leurs frais. En
1840 neuf places d’hommes et huit places de femmes étaient dégagées à cet effet, moitié pour des valides, moitié pour des invalides.
En 1910, vingt lits furent mis à leur disposition. En 1888, les chambres des pensionnaires hommes se situaient au rez-de-chaussée
du bâtiment central, celle des femmes au rez-de-chaussée de l’aile sud dans sa partie surajoutée.
An que l’établissement fut assuré de leurs frais d’entretien, un contrat était dressé entre eux-mêmes et l’administration hospitalière.
Suivant leurs possibilités nancières, ils choisissaient l’état de pensionnaire de 1re, 2e ou 3e classe. Ces derniers étaient traités comme
les incurables. Ils apportaient à l’administration hospitalière des revenus ou des biens mobiliers non négligeables ».*
La vie d’un malade à l’hôpital : « Le lever avait lieu entre 6h00 et 7h00, l’hiver, et entre 4h00 et 5h00, l’été. Si pos-
sible, le malade devait faire son lit et un inrmier passait lui laver le visage et les mains. La visite des médecins avait lieu à 7h00,
l’hiver, et à 6h00, l’été (à la n du siècle, ce sera 8h00, l’hiver, et 7h00 l’été). Les repas, déjeuner, dîner et souper, devaient être
pris en commun au réfectoire, sauf si le médecin s’y opposait. Pour les hommes, on leur faisait la barbe une fois par semaine ; les
cheveux étaient coupés une fois tous les trois mois. Les jeux de cartes et le tabac étaient interdits dans les salles. Le règlement de
1886 disait ceci : « le travail est institué dans l’hôpital, comme moyen de distraction pour les malades ». Le médecin décidait du
type de travail que le malade pouvait accomplir. Les permissions de communiquer avec les personnes du dehors étaient accordées
le mardi ou le jeudi, de 9h00 à 10h00 le matin, ou de 3h00 à 4h00, le soir, au parloir en présence d’une sœur ».
* (* extraits de la thèse de doctorat en médecine de M. D. TETAUD : « L’Hôpital de La Roche-sur-Yon au XIXe siècle », 1987)
Archives départementales de la Vendée, H dépôt 4, Q 212.
Registres matricules des malades civils (1827).
Archives du centre hospitalier départemental. Le quartier des vieillards.
Archives du centre hospitalier départemental. Le quartier des fiévreux.