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Parallèlement, les banques libanaises s’apprêtent à la mise en application de l’accord, le Liban
étant toujours préoccupé de respecter les normes internationales en matière bancaire.
De ce fait, un comité tripartite de la Banque Du Liban (BDL), la Commission de Contrôle des
Banques (CCB) et l’Association des Banques Libanaises (ABL) a été formé en vue d’étudier
l’impact de l’application du nouvel accord sur les banques libanaises, d’émettre des
réglementations importantes dans le cadre des exigences de ce nouvel accord, notamment en
matière de système de contrôle et de crédit, et également d’effectuer les modifications
nécessaires à certaines réglementations en vigueur à travers la publication de nouvelles
circulaires.
L’application du nouveau cadre réglementaire proposé demande une préparation préalable
adéquate et l’élaboration de mesures nécessaires pour garantir une transition progressive vers le
nouveau régime. De plus, d’autres intérêts sont éminents à ce travail de recherche puisque le
secteur bancaire libanais vit aujourd’hui une véritable pression concurrentielle et plusieurs
contraintes sont exigées sur les banques qui consistent par exemple à examiner et optimiser de
plus en plus leur capital. Celles-ci doivent être attentives et capables de mesurer leurs
performances ajustées par les risques. Pour répondre à ce défi, les banques doivent recourir à une
véritable solution de gestion du risque qui consiste à développer et à améliorer leurs méthodes et
leurs systèmes pour les rendre compatibles avec les exigences de Bâle. L’accord de Bâle II vient
alors constituer la solution nécessaire, qui repose sur une philosophie visant à inciter à
l’utilisation progressive des méthodes plus avancées en matière de mesure du risque de crédit,
qui par conséquent conduit à la création de la valeur au sein de leurs établissements.
L’état actuel du secteur bancaire libanais dans ce domaine est en phase de sophistication. La
mise en place de cette réforme constitue un défi majeur pour les banques au Liban. L’orientation
marquée en faveur de l’introduction et la généralisation des méthodes internes dans l’évaluation
du risque de crédit constitue la grande novation de la réforme du ratio de solvabilité. Elle reflète
à la fois complexité et sophistication croissantes de l’activité bancaire et financière, et la
difficulté accrue pour appréhender la surveillance des risques. Elle présente aussi des aspects
positifs non seulement pour la modernisation des techniques de mesure du risque à l’intérieur des
banques, mais également pour la réduction du risque bancaire dans son ensemble
.
Ainsi, la mise en place d’un dispositif intégré de pilotage de la performance suppose également
un investissement très important pour la plupart des banques en matière de systèmes et de
procédures pour obtenir les données nécessaires, sans nier l’importance des investissements à
réaliser en matière de formation, de communication et de systèmes d’information qui sont
très importants. Et par conséquent, toutes ces actions et choix provoquent un changement dans
la culture et l’architecture de gestion qui doit être validé par le changement de la banque au
plus haut niveau.
Pour ce, notre problématique contournera deux axes principaux auxquels nous tâcherons de
trouver des prémices de solutions : Quelles sont les utilisations que l’on va pouvoir en faire,
notamment en matière de pilotage stratégique et organisationnel de la banque, et les
F. BANCEL, « Concurrence et risque de faillite dans le secteur bancaire », Les défaillances bancaires, sous la
direction de Christian Gavalda, AEF, 1995.