HISTOIRE DES FAITS ECONOMIQUES
HISTOIRE DES FAITS ECONOMIQUES
Introduction générale :
L’histoire c’est présenter le contenu chronologique de l’histoire en question. Le but ici est de
reconstruire tous les phénomènes de causalité de l’évènement. L’histoire est un outil
d’analyse.
CF OBJECTIF ET PRESENTATION
Dans la grande majorité des ouvrages sur l’histoire du capitalisme, on décrit la révolution
industrielle du XVIII en Angleterre comme le point de départ du développement du
capitalisme. Tout ce serait donc passé il y a environ 250 ans. Rien de véritablement essentiel
ne se serait vraiment passé de la préhistoire à la révolution industrielle du point de vue de la
naissance du capitalisme, s’il parait incontestable que la croissance des économies capitalistes
a été importante depuis le début du XVIII. Depuis le début de la révolution, l’objet du cours
est de montrer que cette soit disant révolution industrielle est le résultat d’un processus
d’évolution historique au cours duquel d’autres révolutions majeures ont permis
l’avènement de ce mode d’organisation social dominant.
En ce sens, notre 1er objectif est de montrer que cette révolution industrielle procède d’un
cheminement historique qui ne doit rien au hasard et qui repose sur une succession de
séquences pouvant s’apparenter à des révolutions.
De ce point de vue, nous voulons mettre en évidence d’autres révolutions antérieures à la
révolution industrielle du XVIII qui vont préfigurer à cette dernière. A cette occasion, nous
souhaitons valoriser une méthode d’analyse particulière que l’on peut qualifier de méthode
rétrospective dont l’objectif est de montrer le rôle de la causalité dans le développement des
organisations sociales. En clair, nous considérerons que si la révolution industrielle
correspond bien à une rupture par rapport à l’évolution antérieure de nos sociétés, elle repose
néanmoins sur une construction antérieure et sur un processus relativement simple décrit par
SCHUMPETER, un processus de destruction créatrice. L’idée est que toute
dynamique/évolution d’un système est le résultat d’une alternance entre des phases de
destruction et des phases de stabilité. Les 1eres phases de destruction étant pour lui les seules
sources de progrès.
Cette approche de la dynamique/évolution des systèmes a pour intérêt d’endogéneiser la
rupture ou la révolution dans un processus d’évolution. Il s’agit en faite d’une simple phase
qui perturbe l’équilibre établit et accélère la disparition des formes d’organisation obsolètes et
favorisent au bout du compte l’adaptation et la mise en route de nouvelles formes
d’organisation censées être plus efficace ou plus efficiente. [Pour lui c’est dans la
destruction créatrice qu’il y a une dynamique pour relancer le système.]
On est dans une succession de ruptures, pas dans une continuité. C’est dans cette
succession de ruptures qu’apparaissent toutes les innovations.
Si l’on suit SCHUMPETER dans sa vision de la dynamique : des ruptures/révolutions vont
existées avant la révolution industrielle. Ruptures ou révolutions qui ont préparé et
préfiguré dans le développement du capitalisme.
De plus, dans sa logique, d’autres révolutions sont apparues après la naissance du capitalisme
pour expliquer la situation actuelle de nos sociétés capitalistes c'est-à-dire de production et de
marché.
Dans la suite de notre analyse, nous allons démontrer que la séquence décrit par
SCHUMPETER est finalement une approche cyclique d’évolution des faits économiques
qui correspond assez bien à la réalité de l’histoire du capitalisme.
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Pour ce faire, on va se référer à une approche inductive et non déductive dont l’enjeu principal
est de définir ce qu’un auteur : Nicolas KALDOR appel « des faits stylisés » c'est-à-dire des
éléments dont l’apparition et la confrontation donnent naissance à un ou plusieurs
phénomènes. Notre recherche de faits stylisés porte sur les principes caractéristiques du
capitalisme et de son évolution.
De ce point de vue, notre objectif est de définir les conditions nécessaires à la naissance du
capitalisme et de montrer que la révolution industrielle du XVIII correspond au moment
précis où toutes ces conditions furent réunit en même temps.
Définition du capitalisme : Toutes les définitions que l’on peut trouver tourne autour de 2
grandes idées. Le capitalisme est un système économique caractérisé par 2 éléments
fondamentaux :
Par la propriété privée des moyens de production
L’accumulation du capital
La liberté de propriété individuelle est l’un des grands principes du capitalisme qui justifie le
droit de propriété sur les moyens de production. En ce sens, les moyens de production peuvent
être détenus par des personnes privées qui s’agissent d’individu ou de société, d’entreprises.
Mais la liberté de propriété ainsi décrite s’étend à d’autres droits comme par exemple celui de
vendre les produits issus des moyens de production ou le droit de percevoir des profits ou des
revenus de ces mêmes moyens de production.
Cette prédominance de la propriété privée qui est essentielle, ne suffit pas pour qu’un système
économique soit représentatif d’une société capitaliste. En effet, produire des biens et les
vendre pour faire des profits renvoi aux caractéristiques d’une économie marchande mais qui
n’est pas spécifiquement capitaliste. En effet, c’est l’accumulation du capital grâce aux profits
qui va véritablement spécifier le caractère capitaliste des systèmes économiques ussis de ma
révolution industrielle.
A la différence d’autres modes d’organisation des échanges, le capitalisme implique que
l’essentiel des profits réalisés ne soient pas consommés, c'est-à-dire dépensés par les
propriétaires des moyens de production, mais en faite épargner et réinvestit prioritairement
dans l’activité productive avec pour objectif essentiel d’augmenter les moyens de production
et les niveaux et quantités produites.
Ainsi donc, dans cette logique capitaliste, les bénéficiaires servent pas prioritairement à
augmenter la consommation individuelle des capitalistes mais servent à assurer le
développement de l’entreprise en augmentant notamment les moyens de production.
Autrement dit, dans une société capitaliste, la recherche du profit a pour objet principal
l’accumulation du capital c'est-à-dire la constitution d’un véritable capital technique au
travers de l’investissement net, c'est-à-dire de la création d’équipements supplémentaires en
tenant compte de l’amortissement c'est-à-dire du remplacement des équipements usés. Si
l’amortissement renvoi à une logique simple de la reproduction de l’appareil productif,
l’investissement net lui renvoi à une logique de création c'est-à-dire d’inventions et
d’innovations, donc de progrès technique en terme moderne.
En résumé, le capitalisme renvoi à la recherche permanente de profit afin d’accumuler à
l’infini les capitaux au sein d’un système économique fondé sur la propriété privée. Si tous les
historiens s’accordent à dater la naissance du capitalisme à partir de la révolution industrielle,
il semble que la mise en œuvre d’un tel système a forcément nécessité la conjonction de toute
une série de facteurs qui dépasse probablement le seul cadre de l’analyse économique. Il a
fallu en effet que des conditions techniques, sociales, politiques, juridiques et même
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religieuses, se mettent en place pour rendre possible l’émergence d’un tel système à un
moment donné du temps.
En d’autres termes, c’est dans l’analyse des faits économiques et sociaux qu’il nous faut
puiser pour comprendre la naissance de la révolution industrielle et du capitalisme. De ce
point de vue, si on exclut l’invention du feu au paléolithique (il y a environ 300 000 ans), on
peut remonter à l’époque néolithique (10-12000 ans) pour découvrir la première grande
révolution industrielle de l’histoire du monde qui est à l’origine de la naissance du capitalisme
c'est-à-dire qui constitue un moment important en terme de destruction créatrice au sens de
SCHUMPETER.
C’est donc pourquoi en toute logique, dans le 1er chapitre, nous allons étudier les grandes
révolutions techniques et sociales qui sont à l’origine du capitalisme sur une période allant du
néolithique à l’antiquité. Nous allons montrer qu’au cours de cette période, si des évènements
cruciaux pour le développement du capitalisme sont apparus, l’absence de théorisation avant
l’antiquité grecque ne va pas permettre d’en garder la mémoire c'est-à-dire ne permettra pas
l’accumulation des connaissances.
Dans un 2nd chapitre, nous étudierons une autre période importante pour le développement
capitaliste allant de l’antiquité grecque à la renaissance. Nous montrerons que des nouveaux
éléments apparaissent et qu’ils vont dans le sens de l’éclosion du capitalisme et nous
montrerons qu’il faudra attendre la fin de la période pour que ces avancées soit transformées
en analyse économique et restent présentes dans la mémoire collective.
Dans le chapitre 3, nous analyserons la dernière période allant de la renaissance à la
révolution industrielle, avec pour finalité la naissance du capitalisme et la naissance de la
théorie classique en analyse économique c'est-à-dire l’apparition de la science économique.
En conclusion de cette introduction, nous allons finalement analyser l’histoire des faits
économiques pour y repérer les principales révolutions qui ont été la source d’une destruction
créatrice au sens de SCHUMPETER et qui ont donc guidé l’évolution de nos sociétés vers le
capitalisme. Nous tenterons de comprendre en quoi et pourquoi la fameuse révolution
industrielle a été plus structurante et plus marquante que les autres en insistant sur le rôle dans
l’évolution de la pensée, de la capacité d’analyse et sur le rôle de la théorie économique. O
pourra s’interroger sur la question de l’avenir du capitalisme en reprenant donc la formule
utilisé par SCHUMPETER : Le capitalisme peut-il survivre ?
CHAPITRE 1 : L’EMERGENCE DU CAPITALISME DU NEOLITHIQUE A
L’ANTIQUITE
1.1 La révolution industrielle du néolithique
Remarque : La période du néolithique couvre une période de 10 000ans. Le néolithique est la
période qui va marquer la naissance de l’agriculture et des premiers systèmes de propriété
privée. Cette période s’étend en terme géographique du Kurdistan à l’Irak (point de départ),
puis de la méditerrané à l’Inde.
Phénomène d’extension : Il y a une modification violente sur le plan climatique qui va être à
l’origine de la première grande révolution industrielle. Au point de départ, apparait un climat
plus sec et plus aride qui va entrainer la raréfaction du gibier et des animaux en général. Il en
a résulté suivant une logique malthusienne un déséquilibre entre le nombre d’individu et la
quantité de ressources disponibles pour nourrir ces individus. C’est ce déséquilibre qui va être
à l’origine des premiers progrès techniques notamment en agriculture, que l’on peut
considérer aujourd’hui décisif pour l’histoire de l’humanité en général et l’histoire du
capitalisme. Pousser par la nécessité de se nourrir, les hommes/femmes se sont mis à cultiver
la terre pour assurer le complément de ressources nécessaires à la survie. Il s’en est suivi alors
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la découverte progressive de l’irrigation, plus tard de la traction animale, l’invention de la
roue et ensuite du travail des métaux (cuivre, étain, bronze et le fer). Dès lors dans ce concept
là, la possession de la terre fertile devient progressivement un enjeu de vital qui va se
matérialiser par le passage de la propriété collective à la propriété privée dont l’objectif et
intérêt sera fondamentalement de garantir pérennité et sérénité à celui qui exploite la terre.
On peut donc constater sur cette première analyse que la première grande condition de la
naissance d’une société capitaliste est en cours dans cette période puisqu’il s’agit du passage
de la propriété collective à la propriété privée qui est effectivement l’un des grands principes
du capitalisme au sens cette notion débouche inévitablement sur le droit de propriété sur
les moyens de production mais aussi sur le droit qu’on appel de propriété intellectuelle
indispensable pour stimuler la recherche en matière d’inventions, d’innovations et de progrès
techniques. Parallèlement à ces progrès, les autres activités permettant de nourrir les individus
à savoir la chasse et la cueillette vont devenir beaucoup moins rentable. Car, tout progrès
potentiel donc toute innovation dans l’une ou l’autre de ces activités (chasse et cueillette)
n’aurait pour effet que d’accroitre la raréfaction du gibier d’un côté et de la cueillette de
l’autre. Cette situation va entrainer très vite le développement de l’agriculture, avec
l’apparition de surplus économique c'est-à-dire que très vite on va produire plus de biens
agricoles que nécessaires pour nourrir les populations. Ce surplus va reposer sur deux
éléments importants :
-La disparition des autres activités
-La division du travail (permet l’apparition massive de ce surplus) : la société agricole
va s’organiser en type de production c'est-à-dire qu’on va voir apparaitre des
concentrations de production agricole et on va se spécialiser dans la production d’un
certain nombre de biens. On voit apparaitre le développement des échanges qui va
favoriser l’utilisation des monnaies.
Par ailleurs, la sédentarisation se stabilise. Elle va modifier aussi progressivement l’exercice
du pouvoir dont l’une des prérogatives principales est née à cette époque (de l’agriculture au
néolithique) : la levé des impôts. Dans la logique du processus, pour mieux taxer au cours du
temps, on va inventer les premières écritures : le caractère cunéiforme qui apparait en
Mésopotamie en 2800 avant JC.
Si on fait le bilan global, c’est un changement climatique qui provoque une rupture dans
l’équilibre entre les individus et les ressources, il s’en suit donc une pression démographique
non pas liée à une surpopulation mais à raréfaction des ressources. Ceci va donc obliger les
individus à innover pour survivre, c’est la naissance de l’agriculture. Avec cette agriculture va
apparaitre la notion de surplus, et ce surplus va s’appuyer sur la division du travail ce qui
favorisera au cours du temps l’apparition de nouvelles innovations (la monnaie, l’écriture,
l’architecture et sur le plan institutionnel la naissance de la propriété privée).
Au global sur cette période, il est possible de dresser un premier bilan sur la révolution
industrielle du néolithique et sur son impact futur sur la naissance du capitalisme. Tout
d’abord, à l’origine de cette révolution on a cet accident climatique majeur mais qui aurait très
bien pu entrainer enfaite la fin de l’espèce humaine si les individus n’avaient pas
effectivement réussi à s’adapter c'est-à-dire s’ils n’auraient pas eu la capacité à innover.
L’agriculture a finalement émer de ce chaos entrainant l’apparition de certaines notions qui
nous intéresse dans notre quête du capitalisme. Tout d’abord, le surplus c'est-à-dire un
accroissement de la production plus que proportionnelle aux moyens investis qui favorisent la
naissance d’innovations connexes (qui s’ajoutent) dans l’organisation de la production (la
division du travail), dans l’organisation des échanges (la spécialisation), apparition des
premiers écritures et de la monnaie, dans l’organisation sociale (droit de propriété). De ce
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constat, se dégage alors deux questions importantes : si la notion de propriété privée et la
notion d’accumulation du capital sont les éléments importants du capitalisme, d’autres
conditions sont-elles nécessaires pour sa naissance ? Que manque-t-il finalement à cette
révolution du néolithique pour donner naissance au capitalisme ? A priori tous les éléments
semblent d’or et déjà réunit pour présider à la construction d’une économie capitaliste.
Si la notion de propriété privée et la notion d’accumulation du capital sont les éléments
importants du capitalisme, d’autres conditions sont-elles nécessaires pour sa naissance ?
De ce qu’on a vu précédemment, on a constaté que L’écriture et la monnaie apparaissent
comme étant indispensable pour assoir les deux principales caractéristiques du capitalisme. Le
droit de propriété doit inévitablement se fonder sur l’écrit pour être immuable et la circulation
des biens et des moyens de production ne peuvent bien évidemment se développer et
s’accélérer qu’au travers de l’existence d’un moyen de paiement efficace et fluide. Et nous
pouvons donc finalement retenir ces deux outils supplémentaires comme étant indispensable
au développement du capitalisme.
La seconde question est fondamentale car elle va nous permettre d’avancer dans l’histoire des
faits en connaissant un peu mieux les contours des faits stylisés que nous recherchons comme
conditions premières du capitalisme. Cette question se pose tout naturellement car la propriété
privée, caractéristique principale du capitalisme apparait à cette époque de la notion de
surplus à la notion d’accumulation du capital, il n’y a qu’un pas à faire. Et en ce sens, nous ne
sommes pas très loin des prémices d’une société de type capitaliste. Nous allons donc voir,
que ceci n’est qu’apparence car propriété privée et surplus à cette époque ne renvoient pas
exactement aux fondements du capitalisme tels que nous les avons définis.
Il parait clair que si la propriété privée se développe pour la première fois autour de la
sédentarisation agricole, nous sommes encore loin de l’établissement de véritables règles de
droit sur la propriété qui impose en autre le recours à des règles écrites et donc à des progrès
importants au niveau de l’écriture. Si la propriété privée émerge bien au néolithique, rien ne la
garantie véritablement au niveau institutionnel et il faudra donc encore du temps avant que le
droit de propriété soit écrit et parfaitement réglementé et qu’il puisse même s’étendre à la
propriété intellectuelle, on pense aux brevets relatif aux inventions qui inciteront un certain
nombre d’individus à créer de nouvelles techniques de production en leur permettant de
monnayer ou de vivre de leur invention.
Le deuxième élément est le surplus : nous sommes loin du processus d’accumulation du
capital. En effet, on constate que le surplus agricole dont il est question va enfaite
essentiellement servir à l’accroissement personnel de la consommation des propriétaires
terriens sera échangé et vendu contre d’autre bien de consommation. Autrement dit, pour
que le surplus soit accumulé, il est nécessaire que les producteurs puissent épargner et que
cette épargne soit productive, c'est-à-dire tout simplement réinvestit à titre principal dans
l’appareil de production. Et cela veut dont dire au bout du compte, qu’il faut aussi que les
producteurs aient une culture de l’épargne productive et que cette dernière soit réalisable. A
l’époque du néolithique, le surplus ne peut être finalement qu’en quantité en l’absence d’un
numéraire ou d’une monnaie de référence c'est-à-dire en l’absence d’une véritable sphère
financière et bancaire.
Au global donc, on constate que le néolithique marque la naissance d’une première grande
révolution industrielle essentiellement agraire et dont les caractéristiques permettent de mieux
cerner les conditions nécessaire à la naissance du capitalisme. L’analyse de cette période, nous
permet de mieux spécifier les deux principales caractéristiques du capitalisme à savoir la
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