
ÉCONOMIE
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Espaces économiques, le droit de cité˝
de limiter les effets d’évictions, l’optimisation et le renou-
vellement des zones d’activités proches de la ville, ou
l’accompagnement en phase opérationnelle d’une offre
immobilière mixte et adaptée en prix et en aménage-
ment, peuvent-être avancées.
Ce défi du maintien d’activités servantes fait aussi écho
aux besoins croissants de plus de rapidité dans les
échanges, de réduction des déplacements, de rupture de
charge avec des véhicules propres et de manière générale
de desservir la ville dans un contexte de développement
croissant du e-commerce.
Des évolutions sociétales
à prendre en compte
Selon une enquête de l’Essec buisness school en 2013 au-
près de 2000 étudiants de grandes écoles, une majorité
privilégierait pour leur futur emploi une localisation dans
un espace urbain central et hyper-connecté. Plus de 55 % se
disent favorables au télétravail. Les nouvelles générations
entrant sur le marché du travail, tendraient à plébisciter
les cœurs d’agglomérations comme lieu préférentiel de
travail mais aussi de résidence. Cette tendance remet en
avant les aménités urbaines inhérentes à la ville dense pour
en faire un mode de vie global : la proximité de services,
de loisirs, de commerces, l’opportunité des rencontres et
des échanges, des interactions permanentes. C’est aussi
peut-être un signe que le lieu du travail, dans un contexte
d’évolutions technologiques, ne peut plus être subi˝ par
les salariés, mais qu’il fait aussi partie d’une stratégie de
vie personnelle, répondant parfois à des aspirations extra-
professionnelles. Dans un monde globalisé ou l’on compte
de plus en plus de citadins, l’imaginaire de la ville compacte
et des proximités semble redevenir attractif en opposition
avec l’étalement urbain économique des années passées.
Reste à savoir si les entreprises sauront s’adapter à ces nou-
velles aspirations, qui pourraient risquer à terme de leur
poser des problèmes de recrutement.
PAROLES D’ACTEUR
François JALINOT
Directeur général
de l’EPA Euroméditerranée
“ Avant 1995, Marseille n’était pas visible à l’échelle
internationale pour l’immobilier de bureau : une offre
souvent obsolète et dispersée n’apparaissait pas sur les
radars des choix de localisation des grandes entreprises
tertiaires. Avec une programmation initiale de 500 000 m²,
l’Opération d’Intérêt National Euroméditerranée a per-
mis à Marseille de rattraper ce retard. Le quartier central
des affaires, qui manquait à la ville, attire aujourd’hui
les fonctions d’encadrement, de conseil, d’ingénierie et
d’échanges liées au commerce international. On est dans
un modèle hyper classique pour les grandes métropoles,
de massification de l’offre en accueil d’entreprises avec
des commodités et des services urbains importants : acces-
sibilité en transports en commun, proximité de l’aéroport
et de la gare TGV, commerces, qualités des espaces pu-
blics. L’offre est urbaine, voire hyper-centrale, et constitue
aujourd’hui un important pôle de bureaux, connecté et
ouvert, visible et lisible.
Se pose dès lors l’impact du coût du renouvellement ur-
bain sur le prix de l’offre immobilière. Cette offre est certes
plus chère par rapport à l’offre de périphérie mais au-
jourd’hui il y a une vraie demande des entreprises pour des
programmes de bureaux aux standards les plus actuels :
en matière de performance énergétique des bâtiments,
de réduction des coûts de fonctionnement et de dépla-
cements, mais aussi des surfaces modulables et ergono-
miques s’appuyant sur de grands plateaux où l’on peut
optimiser et rationaliser les organisations.
De plus, on constate une évolution sociétale du modèle,
tirée par une nouvelle génération d’entrepreneurs plus
jeunes, plus urbains, souvent sans voiture, qui aiment se
déplacer en transports en commun ou en vélos, avec des
horaires souvent décalés. Ces entrepreneurs et ceux qu’ils
recrutent ont besoin d’un environnement urbain adapté,
favorisant la proximité et les synergies. Ces sociétés re-
posent beaucoup sur l’innovation ou la filière numérique.
La programmation d’Euromed 2 prévoit aussi de conce-
voir des formes urbaines qui soient à même d’accueillir
cette économie créative ainsi que des activités plus mixtes
de support comme pour le e-commerce et la logistique
urbaine. Nous travaillons sur des pieds d’immeubles pour
créer des modèles urbains, denses, et permettre ainsi de
réintégrer à la ville constituée˝ une partie des activités né-
cessaires à son fonctionnement et à son rayonnement. ”
N LES DÉTERMINANTS DE LA DEMANDE DES ENTREPRISES EN
FONCIER ÉCONOMIQUE
Localisation
Accessibilité
Disponibilité
Produits
immobiliers
Services
DEMANDE
Coût / Prix