XIV° CONGRES AMIK – BORDEAUX 28 et 29 Septembre 2012 Les

XIV° CONGRES AMIK – BORDEAUX
28 et 29 Septembre 2012
Les conférences
Petit Pied deviendra grand
Sandrine Gain‐Duval ‐ Jean Riera,
Masseurs Kinésithérapeutes Mézièristes, membres de l’équipe pédagogique
de l’AMIK‐Formation
En position debout, le pied est le premier élément en contact avec le
sol.
Sa souplesse lui permet de s’y adapter et de gérer les contraintes venues
du
membre inférieur. Amortisseur et propulseur, il assure la stabilité et
les
contrôles de trajectoire. En supportant tout le poids du corps, il
est
l’élément de base de notre équilibre
debout.
C’est un complexe articulaire où la sensibilité est essentielle et
où chaque
muscle possède son
antagoniste.
Françoise Mézières élabore sa méthode en ayant à l’esprit un
idéal
d’harmonie et de beauté de la forme
humaine.
Elle compare des modèles architecturaux au corps humain et
insiste
sur
la voûte plantaire, qu’elle considère comme une
lordose
semblable
à une voûte gothique dont la clé est soutenue par
la
pression
ascendante qu’elle reçoit de ses
piliers.
Ainsi, pour elle, la pesanteur n’écrase pas la voûte plantaire mais,
au
contraire, la soulève. Si un pied s’affaisse en charge, il faut sans
doute
aller
chercher l’origine de cet affaissement au niveau des
membres
inférieurs,
du bassin, de la colonne
vertébrale.
Mais que se passe‐t‐il au niveau de ce pied depuis la
naissance
jusqu’à la station debout et l’acquisition de la marche
?
Comment ce petit pied va‐t‐il se construire et évoluer tout au long
de
sa
croissance
?
C’est ce que nous vous proposons de partager après
quelques
rappels
embryologiques.
Les bourgeons des membres inférieurs apparaissent au 1er mois de
la
vie
intra‐utérine, la portion distale se précisant avec la formation
des
orteils
dès la 6ème
semaine.
Les membres inférieurs s’orientent en rotation externe,
laquelle
diminue à
partir de la 8 ème
semaine.
Les surfaces plantaires ont, alors, une orientation plus interne et
plus
crâniale, le degré de flexion du pied, très en équin au départ, tend
à
diminuer. Le pied garde, néanmoins, un aspect en adduction et
en varus.
A la 11ème semaine, celui‐ci retrouve une position
pratiquement neutre.
Au début de la vie embryonnaire, le pied est une mosaïque
de
cartilages
de croissance. Il obéit ensuite à une ossification de
type
enchondrale :
les 2 premiers mois de la vie apparait une
maquette
mésenchymateuse
qui se transforme progressivement en
une
maquette
cartilagineuse.
L’ossification des différents os du pied commence
:
Au cours du 3ème mois de la vie intra‐utérine par les métatarsiens,
les
phalanges. La fissuration entre le talus et le calcaneus apparaît
ainsi
que
la
fibula.
Au 4 ème mois, se produit l’ossification du
calcaneus.
Au 5 ème mois, l’ossification du talus débute ainsi que celle des
autres
os
du tarse et de l’os
tibial.
Au 7 ème mois, l’os talus est
ossifié.
A la naissance le cuboïde
apparaît.
L’ossification du naviculaire ne se fait qu’à l’âge de 4 à 5
ans.
A 9 ans, la tubérosité postérieure du calcaneus est
ossifiée.
A la puberté se
produit la fusion des phalanges
distales.
L’ossification du pied débute au cours de la vie intra utérine et
se
termine vers l’âge de 15/16 ans. Le pied sera donc fragile
et
vulnérable tout au long de cette
période.
Petit pied deviendra grand
!
A la naissance le petit pied mesure environ 5
cm.
Jusqu’à l’âge de 1 an, la croissance du pied est vive puis
ralentit
jusqu’à
l’âge de 5
ans.
Elle est identique chez le garçon et la fille, le pied mesurant alors
en
moyenne 17,2 cm. A cet âge, les contraintes sur le pied sont
déjà
importantes, l’enfant fait 20.000 pas par
jour.
A 10 ans, le pied atteint chez la fille 91% de sa taille définitive et
chez
le
garçon
85%.
Le pied est le premier organe de l’appareil locomoteur à rentrer
en
puberté, c’est aussi le premier organe à s’arrêter de grandir (à 12
ans
d’âge
osseux chez la fille, 14 ans chez le
garçon).
A la fin de la croissance, le pied représente 15% de la taille
debout
chez
la fille comme chez le garçon et fait en moyenne 25
cm.
La croissance du pied et son modelage sont les
conséquences
simultanées
d’interactions musculaires organisées en chaînes et
de
l’évolution motrice
de
l’enfant.
‐ l’élaboration du système nerveux central favorisé par la
multitude
d’informations sensorielles, motrices et
psychiques.
‐ le cadre de vie et la qualité des relations avec
l’entourage.
‐ le propre rythme de
l’enfant.
Elle est définie par 3 lois
:
La loi de différenciation
:
Au départ, la motricité est globale puis s’affine pour être de plus
en
plus élaborée et localisée. La motricité d’abord involontaire de
type
réflexe
devient
volontaire.
La loi de variabilité
:
Le développement de la motricité se fait toujours dans le sens
du
perfectionnement. La progression se fait de manière inconstante
et
discontinue par
paliers.
La loi de succession
:
Le contrôle de la musculature se fait d’abord pour les muscles
les
plus
proches de l’axe du corps, du crânial au caudal et pour
les
membres
du proximal vers le
distal.
Au cours des premiers mois, l’enfant acquiert une
succession
d’enchainements qui vont l’amener de la position allongée à
la
station assise, puis de la station debout à la marche, en passant
par
différentes phases qui jalonnent son développement : la
reptation,
les
retournements, le 4
pattes.
L’enfant découvre son corps ………………….. Puis le monde !
Pour ce faire, l’enfant utilise ses chaînes musculaires en fermeture
et
ouverture, cela se traduit par un travail différent au niveau
des
muscles du pied qui vont le modeler tout au long de sa
croissance.
Chaînes en ouverture
Chaînes en fermeture
Depuis un travail en chaîne cinétique ouverte, les muscles
inversent
leurs
points fixes et travaillent en chaînes cinétiques fermées
dès
l’instant que
l’enfant passe en position
debout.
Ce qui amène le pied à maturité et crée ainsi un complexe
articulaire
et
musculaire qui répond aux sollicitations dynamiques et
statiques.
Chez le tout petit de 2‐3 ans le pied est très potelé, bien rebondi,
les
reliefs
sont masqués par les tissus adipeux et l’absence de
voûte
plantaire jusqu’à
l’âge de 5‐6 ans est considérée
comme physiologique.
Durant les étapes de la croissance, les variations du morphotype
vont
retentir sur la forme du pied par une contrainte axiale : tel le
genu
varum
des 1ers pas accompagné d’un valgus calcanéen qui
augmente
avec le
genu valgum physiologique apparaissant à l’âge de 5 ans.
La
correction de
celui‐ci sera progressive et plus rapide chez le
garçon
que chez la
fille.
Sans rotation anormale des segments jambiers, l’enfant marche
en
rotation interne des pieds, le poids du corps étant centré sur
les
genoux. La stabilité des membres inférieurs est donnée par le
valgus
sensible des genoux et le pied plat en
pronation.
A l’âge de 6‐7 ans, la maturation du système nerveux donne un
tonus
aux
différents muscles
concernés.
Le pied est constitué de 28 os disposés en 3 ensembles
:
‐ le tarse (postérieur et
antérieur)
‐ le
métatarse
‐ les
orteils.
1 / 20 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!