
4. Marche bipède 97
sol parfaitement plat et horizontal (représenté, par exemple, par une grande
surface plane).
Dans le cas réel, un robot humanoïde peut facilement tomber à cause d’une
irrégularité du sol de quelques millimètres seulement. La distribution de masse
et la géométrie des structures humanoïdes créent une amplification rapide des
erreurs de posture dues aux irrégularités du support. Il est nécessaire d’im-
plémenter un programme supplémentaire pour éviter cette situation, et qui
va modifier le modèle de marche en tenant compte des informations issues
du gyroscope, de l’accéléromètre, des capteurs d’efforts et autres dispositifs
d’information embarqués sur le robot. Ce programme est appelé stabilisateur
(figure 4.1(b)).
La suite de ce chapitre est organisée de la manière suivante : dans les par-
ties 4.2, 4.3 et 4.4, nous expliquons le fonctionnement du générateur de modèle.
La partie 4.5 est dédiée au fonctionnement du stabilisateur. Nous précisons le
contexte historique de la recherche sur les robots bipèdes marcheurs dans la
partie 4.6, et décrivons dans la partie 4.7 différentes approches de commande
de robots bipèdes utilisées dans un cadre sortant de celui illustré sur la figure
4.1.
4.2 Génération d’une marche en deux dimensions
Ce chapitre expose les principes de base de la marche bipède en deux di-
mensions et propose un algorithme de génération de modèle.
4.2.1 Le pendule inversé en deux dimensions
Le processus de coarse-graining est l’une des méthodes les plus efficaces pour
traiter un système complexe. En mécanique céleste, les chercheurs considèrent
le Soleil et les planètes comme des masses ponctuelles alors que chacun de ces
éléments possède une structure interne propre. Cependant, les orbites suivies
dans le système solaire peuvent être calculées avec une grande précision. En
thermodynamique, de très grands ensembles de molécules, de l’ordre de 1023
éléments, sont soumis au processus de coarse-graining pour prédire efficacement
les comportements dynamiques en fonction des variations de paramètres comme
la température ou l’entropie.
De la même manière, afin de comprendre ce qu’est l’essence de la locomo-
tion bipède, nous faisons trois hypothèses sur un robot humanoïde comportant
30 degrés de liberté et constitué de milliers d’éléments mécaniques et élec-
triques. La première hypothèse consiste à considérer le robot comme une masse
ponctuelle : l’ensemble des masses des différentes parties qui le constituent se
réduisent en son centre de masse. Deuxième hypothèse : nous supposons que
le robot possède des jambes sans masse, dont l’extrémité est en contact avec
le sol par une liaison rotoïde. Troisièmement, nous ne nous intéressons qu’aux
mouvements avant/arrière, haut/bas du robot. Les déplacements latéraux sont