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IMAGES – 28 août 2007 – page 29
Le principal domaine d’application du MEG est le dia-
gnostic pré-opératoire en épilepsie. En effet, les capacités de
localisation du MEG ainsi que sa commodité d’utilisation en
font un outil de choix pour confirmer et localiser le (ou les)
foyer(s) épileptogène(s) déclencheurs de la crise avant résection
chirurgicale. Rappelons que la principale méthode employée
en 2006 reste l’implantation intracrânienne d’électrodes, ce
qui nécessite pour ce seul diagnostic une opération chirurgicale
délicate et fort invasive.
Le MEG est évidemment très onéreux et encore peu
répandu aujourd’hui. On en recense par exemple trois en
France et encore aucun sur le territoire Suisse. Ce scanner n’a
pas encore atteint le rang d’outil de routine clinique, mais
son usage se répand. Mis à part son prix prohibitif, il souffre
d’un problème majeur. Il ne fabrique pas de cartes neuronales
exploitables, mais se contente de mesurer périodiquement
des champs magnétiques de faible intensité. L’output est une
matrice où les lignes représentent les capteurs et où les colon-
nes représentent l’intensité temporelle. Cette matrice est déjà
extrêmement précieuse, ceci d’autant plus que le pas temporel
est la milliseconde. Il serait toutefois bien plus agréable de
disposer d’une même matrice où les lignes représenteraient
cette fois-ci les sommets du maillage obtenu par segmentation
des voxels d’une IRM. C’est à ce niveau qu’intervient le projet
NeoBrain, dont le but est de déterminer cette matrice!
le projet neobraIn
La construction de la matrice sommet x intensité à partir de
la matrice capteur x intensité est connue sous le nom du pro-
blème inverse, que l’on rencontre en imagerie fonctionnelle
cérébrale, mais aussi par exemple en physique des plasmas. Ce
problème est très complexe. Les champs magnétiques sont
déformés par les tissus cellulaires traversés entre les foyers
d’émission neuronaux (apparentés aux sommets du maillage)
et leur point de mesures externes (les capteurs). L’information
mesurée par les capteurs est de surcroît fortement bruitée, par
la faible intensité du champ (proche du champ magnétique
terrestre), par l’électronique des capteurs, et par les micro-
mouvements du patient.
Les données fonctionnelles d’activités neuronales sont ainsi
très bruitées, mais possèdent la qualité non négligeable d’être
obtenues de manière non invasive ! La grande difficulté du problème inverse est donc d’ef-
fectuer un recalage des données fonctionnelles sur les données anatomiques, tout en tenant
compte de la déformation du champ magnétique et du bruit greffé au signal mesuré.
carte neuronale
Un des principaux objectifs du projet NeoBrain est le développement d’un modèle
mathématique permettant la fabrication des cartes neuronales du cortex, avec pour input
des données anatomiques provenant d’un IRM et des données fonctionnelles issues d’un
scanner MEG dont la fenêtre de temps est de l’ordre de la milliseconde. NeoBrain se propose
donc de résoudre le problème inverse, ie de relocaliser les foyers sources d’où sont issus
les champs magnétiques. Il s’agit de répondre aux interrogations suivantes : si un capteur se
trouve en (x, y, z) et qu’il mesure une intensité k, quel groupe de neurones en est la cause ?
Quelle valeur d’intensité associer à ces neurones ? Toutes les mêmes ? Est-il judicieux de
tenir compte des capteurs voisins? Est-il nécessaire de tenir compte de l’intensité antérieure
ou postérieure ? Si oui, quelle dimension associer à cette notion de voisinage spatial et de
voisinage temporel ? ...
NeoBrain
implantation d’électrodes invasives, 2006
champ magnétique émis par les neurones (intérieur) et mesuré
par les capteurs MEG (extérieur)