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INTRODUCTION
« Les impôts sont une calamité pour les gens et un cauchemar pour le
gouvernement ; pour les premiers, ils sont toujours excessifs, alors que pour les
seconds, ils ne sont jamais suffisants » - Juan de Mariana 1536-1624.
La pauvreté au Liban est en croissance continue suite à la situation économique
détériorée, de même qu’avec les conflits régionaux qui ont jeté un grand fardeau sur l’Etat
libanais qui parvient à satisfaire à peine les besoins de ses citoyens. Cet Etat qui n’a pas, dû au
conflit politique, pu émettre un budget pour plusieurs années sans oublier la dette et ses intérêts
qui accroissent le déficit budgétaire. Un déficit qui résulte, non des dépenses d’investissements
de la part de l’Etat pour améliorer la vie des citoyens, mais d’un déficit découlant d’une dette qui
ronge les recettes de l’Etat avec une situation économique en récession, le ratio dette sur PIB
est à nouveau en augmentation.
Pour aggraver cette situation économique, les fonctionnaires ont réclamé leurs droits
« légitimes », soit une nouvelle échelle salariale longtemps ajournée. Le financement de cette
dernière nécessiterait de nouvelles recettes, voire de nouveaux impôts. Pour cela et dans le but
de créer une nouvelle loi, les comités parlementaires se sont réunies pour étudier plusieurs
projets de loi générant de nouveaux impôts. L’un des impôts proposés dans la loi visant les
biens immobiliers et fonciers et alors qu’il n’est pas mis en place, a déjà donné lieu à grands
controverses.
Un impôt qui vise le financement de la grille salariale en partie et l’augmentation des
recettes fiscales de l’Etat dont le déficit s’aggrave. On est presque dans un contexte identique à
celui de la Grèce avec une énorme dette publique, un déficit budgétaire, une absence d’équité
sociale avec finalement un impôt foncier, espérant être le radeau de sauvetage. L’impôt foncier
est devenu l’élément perturbateur de l’économie Grecque avec un effet domino commençant
par une répercussion négative sur le secteur immobilier et foncier. Cet impôt au Liban aura par
la suite une influence négative sur les transactions immobilières, sur le secteur immobilier déjà
en crise, sur l’inflation et sur le taux de chômage.
Comme le secteur immobilier libanais est une image de la situation macroéconomique, il
s’agit donc d’un secteur en récession (généralement l’Etat devrait le supporter avec des
politiques favorisant l’investissement). En effet, la baisse de la demande du secteur immobilier
au Liban est enregistrée, comme on va le voir, à tous les niveaux.