L`usage du français dans le monde de l`économie, du travail et de

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Forum Mondial de la Langue Française (Québec 2-6 juillet 2012)
Participation de la délégation des jeunes de L’A.P.F /Haïti
Appel à Contribution sur le thème : Le français dans le monde de l’économie, du travail et de la Formation
Parmi les milliers de langues qui existent dans le monde, seules quelques unes sont parlées par un
nombre réellement important de personnes. Quelques soient les estimations retenues, le français fait
partie de la quinzaine qui compte plus de 200 millions de locuteurs. Ainsi, la langue française est un
organisme vivant qui évolue et se transforme. Parler de cette langue revient à parler de son histoire, de
vivre son présent et de parler de l’avenir. Car pour nous Haïtien, elle représente un témoignage, un
héritage d’un passé bouleversé, un conditionnement de ce présent qu’on aura de toute façon à
transmettre comme patrimoine à notre postérité. A ce niveau, le français occupe une grande
importance dans notre société. Il est donc impératif de sensibiliser notre population francophone à la
précieuse valeur de cet instrument commun qui peut favoriser et faciliter des relations sociales,
intellectuelles, culturelles et économiques.
Le français se trouve confronter aujourd’hui à non seulement une langue de communication
mais aussi celle d’une langue d’apprentissage, de développement économique et du marché du travail.
Face à cette réalité, armés par la langue française et la mondialisation, les pays francophones sont aptes
à faire face aux problèmes relatifs à l’économie, l’éducation et le travail. C’est en ce sens que notre
réflexion se porte sur l’usage du français dans le monde de l’économie, de l’éducation et du travail.
Le commissaire général du FMLF eut à dire : ‘’Si la francophonie veut être utile, elle doit parler
d’économie ‘’. Cette phrase de Monsieur Audet vient confirmer le rôle de la langue française comme
vecteur économique dans la mondialisation et les échanges commerciaux. Ainsi, l’économie prend une
part croissante dans les discussions sur la francophonie, elle représente aujourd’hui un axe important
pour l’avenir de la francophonie.
Compte tenu de cette évolution de la francophonie dans le monde, n’est-il pas judicieux de
penser à un éventuel espace de libre échange économique francophone ? De créer un leadership
entrepreneurial francophone ou un organisme de développement de l’entrepreneuriat francophone ?
Nous pensons que les francophones plus précisément les jeunes doivent profiter de cet instrument
commun pour non seulement faire des échanges culturelles mais aussi favoriser les échanges
économiques pour évoluer dans le domaine de l’économie. A cet effet, la langue française ne sera pas
uniquement consacrée à sa noble tâche de communiquer mais aussi à la croissance économique des
pays et tout au plus un modèle de développement pour les autres langues.
Au niveau de l’éducation, l’usage de la langue française dans le milieu éducatif haïtien fait
l’objet de grand débat vu la présence du créole comme langue maternelle. A cet effet, les acteurs du
système éducatif estiment qu’entre 10% et 25% de la population haïtienne sont bilingues au sens où
cette portion de la population parle couramment créole et maîtrise en même temps le français à des
degrés divers. Tenant compte de cette situation, les linguistes proposent un plan de convergence
linguistique qui permettra de valoriser les deux langues mettant accent sur la méthodologie de
l’enseignement et l’apprentissage du français qui tient compte des spécificités d’Haïti et des besoins en
communication des Haïtiens. Ainsi, la mise en place des outils pédagogiques uniques et communs pour
les pays francophones s’avère d’importance capitale car la valorisation du français comme outil d’aide
au développement doit nécessairement passer par l’éducation et la formation des professeurs de
français. Nous parlons d’une éducation de qualité accessible à tout le monde quelques soient son
appartenance sociale, ses idéologies politique ou religieuses.
En ce qui concerne le français dans le milieu du travail, en Haïti l’usage de cette langue devient
un atout majeur pour les candidats désireux d’avoir un poste dans l’administration publique ou privée.
Les compétences en langue française représentent une obligation pour le candidat car celle-ci est
toujours mentionnée dans les offres d’emplois. Par contre les dispositions légales garantissant l’usage
du français dans le monde du travail en Haïti n’existent pas vraiment. L’amour développé pour la langue
française s’exprime dans la réponse de nos jeunes haïtiens qui suivent des cours de français soit à
l’Institut français à Port-au-Prince ou dans les alliances françaises dans les chefs lieux des départements.
La langue est devenue incontournable dans le vécu quotidien de l’haïtien, les interviews d’embauche,
soit 90% se réalisent en français. En Haïti, hommes politiques, hommes d’affaires, journalistes, hauts
fonctionnaires, grande et moyenne bourgeoisie, les écrivains et les universitaires, toutes ces catégories
s’expriment avec une aisance. Par conséquent, celui qui veut vraiment se faire une place sur le marché
du travail haïtien doit au moins maîtriser la langue française à certain niveau.
Tout compte fait, le débat sur l’usage de la langue s’annonce très passionnant dans la mesure où la
situation linguistique se diffère d’un pays à l’autre. Donc, les pays francophones devraient concevoir le
français comme une ressource et aussi un instrument d’une politique de développement. Au cours de
notre histoire, certains peuples ont partagé leur langue dans la recherche d’une solidarité. La
francophonie a trop longtemps demeuré un espace de partage d’intérêts, de valeurs, et d’objectifs
culturels commun, l’espace peut être aussi un espace économique. En dépit des limites et la grande
vague de concurrence, la Francophonie doit demeurer forte.
Mulineca Rose Chantal CALIXTE
Marc-Gérard JACQUET
Haïti, Mai 2012
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