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Le haut Moyen Âge (Vème siècle - Xème siècle) correspond à une période troublée de l’histoire. La désintégration écono-
mique et les invasions barbares, puis l’établissement de tribus germaniques à l’intérieur des frontières de l’Empire romain
d’Occident, changent la face du continent européen. Entre conits, désorganisation sociale et épidémie, le haut Moyen Âge
apparaît comme une période de régression. Mais à partir de l’an mille (début du bas Moyen Âge), l’économie occidentale
se développe considérablement. Les villes poussent comme des champignons (le nombre de très grandes villes, comptant
plus de 100’000 habitants, a été multiplié par cinq entre le début du XIème siècle et le milieu du XIVème siècle), la population
augmente très vite (elle double entre l’an mille et 1340, quelques années avant que la Peste noire touche l’Europe et tue un
tiers de sa population), le commerce s’enèvre. De nombreuses inventions permettent d’augmenter la productivité agricole :
on parle d’ailleurs de révolution économique médiévale. Citons entre autre l’amélioration de l’outillage (notamment de la
charrue), l’extension de la rotation triennale (jachère) et l’augmentation des surfaces cultivées (grâce notamment à un puissant
mouvement de défrichement des forêts.)
Ce gain de productivité associé à de nombreux progrès dans les transports (constructions de routes, de ponts, naissance des
caravelles, etc.) et à de nouvelles techniques (moulins à vent et à eau, métier à tisser horizontal, etc.) engendrent une nette
augmentation des échanges et le développement de groupes de commerçants tels que les colporteurs (marchands ambulants
transportant leurs marchandises de ville en ville). Les villes de foires italiennes (Gênes, Venise) traversées par les routes com-
merciales développent et nancent ces activités (apparition des prêteurs, ancêtres des banquiers).
Le Moyen Âge
La Renaissance et la découverte du Nouveau Monde
Après les affres de la Guerre de Cent ans, qui opposa entre 1337 et 1453 les deux grandes puissances européennes qu’étaient
l’Angleterre et la France, avec la période de la Renaissance, l’Europe vit une période d’épanouissement culturel, artistique,
technique et économique. Ainsi, durant cette période, plusieurs découvertes fondamentales ont été réalisées par les Euro-
péens, à l’image de l’imprimerie et du Nouveau Monde.
Si l’imprimerie par xylographie (impression de feuillets entiers à l’aide de planches gravées)
existait en Chine depuis l’an 868, l’allemand Johannes Gutenberg est traditionnellement
considéré comme l’inventeur de l’imprimerie européenne. En effet, vers 1450, Gutenberg
utilisa pour la première fois des caractères mobiles métalliques en plomb, permettant une
production en série : cette invention signe la naissance de la typographie. Grâce à cette dé-
couverte, Gutenberg commença à imprimer la Bible en latin ainsi que d’autres livres plus mo-
destes. Dès lors, l’imprimerie se développa très rapidement : on estime qu’entre 1450 et 1500,
plus de 6’000 oeuvres ont été imprimées. L’imprimerie en série provoqua une véritable
révolution culturelle : le livre, auparavant si rare et généralement réservé à une élite savante,
devient enn accessible au public. L’accès plus facile à la connaissance et au savoir favorisera
l’émergence d’un esprit critique et, avec lui, de l’humanisme.
La « Bible de Gutenberg »
surpasse de loin en beauté
et en art tous les livres qui
l’ont précédé.
Au XVème siècle, les Portugais, sous l’impulsion d’Henri le Navigateur, entreprennent la
reconnaissance systématique des côtes occidentales de l’Afrique dans le but d’établir des
comptoirs commerciaux et d’atteindre les Indes. Cette volonté économique et politique
est accompagnée de progrès techniques favorisant la navigation : des tables de déclinaison établies par des mathématiciens
rendent plus juste la détermination de la latitude et les cartes marines se font plus précises. Un nouveau bateau, la caravelle,
permet de s’aventurer au large. Dès le début du siècle, l’une des ambitions des Européens est d’atteindre les Indes par l’Ouest.
La raison en est simple : depuis le XIème siècle, les musulmans contrôlent les principales routes de commerce entre l’Orient
et l’Occident et prélèvent de lourdes taxes sur les épices et les soieries. Les Européens sont donc à la recherche de nouvelles
voies de communication leur permettant d’entrer en contact direct avec les Indes et la Chine.
Le 3 août 1492, le navigateur et marchand génois Christophe Colomb se lance dans l’aventure. A la tête de trois navires (la
Pinta, la Niña et la Santa Maria), Christophe Colomb aborde le 12 octobre 1492 ce qu’il croit être l’Inde : il s’agit en fait d’une
île des Bahamas (Guanahani), qu’il baptisera San Salvadore. Au cours des semaines suivantes, Christophe Colomb, toujours
persuadé d’avoir débarqué en Asie, se rend sur plusieurs îles, dont notamment Cuba qu’il dénomme Juana et La Española,
devenue par la suite Hispaniola (comprenant les territoires actuels de la République dominicaine et de Haïti.)