
Jacques GENEREUX et Jean-Marc DANIEL – CERA – 21 novembre 2014 Page 2/27
êtes las de la rengaine qui scande que les Etats sont impuissants vis-à-vis de la finance, des marchés, de la
BCE (Banque Centrale Européenne) et du FMI (Front Monétaire International). Si c’était le cas, ils ne
devraient pas chercher à sauver l’euro à tout prix. La question de la sortie ou de la conservation de l’euro
est tellement sérieuse qu’une pointe d’humour est bienvenue… J’ai cherché le mot Généreux dans le
dictionnaire, « fécond, fertile, comme une terre généreuse, abondant, copieux comme un repas généreux,
rebondi ou plantureux comme des formes généreuses, riche en goût et fort en alcool, comme un vin
généreux », je n’ai pas de doute sur le fait que vous allez nous offrir largement vos idées pour nous
expliquer comment sortir du carcan imposé par les traités européens, et si vous avez un plan de bataille,
vous allez nous en faire part pour procéder à une sortie ordonnée de l’euro.
Monsieur Daniel, vous êtes de la même génération, né en 1954 à Bordeaux. Diplômé de l’ENSAE, l’Ecole
Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique, vous êtes aussi polytechnicien. Vous avez
travaillé dans l’administration, à l’INSEE. Vous avez exercé dans des cabinets ministériels, aux Affaires
Etrangères, à la culture. Vous êtes enseignant à l’Ecole des Mines, à l’ENSAE et à l’ESCP Europe, l’Ecole
Supérieure de Commerce de Paris. Vous êtes chroniqueur au journal Le Monde, aux matinales de BFM,
directeur de rédaction de la revue Sociétal, think tank qui décrypte l’évolution des enjeux économiques et
sociaux. Son dernier titre : « La France, la fin du déni ? » Vous avez également écrit de nombreux
ouvrages, dont « Le socialisme de l’excellence » en 2011. Spécialiste de l’analyse de la rente, vous luttez
pour que soit combattues les rentes et promus les talents. En 2012 paraît « 8 leçons d’histoire
économique » où vous recommandez au gouvernement de cesser de privilégier la consommation sur
l’investissement et à la BCE de veillez à la qualité autant qu’à la quantité de la monnaie. En économie
pure, vous parlez d’un savant dosage entre une politique budgétaire et une politique monétaire. Dans
votre dernier livre « L’économie de connivence », vous parlez d’économie spectacle, d’une grande
connivence entre les acteurs censés conduire le changement. L’Allemagne disait hier de la France qu’elle
était un pays déficitaire récidiviste. Vous dites « Notre problème n’est ni à Francfort, ni à Bruxelles, ni à
Berlin. Il est dans le refus des réformes structurelles. De rapports en rapports, le contenu nous est
pourtant détaillé. » En cherchant votre nom pour clore cette présentation, je suis tombé sur John
Frederick DANIELL, un physicien britannique du XIX° qui a inventé la pile électrique. Je suis sûr que vous
allez nous éclairer et nous expliquer pourquoi pour vous, sortir de l’euro est une fausse bonne idée.
Jacques Généreux :
Bonjour, merci de cette présentation détaillée et merci au CERA de nous donner cette occasion de
discuter et de débattre. En introduction, je voudrais apporter quelques précisions liminaires quant à ma
manière d’aborder la question du jour.
Je ne suis pas contre le libéralisme. Tout dépend de ce qu’on met derrière ce terme. Je suis libéral au sens
américain du terme, adepte de l’émancipation humaine et certainement pas adepte de la soumission des
êtres humains à la loi du marché. Le terme est malheureux mais il est vrai qu’on appelle parfois