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AUJOURD’HUI L’ETHIQUE - ETHIK HEUTE - ETICA OGGI
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IRE / version du 15.3.2001 ALE/EH/EO-2-15.3.01
Enseignement de culture générale
Aspect : Ethique
Dossier n° 4.2
Le clonage
Contenu du dossier
I EXPOSE DU SUJET 2
II EXEMPLES 3
III DEVELOPPEMENT THEORIQUE ET ETHIQUE 5
IV REPRISE DES CAS 17
V ELARGISSMENTS 24
VI DEMARCHE DIDACTIQUE 27
VII LEXIQUE 32
VIII BIBLIOGRAPHIE 36
IX ANNEXES 48
Dossier à l’usage de l’enseignant
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Le clonage
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Dossier n°4.2 : Le clonage ALE/ 1/ EH/ EO-2-21.3.2011
I Exposé du sujet
Le clonage
1.1 Le sujet
Cloner, c’est produire de nombreuses copies d’un gène, d’u ne cellule ou d’un
organisme. Plus spécifiquement, on appelle clonage la reproduction asexuée du
vivant.
On trouve parmi les végétaux de nombreux cas de clonage naturels qui, chaque fois
donnent naissance à des individus génétiquement semblables à l’individu à partir
duquel ils ont été clonés : par exemple, le géranium bouturé est exactement le même
génétiquement que la plante initiale. C’est ce qui distingue le clonage de la
reproduction sexuée où l’individu produit est génétiquement différents des deux
individus qui l’ont engendré. La plupart des animaux et des plantes se reproduisent
par reproduction sexuée, même si certaines espèces peuvent parallèlement se
reproduire par reproduction asexuée.
Actuellement, nous sommes capables de provoquer artificiellement une
reproduction asexuée même parmi les organismes qui ne connaissent, à l’état
naturel, que la reproduction sexuée ; l’exemple le plus médiatisé en est le cas de la
brebis Dolly (février 1997).
Le développement des techniques de clonage vise des applications pratiques dans
des domaines aussi différents que la médecine, l’agronomie, l’élevage, etc. Le
clonage soulève cependant une série de questions fondamentales sur le sens ou la
fonction de la reproduction du vivant. Dans ce dossier, nous nous limiterons aux
applications possibles du clonage à l’espèce humaine. Notre intention est d’aider les
élèves à réfléchir autour de la question suivante : le clonage reproductif humain vous
paraît-il moralement légitime ?
Ce dossier comporte : quelques cas pratiques qui illustrent la diversité des
applications possibles du clonage ; la manière dont se pose le plus souvent la
problématique morale du clonage ; un rappel scientifique sur ce qu’est la
reproduction ; un rappel de quelques argumentations morales pour ou contre le
clonage ; son application aux cas pratiques donnés en exemple ; enfin un rappel du
cadre juridique actuel en Suisse.
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II Exemples
2.1 Cas pratiques
2.1.1 Applications à l’espèce humaine
Procréation
Cas 1 Pierre et Marie : pouvoir enfin avoir leur enfant
Pierre et Marie désirent avoir un enfant depuis longtemps, mais Pierre est stérile. Ils ont fait
appel à plusieurs techniques de reproduction artificielle, mais en vain. En désespoir de cause ils
souhaitent avoir recours au clonage : à partir d’une cellule somatique de Pierre, il leur serait
possible d’avoir un enfant, dont l’apparence sera identique à Pierre, mais à la personnalité
distincte. Du fait que le génome provient d’une cellule de Pierre, et que l’ovule est d’origine
maternelle, Pierre et Marie pourraient se réclamer d’une procréation “ partiellement sexuée ”.
Le désir de ce couple est d’engendrer et d’élever leur enfant dans le cadre d’un projet familial.
Peut-on répondre favorablement à la demande de Pierre et Marie ?
Cas 2 Anne : redonner vie à Matthieu
Anne vient de subir un terrible accident de voiture. Son mari est mort sur le coup et son fils
unique, M atthieu qui a cinq ans, est dans le coma. Les médecins lui déclarent qu’il a subi des
atteintes irréversibles du cerveau et qu’il va probablement mourir dans les prochaines
semaines. Anne vient d’avoir sa ménopause ; elle ne peut avoir un autre enfant. Elle demande
à prendre une cellule de Matthieu, pour le cloner. Le clone de Matthieu serait alors placé dans
un ovule d’une autre femme qui porterait l’enfant ?
Autogreffes
Cas 3 Claire : la dernière chance
Daniel et Mathilde ont une fille, Claire, qui a douze ans et qui est lentement en train mourir.
La seule chance pour Claire serait de pouvoir lui faire une greffe de reins dans les deux ans qui
viennent. M alheureusement, les reins susceptibles d’être greffés sont en trop petit nombre et
même si on parvenait à en trouver le risque de rejet de la greffe serait très élevé. Daniel et
Mathilde entendent parler de la possibilité de cloner Claire pour développer un rein qu’on
pourrait greffer à Claire, sans risque de rejet de la greffe. A supposer que les techniques de
clonage soient suffisamment fiables, cette possibilité vous paraît-elle légitime ?
Remarque
Nous avons choisi principalement de traiter dans le cadre de ce dossier du domaine
d’application relatif à l’homme, et plus spécifiquement du clonage dit “ reproductif ”
(cf. Ex 1 et 2). Ce dossier ne traite pas d’autres applications possibles du clonage en
relation avec l’homme, dans le monde végétal ou animal. On en donnera ici
simplement ici deux mentions pour mémoire.
Monde animal. Recherche pharmaceutique
Imaginons une souris à laquelle on ajouterait un chromosome humain, celui qui, par exemple,
contrôle la synthèse des anticorps. Face à une maladie, la souris développerait ses propres
anticorps mais aussi ceux de l’homme. De cette façon, on serait à même d’analyser la réaction
des anticorps humains, tout en évitant qu’aucun être humain soit affecté par la maladie. On
pourrait aussi de la sorte réduire le nombre d’animaux faisant l’objet d’expérimentations
puisqu’on pourrait comparer des animaux clonés et donc de constitution génétique homogène.
Monde végétal. Plantes plus productives
Pour répondre au défi de la faim dans le monde, certains préconisent de recourir au clonage
pour reproduire, à un grand nombre d’exemplaires, les meilleures plantes d’une espèce. Les
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plantes clonées pourraient alors posséder toutes les propriétés souhaitées (productivité,
adaptation à des terres pauvres, résistance aux maladies, etc.).
A propos de ces deux exemples, on notera que la problématique est connexe à celle
du respect de la créature et particulièrement du respect de l’animal. Les arguments
pour font valoir l’intérêt (pour la recherche, l’économie, la production agricole dans
des régions peu fertiles, etc.) qu’il y aurait à développer de telles recherches. Quant
au clonage de gènes “ humains ” sur des animaux, il se justifie en particulier par la
baisse du nombre d’animaux qui serait nécessaire à l’expérimentation. Les
arguments « contre » insistent sur le risque à long terme d’un appauvrissement
génétique des espèces
1
.
1
Deux éléments permettent l’évaluation des risques : le degré d’éventualité et le degré d’amplitude
des conséquences.
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III Développement théorique et éthique
3. 1 Quelques questions posées par le clonage
3.1.1 Rappel : le clonage ; qu’est-ce que c’est ?
Le clonage correspond à la forme asexuée de la reproduction du vivant.
On peut cloner des gènes, des cellules, ou des organismes entiers.
La reproduction asexuée du vivant produit des individus génétiquement
semblables.
La reproduction sexuée du vivant produit des individus génétiquement tous
différents.
Ces deux formes de reproduction se rencontrent à l’état naturel, mais on ne
rencontre pas chez tous les organismes les deux formes : les mammifères, par
exemple, ne connaissent que la reproduction sexuée.
L’homme peut provoquer artificiellement une reproduction asexuée chez les
organismes sexués, tels que les mammifères, etc.
3.1.2 Les questions éthiques
Doit-on considérer éthiquement la reproduction de manière différente selon qu’il
s’agit d’une reproduction sexuée ou d’une reproduction non sexuées ; y-a-t-il un
lien entre le patrimoine génétique et l’identité individuelle ?
Cloner un être humain, soit dans le but de donner naissance à un autre être, soit
pour utiliser une part de ses cellules, tissus ou organes, n’est-ce pas contraire au
respect de la dignité humaine ? Dans une perspective déontologique, on portera
une attention particulière aux différentes intentions qui motivent l’agent.
Cloner un être humain, dans l’intérêt de qui ? Dans une perspective téléologique,
on cherchera à identifier le bien qu’on vise à travers le clonage et à évaluer ce
bien par rapport à d’autres biens (liberté de procréation, de la recherche médicale
pour le profit de l’humanité, profit économique, etc.). En particulier on pourra
discuter le bien-fondé d’une approche utilitariste qui cherche le bénéfice du plus
grand nombre .
On cherchera chaque fois qu’il est possible à faire ressortir les enjeux personnels
(Je, ma vision du monde comme élève), interpersonnel (Je/ Tu, m oi et les autres),
social (les institutions, la nature, etc.).
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