SÉBASTIEN MONTANARI - Doctorant en Lettres classiques

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SÉBASTIEN MONTANARI - Doctorant en Lettres classiques
Quel est votre parcours universitaire/professionnel et en quoi a consisté votre sujet d'étude ?
Après un bac littéraire, j'ai fait hypokhâgne et khâgne au lycée Pothier d'Orléans, avant d'intégrer l'université de Tours en licence de lettres classiques,
avec une équivalence du Deug (diplôme d'études universitaires générales). J'ai ensuite obtenu à Tours ma maîtrise, l'agrégation, un master II en grec
ancien, avant de commencer mon doctorat sur Evhémère de Messène, un grec de l'antiquité (début du IIIème siècle av. J.-C.) auteur d'un ouvrage
intitulé L'Inscription sacrée. Il s'agissait pour moi de traduire et de commenter les fragments et témoignages conservés. Durant la préparation de mon
doctorat, j'ai été successivement moniteur puis attaché temporaire d'enseignement et de recherche (ATER) à l'université de Tours, avant d'intégrer le
secondaire dans un collège de Bourges.
Comment
avez-vous
vécu
votre
thèse
?
Les débuts ont été difficiles pour moi, car j'aime travailler dans l'urgence et au dernier moment, ce qui est difficilement compatible avec le travail de
thèse, l'échéance paraissant toujours lointaine. Il m'a ainsi fallu sept ans pour réaliser mon travail et, paradoxalement, je n'ai vraiment avancé dans
mes recherches et dans la rédaction qu'après avoir intégré l'enseignement secondaire. Les emplois de moniteur et d'ATER (à mi-temps), pour
intéressants qu'ils fussent, me laissaient trop de temps à consacrer à ma thèse... J'ai trouvé une forme d'équilibre dans le secondaire, en consacrant
pleinement les périodes scolaires à mes élèves et en réservant les vacances à mon travail de thèse : cela m'a permis de travailler, certes en pointillé,
mais de façon intensive sur des périodes courtes (au total, trois mois par an). J'ai ainsi rédigé ma thèse entre Genève (Fondation Hardt pour l'antiquité
classique)
et
Athènes
(Ecole
Française).
Que
vous
a
apporté
cette
expérience
?
Plus encore qu'un défi intellectuel, la thèse m'est apparue comme une forme de dépassement de soi. Il s'agissait d'être capable de mener un projet
sur une longue durée, avec constance, rigueur, discipline, quelles que soient les difficultés rencontrées, l'incompréhension, parfois, de l'entourage, et
en dépit des moments de découragement. J'ai vécu ce travail comme une forme d'ascèse qui ne me correspond pas pleinement (je me suis beaucoup
plus épanoui dans la préparation de l'agrégation), mais qui m'a malgré tout énormément enrichi. Au-delà de ce dépassement de soi, de
l'approfondissement de mes connaissances du grec ancien, du plaisir de proposer des interprétations novatrices, j'ai eu la chance de faire de belles
rencontres aussi bien à Genève qu'à Athènes : ces deux lieux m'ont permis d'échanger avec d'autres chercheurs, de toutes nationalités et de tous
âges. C'était très important pour moi, car la recherche, en sciences humaines, est une activité trop solitaire et j'aime le contact humain.
Professionnellement parlant, le doctorat ne m'est pas, à court terme, directement utile, dans la mesure où je ne souhaite pas devenir maître de
conférences. Mais ce diplôme est un gage d'excellence et peut-être m'offrira-t-il des opportunités au cours de ma carrière.
Quels
conseils
donneriez-vous
à
un
étudiant
qui
souhaite
suivre
cette
voie
?
Je conseille au néo-doctorant de ne pas trop considérer l'immensité de la tâche, de peur d'être très vite pris de vertige : mieux vaut diviser le travail en
petites étapes, se fixer des objectifs à taille humaine. Les petits ruisseaux font les grandes rivières, et un jour, on est tout surpris de découvrir qu'on a
accompli plus de la moitié du chemin. A mes yeux, rédiger une thèse, c'est comme escalader une très haute montagne. Il ne faut pas trop regarder
vers
le
sommet,
mais
au
jour
le
jour,
garder
les
yeux
fixés
sur
la
paroi,
et
avancer...
Quelle
est
votre
situation
actuellement
?
J'enseigne aujourd'hui le français et le latin dans un collège classé en réseau réussite scolaire (collège Victor Hugo), à Bourges, et j'y suis vraiment
très heureux. J'envisage de proposer des cours de grec ancien à l'université populaire. J'ai d'abord envie de faire découvrir cette langue à un public
qui ne se destine pas à l'enseigner.
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