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Carte
Extrait du projet
d'agglomération
franco-valdo-genevois:
la création d'une boucle
ferroviaire entre Cornavin et
Cointrin, prévue à l'horizon
2030, multiplierait les
connexions d'agglomération
et soulagerait la capacité
de la gare de Cornavin.
Colovrex: une belle
opportunité pour un
problème urgent
Ces dernières années, l'Etat s'est montré
beaucoup moins actif en matière d'action
foncière, les créations de nouvelles zones
artisanales et industrielles compensant à
peine les suppressions. Mais surtout, les
terrains affectés à l'industrie vont être réduits
de près d'un tiers par une série de déclas-
sements de zones industrielles proches du
centre-ville, visant à les transformer en quar-
tiers urbains – le plus important est le projet
Praille-Acacias-Vernets (PAV), qui supprime
16% des zones industrielles du canton.
Déjà aiguë, la pénurie de terrains pour l'in-
dustrie va encore s'aggraver: Genève va
manquer de place non seulement pour
accueillir de nouvelles entreprises, mais
aussi pour reloger les entreprises présen-
tes aujourd'hui dans les zones industrielles
que l'on est en train de déclasser.
Dans ce contexte, l'idée lancée par Charles
Pictet, architecte FAS-SIA, apparaît comme
une aubaine à concrétiser au plus vite [Pic-
tet, 2008, 2009]. Au nord de l'aéroport,
entre la piste et l'autoroute, près de
100 hectares sont disponibles – c'est
là que paissent les bisons de Colovrex.
L'accessibilité est exceptionnelle: le site
est servi par l'aéroport, par l'autoroute et
pourrait l'être aussi par le rail, en prolon-
geant le terminus de CFF-Aéroport ou en
adaptant la boucle Cornavin-ONU-Cointrin
préconisée par le projet d'agglomération
franco-valdo-genevois (carte A). En outre,
le site est déjà largement en mains
publiques (carte B) et il ne se prêtera
jamais à la construction de logements
en raison du bruit de l'aéroport. Enfin,
il est de taille comparable au projet Praille-
Acacias-Vernets (PAV, carte D), auquel il
offrirait un véritable «ballon d'oxygène»:
il pourrait accueillir une grande par-
tie des entreprises qui doivent quitter
les bords de l'Arve et laisser la place
aux nouveaux logements et activi-
tés prévus – un enjeu majeur puisque le
projet PAV prévoit la construction en ville
de plus de 10'000 logements, soit un 5e
du déficit de l'agglomération franco-valdo-
genevoise (estimation du Plan directeur de
l'habitat transfrontalier).
Le problème de l'industrie genevoise ne
sera pas résolu pour autant. Si l'on retire
des 150 hectares de Colovrex les surfaces
inconstructibles en raison du bruit (carte
C) et le vallon protégé du Gobé, il restera
environ 100 hectares utilisables pour l'in-
dustrie. Cette capacité d'accueil ne com-
pensera qu'en partie les 135 hectares en
cours de déclassement à Praille-Acacias-
Vernets. Mais surtout, elle restera très in-
suffisante pour relancer la dynamique in-
dustrielle de l'agglomération, aujourd'hui
bloquée faute de place, qui nécessiterait
bien d'autres espaces de développement
dans le canton – et pas seulement sur la
rive droite, ce qui ne ferait qu'accentuer
la dissymétrie traditionnelle entre une rive
droite laborieuse et une rive gauche rési-
dentielle et renforcer des besoins de mobi-
lité auxquels Genève peine à répondre.
Coeur d'agglomération
Zones urbaines centrales
Zones urbaines périphériques
Axes de développement
Une zone industrielle
à Colovrex