ADDICTIONS
Pour comprendre et intervenir
sur
les dépendances aux drogues psycho actives
Dr Philippe Binder
Maître de conférence associé
Faculté de médecine de Poitiers
Coordinateur du Réseau ICARES
Avril 2010
phibin @wanadoo.fr
ADDICTION
LA DEPENDANCE AUX DROGUES PSYCHOACTIVES
COMPRENDRE POUR INTERVENIR
A Définition de la dépendance : les 3 niveaux.
1. Physique
2. Conditionnement
3.
Psychique
B La vulnérabilité initiale, approche neurophysiopathologique.
1 les 3 étapes du processus d'adaptation
2 la stimulation du circuit de la récompense
3 la gestion de l'équilibre
4 le mécanisme d'apprentissage
5 le désir et l'anticipation
6 le rôle du stress
C L'intervention des produits psycho actifs :
1 les effets des drogues
2 les effets du sevrage
D trois dépendances, dix réponses
1 somatique : la souffrance du syndrome de sevrage
2 conditionnée : compulsivité par sensibilisation conditionnée
3 psychique : Impulsivité par perte de contrôle cortical
E Bibliographie
A. DEFINITION DE LA DEPENDANCE : les 3 niveaux
À retenir :
Il y a dépendance à une substance si 3 ou plus des 6 critères suivants
sont présents
(
DSM IV et CIM 10) :
-(1) tolérance et (2) sevrage au plan physique,
-(3) hyper investissement et (4) focalisation issus du conditionnement,
-(5) perte de contrôle et (6) persistance de comportement malgré la prise
de conscience psychique
pour comprendre :
1. PHYSIQUE : il y a adaptation de l'organisme avec - Tolérance - et Syndrome de sevrage
-1-Tolérance manifestée par le besoin d'accroître les doses consommées pour obtenir une intoxication
ou un effet désiré ou par une diminution des effets à dose consommée constante (accoutumance)
-2-Symptômes de sevrage à la suite d'une période d'abstinence, évités ou améliorés par une nouvelle
prise de la substance.
2. CONDITIONNEMENT SOCIAL : il y a investissement des Préoccupations avec Focalisation-
-3-Beaucoup de temps passé à utiliser ou à se procurer la substance.
-4-Abandonner ou réduire ses activités sociales, professionnelles ou de loisir à cause de l'usage de la
substance.
3. PSYCHIQUE : il y a - Perte de contrôle – et Persistance malgré la connaissance
-5-Un désir persistant ou des efforts infructueux pour diminuer ou contrôler de la consommation.
-6-Continuer à utiliser malgré la connaissance des risques pour la santé
(+ DSM IV SEULEMENT) CONSOMMATION : -importante ou durable
Prise de la substance en plus grande quantité ou pendant plus longtemps que prévu
B LA VULNERABILITE INITIALE approche
neurophysiopathologique
1 LES 3 ETAPES DU PROCESSUS D'ADAPTATION
À retenir :
Une addiction s'installe sur une vulnérabilité qui se construit le plus
souvent dans l'enfance et l'adolescence.
La maturation cérébrale est lente et croissante depuis le cerveau
reptilien à fonctionnement automatique (Tempérament), jusqu’au
néocortex à fonctionnement logique (personnalité) en passant par
l'associatif et limbique à fonctionnement analogique(caractère)
Le traitement de l'information qui construit les acquisitions est modulé
par des neurones à Sérotonine, Noradrénaline et Dopamine.
pour comprendre :
Du fœtus à 4 mois à environ 25 ans la croissance de l'enfant recrée les grandes étapes de
l'histoire du développement cérébral.
A partir d’un « plan » de base génétique avec ses atouts et ses fragilités (= le tempérament),
l'enfant grandit et se créé en intégrant les multiples expériences –sensorielle, somatique, affective
ou logique (= le caractère)… Puis, sur ces acquis et par des choix de plus en plus personnels, il
construit progressivement sa façon, unique, d’être au monde. (= la personnalité).
Ces processus se mettent en place par un traitement hiérarchisé et séquencée de l'information.
Celle-ci progresse d'arrière en avant entre le cerveau reptilien à fonctionnement automatique,
l’associatif et limbique à fonctionnement analogique puis le néocortex à fonctionnement logique.
Ce processus est ajusté sous l'influence des neurones modulateurs faisant intervenir Dopamine,
Noradrénaline et Sérotonine. La Noradrénaline augmente le signal et la Sérotonine le met en
valeur en en diminuant le bruit de fond. Ces deux médiateurs s'équilibrent par une inhibition
réciproque
La phylogenèse : (MAC LEAN 1990) (ECCLES 1994)
1 Cerveau reptilien= thalamus et hypothalamus
400 millions d’années :
soumission à l'instinct et à l'environnement.
Boire manger se reproduire agresser fuir.
Perception: Odorat
2 Cerveau mammifère= limbique
65 millions d'années
dissociation droit/gauche et développement des aires sensorielles et du limbique.
Adaptation appris à l'environnement . Affectivité, mémoire, sens du groupe.
Perception: Audition, vocalise.
3 Cerveau du bipède := frontal et préfrontal
63,6 millions d'années: L'aboutissement actuel : Cerveau du Sapiens sapiens : 100 000 ans
conscience, concentration, anticipation, parole créativité, transmission. Maîtrise de l'environnement
Perception: Vision.
Circuit de l'information perçue
Les informations de perception sont transmises au cerveau très schématiquement de bas en haut et d'arrière en avant,
cerveau reptilien, cerveau limbique et enfin néocortex. Ce cheminement permet de comprendre une partie de la complexité
des mécanismes de réponses que nous renvoyons aux stimuli extérieurs. Chaque perception a son aire dans le cerveau,
aujourd'hui assez précisément déterminée, aires visuelles, auditives, olfactives, gustatives, les aires des mains etc. Elles sont
réparties symétriquement dans les deux hémisphères, toutefois, un même stimulus va être analysé différemment dans chacun
des hémisphères. Les données visuelles, par exemple, ne seront pas analysées de la même façon à gauche qu'à droite.
Une traitement de l'information orienté vers l'homéostasie
Dès la naissance, aux premiers signaux de déséquilibre homéostatique, l'Archéocortex "reptilien" réagit de façon instinctif
et automatique : le cri puis succion lui assurent la survie. Le sujet fait alors l'expérience à la fois du déplaisir, du manque, de
la satisfaction du comblement, et des conditions de cette satisfaction.
Les récepteurs sensoriels internes ou externes conduisent aux aires sensorielles la configuration dans laquelle le sujet
évolue, en passant par le thalamus. Cette transmission se fait par des neurones câblés de façon « téléphonique », c’est à dire
par des relais synaptiques précis modifiant peu le message initial.
Au passage du thalamus, des relais sont activés, essentiellement les neurones à Noradrénaline et à Sérotonine. Pendant ce
temps, les aires sensorielles activées renvoient la configuration vers le cortex frontal en passant par des aires associatives.
Ces dernières, « configurées » par les transmission Nor et Sérot « filtrent » la configuration sensorielle « brute » issue des
ttt automatique
Sensation
Instinct
Tempérament
ttt analogique
Emotion
Dressage
Caractère
ttt logique
Cognition
Conscience
Personnalité
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