Economie. Chap 1 Croissance, fluctuations et crises Chapitre 1

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Economie. Chap 1
Croissance, fluctuations et crises
Chapitre 1 : Croissance, fluctuations et crises
1.1 Quelles sont les sources d’une croissance économique ?

Notions clé à retenir :
Croissance : augmentation soutenue sur une longue période d’un indicateur de dimension
économique (PIB) qui s’exprime en prix constant ou en volume. (Afin d’éliminer les effets de
l’inflation)
PIB : outil de mesure de richesses produites sur un territoire sur une période donnée
Expansion : accélération brutale du rythme de croissance sur une courte période (≠ stagnation,
inflation, récession, dépression)
Production non marchande : production mise gratuitement ou quasi-gratuitement à la disposition
des consommateurs. Ce sont essentiellement des services. (Elle est produite par les ménages, APU et
ISBLSM mais la production réalisée par les ménages n’est pas pris en compte dans le PIB >> défaut de
l’outil PIB)
Niveau de vie : quantité et qualité des biens et services qu’une population peut acquérir.
Développement : ensemble des transformations structurelles et qualitatives qui entretiennent et
accompagnent la croissance.
Exemple structurel : urbanisation, exode rural, tertiarisation, salarisation
Qualitatif : niveau de santé, d’éducation (social), féminisation, transformation des mœurs (politique)
Dans le développement, il y a l’idée de progrès social.
Fonction de production : formule mathématique qui met en relation la production et la quantité des
facteurs (travail et capital) qui ont été mis en œuvre pour l’obtenir.
Facteur de production : biens et services utilisés pour réaliser une production
Contrainte technologique : limite technique qui empêche l’entreprise de substituer du capital au
travail.
La fonction de production nous donne l’état de la contrainte technologique.
La contrainte technologique peut agir dans le sens contraire : l’état du marché dicte le choix des
technologies aux entreprises. Exemple : le cinéma numérique en 3D.
Investissement : flux de nouveaux biens d’équipements, de logiciels ou de bâtiments qui vont
renouveler ou accroître le stock de capital fixe existant. ( ≠ placements financiers)
IDH : Face au PIB, on peut avoir recours à d’autres indicateurs comme l’IDH. Ce dernier a été crée en
1990 par le PNUD pour évaluer le niveau de développement humain des pays. Il se fonde sur trois
critères majeurs : l’espérance de vie à la naissance (mesure de l’hygiène, accès à l’eau, aux soins,
alimentation…), le niveau de vie et le niveau d’éducation (durée moyenne de scolarisation + durée
attendue de scolarisation). Ainsi, l’IDH est la moyenne de ces critères qui sont compris entre 0 et 1.
L’économiste indien Amartya Sen développe l’IDH en 1990.
Facteur travail : activité humaine rémunérée, légale et déclarée qui contribue à la production de
biens et services.
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Croissance, fluctuations et crises
A- Comment définir et mesurer la croissance économique ?
La croissance économique est mesurée avec le taux de croissance (de variation) du PIB.
Le PIB comprend la production marchande mais également non marchande, donc celle des APU. Or,
la richesse créée par les APU est mesurée par les coûts de production auxquels on soustrait les CI afin
d’ajouter cette richesse à la mesure du PIB.
Le PIB est dit brut car on ne prend pas en compte l’usure du CF (détérioration des bâtiments,
machines...)
>> PIN : Produit Intérieur Net : mesure de la richesse produite dans un territoire donnée, déduction
faite des amortissements.

Trois façons de mesurer le PIB :



Approche par la production (VA) : PIB = VA + impôts – Subventions (méthode utilisée
en France)
Approche par les revenus : PIB = RS + EBE + impôts + Y – subventions
Approche par la demande : PIB = C + FBCF + VS +X - Y 1
L’augmentation de la richesse peut résulter d’une augmentation des quantités mais aussi de celle des
prix. Ainsi, pour avoir la mesure réelle de la production supplémentaire, on retire la variation des
prix. C’est pourquoi, généralement, on cherche à calculer la croissance en volume afin d’annuler
l’effet de l’inflation. Le Taux de Croissance Annuel Moyen (TCAM) est utilisé pour calculer une
tendance à long terme de cette croissance.
A- La croissance, un phénomène récent et inégalitaire
En France, la croissance économique ne débute qu’au XIXème siècle avec la première révolution
industrielle. En effet, grâce à la RI, le PIB a été multiplié par 40 entre 1820 et 2008. La croissance
économique est donc un phénomène récent.
Mondialement, entre 0 et 1800, la production a augmenté très faiblement. La production était
hiératique et principalement primaire ; les récoltes étaient irrégulières. Entre 1700 et 1820, le PIB a
mis 120 ans pour doublé alors qu’aujourd’hui, le PIB double en une dizaine d’année.
La croissance économique a été bien supérieure avec la deuxième révolution industrielle mais elle a
été frappée par les guerres mondiales et la crise de 29.
Avec les Trente Piteuses, les taux de croissance se sont affaiblis et aujourd’hui, la croissance est
essentiellement tirée par les pays émergents tels que l’Inde et la Chine.
1

La Révolution industrielle a entraîné de nombreuses transformations économiques et
sociales. Les principaux sociologues, Durkheim, Tocqueville et Weber vont analyser cela.

Les Trente Glorieuse (1945-1975) : gains de productivité importants, de la production, des
revenus distribués donc des niveaux de vie >> taux d’équipements des ménages ;
RS : rémunération salariale
C : consommation
Y : importations
X : exportations
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Croissance, fluctuations et crises
- L’économie se tertiarise
- Accélération du changement socioprofessionnel : moins d’agriculteurs et d’ouvriers et
développement du secteur des services
- Progrès sanitaires, alphabétisation…
- changements structurels dans la conso : les besoins primaires étant satisfaits les ménages
reportent leur PA dans des besoins secondaires (dépenses de loisirs, santé, éducation…)
>> Loi d’Engel
Note : Ernst ENGEL, économiste et statisticien allemand, a étudié dès 1857 l’évolution des dépenses
de consommation en fonction du niveau du revenu. Trois lois d’Engel énoncent comment se modifie
la structure de la consommation lorsque le revenu d’un ménage augmente :
Loi 1 : la part du revenu affectée aux dépenses d’alimentation est d’autant plus faible que
le revenu est élevé.
Loi 2 : la part affectée aux dépenses de vêtements, logement, chauffage et éclairage est
sensiblement identique, quel que soit l’importance du revenu.
Loi 3 : la part affectée aux besoins d’éducation, santé, voyage, augmente plus vite que le
revenu

Productivité et croissance :
La productivité est la mesure de l’efficacité du travail. On rapporte les quantités produites (VA) à la
quantité des facteurs de travail (nombre de travailleurs = productivité par tête ou quantité de travail
= travailleurs x nombre d’heures)
 Liens entre productivité et croissance économique :
- augmentation de la production : plus de biens et services à disposition des ménages
- augmentation de la VA : + de revenus distribués
- augmentation des recettes fiscales qui vont être investies dans des infrastructures

La croissance économique dans le monde depuis 1820 :
Selon Angus Maddison, économiste étudiant les données sur long terme :
La croissance est un phénomène récent mais aussi inégalement répartis : Certains pays sont entrés
dans une forte croissance plus tôt que d’autres.
- 1820 >> premier pays : le Royaume-Uni
- 1840 >> France
Le pays producteur qui dominait était la Chine (33% de la production entre 1820 et 1870). Puis
arrivent les E-U, l’Allemagne et le Japon avec la 2de RI (1870) : révolution de l’électricité, du pétrole
et de la chimie = développement du transport donc accélération du commerce.
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Ces trois pays vont rattraper rapidement le Royaume-Uni et la France.
- 1945-1975 >> Trente Glorieuses : les E-U dominent avec le système de production fordiste
- Corée du Nord, Taiwan
Depuis les années 1970, les pays émergents tirent leur épingle du jeu : Inde, Brésil… En revanche, ce
sont des décennies perdues pour l’Amérique latine et l’Afrique qui commencent à se rattraper,
malgré tout, depuis les années 2000.
Depuis la crise de 2008, il y a un basculement dans l’économie. Dans les années 1970, les pays
avancés réalisaient 70% de la production ; aujourd’hui, plus que 50% de la production les concerne,
le reste (50%) est réalisée par les pays émergents.

Vers une convergence des niveaux de vie ?
On parle de convergence des niveaux de vie lorsque le niveau de vie d’un pays rejoint celui d’un pays
plus puissant.
Cette convergence des niveaux de vie est notable en Europe de l’Ouest (mais a été précédé d’une
dégradation du niveau de vie par rapport à celui des USA) mais surtout au Japon entre 1820 et 1980.
Le rattrapage des pays asiatiques a des conséquences sociales importantes telles que la montée de
la classe moyenne, l’augmentation du pouvoir d’achat, réduction de la pauvreté…

Vérification de la thèse de Tocqueville : les conditions de vie vont s’égaliser et nous allons
aboutir à la montée d’une classe moyenne. (≠ thèse de Karl Marx)
B- Le PIB, un indicateur parfait
Le PIB est un outil primordial pour la science économique puisqu’il permet de mesurer la création de
richesse, ce qui va permettre à l’Etat de choisir quelles politiques mener.
Les limites du PIB :
 Le PIB ne prend pas en compte les activités domestiques (production non marchande) ou
bénévolat qui sont générateurs de bien-être et de richesses qui sont autoconsommées. Ils
représenteraient 30% du PIB. Ces productions sont monétisées et font artificiellement
augmenter le PIB ; ce ne sont donc pas de réelles richesses.
 Mauvaise prise en compte de l’économie souterraine (légale mais non déclarée + activités
illicites). L’économie souterraine représente 4% du PIB français, 17% de celui italien. La
Colombie a fait augmenter son PIB de 16.5% en incluant la production de cocaïne,
production illégale.
 Le PIB sous-évalue la production non marchande des APU.
 Le PIB est indifférent à la nature de la richesse créée >> externalités négatives (tremblement
de terre, guerre…)
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 Le PIB ne prend pas en compte la perte de valeur du patrimoine, du capital (humain, fixe,
amortissement…)
 Le PIB/habitant n’étant qu’une moyenne, il présente des limites importantes pour les
comparaisons internationales.
 Le PIB ne résout pas les problèmes posés par le taux de change et l’écart du niveau de prix.
On utilise donc la PPA.
 La croissance des richesses matérielles n’améliorent pas toujours le niveau de vie. Le PIB
n’est donc pas une bonne mesure du développement. Recours à l’IDH

PIB, RNB et RNDB : produit intérieur brut, revenu national brut et revenu national disponible
Les richesses créées dans un pays peuvent ne pas bénéficier aux résidents (transfrontaliers…). D’où
l’existence d’un écart entre le PIB et le RNB, RNDB. En effet, il prend en compte les résidents mais
aussi les non résidents. Ainsi, le PIB est surestimé dans certains pays comme le Luxembourg.
Par conséquent, le RNB serait un meilleur outil qui prend en compte ces flux entrants et sortants.
RNB = PIB – revenus et transferts versés au reste du monde + revenus et transferts reçus par les
résidents en provenance du reste du monde
La commission Stiglitz préconise l’emploi du RNB, ou bien du RNDB qui prend en compte les flux de
revenus avec l’extérieur ou même du PIN qui va prendre en compte, quant à lui, la détérioration du
capital, même naturelle.

Le PIB et les comparaisons internationales
Lorsqu’un PIB est élevé, cela peut vouloir dire que les prix sont élevés donc que le pouvoir d’achat est
faible. C’est pourquoi, on mesure le PIB en PPA pour avoir la mesure de la capacité de pouvoir
d’achat.
La Parité de Pouvoir d’Achat (PPA) est aussi appelé PIB réel. Il évalue le pouvoir d’achat réel d’un
dollar au sein d’un pays ayant une autre monnaie.
Les PIB sont convertis dans une monnaie fictive qui est la PPA afin de pouvoir comparer le Pouvoir
d’achat des différents pays. Ce sont des comparaisons internationales.

Les économistes élaborent un taux de change en convertissant les monnaies en $ PPA ou €
PPA. C’est cette conversion qui va nous indiquer le PA des pays. Donc, il s‘agit d’un taux de
change fictif qui permettrait d’acheter la même quantité de biens et services pour une
somme donnée dans chaque pays.
L’intérêt de ce calcul est de pouvoir comparer le pouvoir d’achat et d’éviter les fluctuations dues aux
variations des taux de change qui peuvent être brutales.
Remarque : le taux de change (ou la valeur de la monnaie) des pays pauvres sont souvent sousévalués. De plus, il faut savoir que certains pays fixent leur taux de change arbitrairement comme la
Chine.
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
L’IDH et les autres indices
L’IDH est un indicateur qui a lui-même des limites. Le RNB/habitant, un des composants de l’IDH, est
une moyenne qui cache des inégalités (de genre, accès aux services publics…). Par conséquent, l’IDH
est complété par d’autres indices :
IDHI : Indice de Développement Humain ajusté aux Inégalités
IIG : Indice des Inégalités de Genre (hommes, femmes)
IPH : Indice de Pauvreté Humaine : privation dans la santé, éducation
Certains pays régressent, quant à la mesure par l’IIG. Exemple : l’IIG des Etats-Unis est plus élevé que
celui de la Chine.
C- Expliquer la croissance
L’analyse de la croissance peut se faire à l’aide d’une fonction de production.
Note : La première fonction de production, d’inspiration néoclassique, a été
élaborée par Robert Solow.
Robert SOLOW, économiste américain, prix Nobel en 1987
On distingue la fonction de production complémentaire (chaque unité de travail nécessite une unité
de capital) de la fonction de production substituable (où le travail peut être remplacé par le capital et
vice- versa)

Le capital travail
La quantité de travail est le produit de la population active occupée par la durée effective du travail
(celle-ci prenant en compte la durée conventionnelle, l’absentéisme et la durée légale).
Les économistes classiques considéraient le facteur travail comme était le plus important. De
nombreux d’autres facteurs comme la qualification, la productivité, la division du travail tiennent un
rôle dans la croissance.
Si la population active occupée augmente, alors la croissance augmente, Pour cela, la population
totale doit augmenter et elle doit avoir accès à la santé.
Des facteurs institutionnels interviennent ici : il faut déterminer la population en âge de travailler. De
plus, cette population peut présenter un taux d’emplois plus ou moins élevé, ce qui implique de
calculer ce taux :
𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐨𝐜𝐜𝐮𝐩é𝐞
Taux d’emplois = Population en âge de travailler x 100
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Aujourd’hui, la durée des études augmentant, les taux d’emplois des juniors baissent. Inversement,
l’âge de la retraite reculant, le taux d’emplois des seniors augmente.
 Le taux de chômage peut aussi déterminer la population active occupée.
Les pays où les jeunes sont nombreux ont une croissance potentielle plus importante >> recours à
l’immigration.
Jusqu’au XIXème siècle, la contribution du facteur travail était majeure. Aujourd’hui, c’est davantage
le capital qui va rapporter à la croissance.
Productivité : mesure de l’efficacité des facteurs de production
 On parle de productivité apparente du travail car on ne distingue pas dans la productivité
travail, ce qui résulte des équipements de ce qui résulte des performances des travailleurs.
Productivité horaire : mesure de la quantité de biens et services créée par un travailleur dans un
temps donné (1 heure)
Il faut distinguer niveau de productivité et gains de productivité. Ces derniers correspondent à la
variation de la productivité en valeur absolue ou en %.
On a : Productivité physique (= rendement par tête) =
Productivité horaire =
𝐪𝐮𝐚𝐧𝐭𝐢𝐭é 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐭𝐞
𝐪𝐮𝐚𝐧𝐭𝐢𝐭é 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢l
Productivité apparente du travail par tête =
Productivité horaire apparente =

𝒒𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒑𝒓𝒐𝒅𝒖𝒊𝒕𝒆
𝒏𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒕𝒓𝒂𝒗𝒂𝒊𝒍𝒍𝒆𝒖𝒓𝒔
𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞
𝒏𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒕𝒓𝒂𝒗𝒂𝒊𝒍𝒍𝒆𝒖𝒓𝒔
𝑽𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒂𝒋𝒐𝒖𝒕é𝒆
𝒒𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 𝒕𝒓𝒂𝒗𝒂𝒊𝒍
La loi des rendements décroissants de David RICARDO :
Il s’agit d’une loi économique d’après laquelle la variation de production est moins importante que
celle des facteurs de production utilisés. Elle est partie intégrante du modèle de Solow.
Cette loi se vérifie au sein des entreprises. Ainsi, pour franchir le seuil des rendements décroissants, il
faut investir (locaux, capital fixe…).
Les entreprises modernes cherchent cet objectif afin d’avoir des rendements croissant ou du moins
stables (gains de productivité, progrès technique).

L’investissement
 L’investissement est une des sources de la croissance qui joue sur deux paramètres :
-la demande : les entreprises adressent une demande à d’autres entreprises afin d’augmenter leur
capital fixe ; cela fait augmente la demande globale et donc la production. Cette augmentation peut
susciter des nouveaux travailleurs et la création d’emplois.
-l’offre : le nouveau capital fixe inclut du progrès technique, donc également des gains de
productivité : production plus élevée en un temps moindre
 Diminution du coût unitaire
 Augmentation des profits
 Redistribution des revenus
 Cercle vertueux
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3% des PIB japonais et étatsunien sont consacrés à la Recherche et Développement.
L’UE consacre seulement 2% de son PIB. En effet, les investissements américains et japonais sont
beaucoup plus orientés vers les R & D qu’en France.
 Il existe trois types d’investissements :
-investissement de remplacement (amortissement)
-investissement de capacité : l’entreprise cherche à augmenter le stock de capital fixe afin
d’augmenter les capacités de production
-investissement de productivité : achat de capital fixe visant à remplacer du capital travail
L’investissement permet de rajeunir le capital fixe. Cela permet ainsi à l’entreprise d’éviter le taux de
panne.
Capital fixe : stocks de bien d’équipement durable, de logiciels et de bâtiments utilisés depuis plus
d’un an dans le cycle de production. (≠ capital circulant/ consommations intermédiaires) Deux types
de capital fixe : actifs corporels (machines, bâtiments…) et incorporels (brevets, permis….)
La capital fixe s’use et perd une partie de sa valeur chaque année. Ainsi, l’entreprise va mettre de
côté une somme pour prévoir le remplacement de ce capital >> amortissement : rapport entre la
valeur d’achat et la durée de vie du capital
 On distingue deux grands déterminants de l’investissement :
- la demande globale estimée par les entrepreneurs : demande anticipée ou effective
-les variables économiques et financières : profits antérieurs, niveau d’endettement, niveau des taux
d’intérêt ou des fonds propres pour l’autofinancement.
Formation nette du capital fixe (FNCF) = formation brute du capital fixe (FBCF) – amortissements
L’augmentation réelle du capital fixe correspond à l’accumulation de capital.
Les nouvelles technologies sont mieux prises en compte aux Etats-Unis par rapport à la France car la
FBCF en France néglige des composants comme la publicité, la recherche et le développement, la
formation continue…
Concrètement, la FBCF est un agrégat. Elle correspond à la somme des FBCF des différents agents
économiques.
En France, la quantité de stock de capital fixe a beaucoup augmenté sur le long terme. Entre 1950 et
1973, il y a eut une augmentation de 4.5% par an puis, après 1973, le taux s’élevait à 2.5%.Cela
présume que le stock de capital fixe par travailleur augmente également.
En effet, aujourd’hui, chaque travailleur utilise de plus en plus de capital fixe pour réaliser leur
production. Aux Etats-Unis, les entreprises investissent 67 000 $ de capital fixe par an pour chaque
travailleur, ce qui équivaut à environ 50 000 €.
Les productions ont ainsi de plus en plus recours aux nouvelles technologies.
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
Le progrès technique
L’accumulation du capital se heurte à la fameuse loi des rendements décroissants de Ricardo. Il n’y a
pas de réelle augmentation de la production. Il faut donc augmenter le facteur capital.
Selon le modèle néoclassique, les rendements sont décroissants. Cela oblige l’entreprise à investir
toujours plus bien que les rendements soient décroissants. Cela peut aboutir à la stagnation de
l’économie si toutes les entreprises étaient concernées par ce phénomène.
Face à cela, Robert SOLOW développe l’idée de progrès technique, un troisième facteur exogène de
production qui va augmenter l’efficacité de la combinaison productive, travail et capital. Il considère
le progrès technique exogène c'est-à-dire imprévisible, inattendu, externe, « qui tombe du ciel ».
 Le progrès technique va améliorer l’efficacité globale des facteurs de production par diverses
méthodes :
- Par des innovations techniques : amélioration des machines existantes…
- par des innovations dans les méthodes de production Ex : fordisme, taylorisme ou dans
l’organisation du travail Ex : sous-traitance
- par la diffusion du savoir : le progrès technique va en effet augmenter la qualification des
travailleurs. On peut également améliorer les infrastructures, entraînant des gains de temps donc
des gains de productivité.
Solow considère que l’investissement (accumulation du capital) génère de la croissance car cela
incorpore le progrès technique qui va permettre d’améliorer la productivité des travailleurs.
 Les pays pauvres devraient avoir un taux de croissance supérieur aux pays développés car ils
ont moins d’accumulation de capital, soit les rendements sont moins décroissants. Leurs
investissements peuvent alors permettre une augmentation des rendements. Il y a ainsi
convergence des économies. La situation des pays émergents semble d’ailleurs donner raison
à Solow.
Dans les pays où la convergence est réalisée, les gains de productivité vont ralentir : situation
stationnaire de l’économie. Cependant, sous l’effet du progrès technique, les gains de productivité
sont relancés et cela soutient la croissance. C’est pourquoi, on peut dire que la croissance sur long
terme provient du progrès technique.

Un « résidu » pour expliquer la croissance
Les trois sources de la croissance :
 Le facteur capital
 Le facteur travail
 Le résidu
Résidu : part de la croissance qui ne peut être attribuée ni à l’augmentation du facteur capital ni à
celle du facteur travail. Il est donc attribué au progrès technique. On parle de résidu de Solow, ce qui
correspond à la Productivité Globale des Facteurs (PGF). C’est la partie inexpliquée de la croissance
qui va permettre d’améliorer l’efficacité de la combinaison productive en la modifiant.
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 On distingue deux sortes de croissance :
- La croissance intensive résulte d’une meilleure efficacité de la combinaison productive, soit du
progrès technique.
- La croissance extensive résulte d’une augmentation des facteurs de production.
Productivité Globale des Facteurs (PGF) : rapport entre la production et les moyens mis en œuvre, la
combinaison productive. Elle permet de mesurer l’efficacité de la combinaison des deux facteurs de
production. Il ne s’agit pas d’une mesure de productivité factorielle mais globale (des deux facteurs).
La croissance de la plupart des pays est tirée par le progrès technique : Allemagne (82%), Corée du
Sud (62%), Finlande (86%), France (58%), Japon (75%). L’Espagne (14%) et les Etats-Unis (38%) en
font exception.

L’innovation technologique, expression du progrès technique
Innovation : introduction dans le processus de production ou sur un marché d’une invention / C’est
l’application industrielle et commerciale d’une nouvelle invention.
Joseph Aloïs Schumpeter (1883-1950), économiste autrichien
- Connu pour ses théories sur les fluctuations économiques, la destruction
créatrice et l’innovation.
- Il a écrit notamment Capitalisme, Socialisme et Démocratie en 1942.
 Joseph Aloïs Schumpeter distingue 5 types d’innovation :
- les nouveaux produits
- les nouvelles méthodes de productions ou de vente (Ex : Amazon)
- les nouvelles techniques d’organisation au sein de l’entreprise (E : en filiale, sous-traitance)
- nouveau débouché /marché pour un produit
- nouveau composant, intermédiaire pour un produit
L’INSEE et l’OCDE distinguent seulement trois types d’innovation : les nouveaux produits, les
nouveaux procédés et méthodes de production (ex : fordisme, taylorisme, toyotisme) et enfin les
innovations organisationnelles (distribution : système de franchise, travail : sous-traitance, filiale…)
 Parmi les innovations, Schumpeter distingue les innovations majeures ou radicales (ex :
l’automobile, le téléphone…) des innovations mineures ou incrémentales (améliorant un produit
existant déjà).
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Croissance, fluctuations et crises
Une innovation de produit procure à l’entreprise un monopole temporaire, protégé par un brevet,
qui va lui permettre soit de vendre plus cher et d’augmenter ses marges bénéficiaires ou bien de
baisser son coût unitaire et conquérir des parts de marché.

La théorie de destruction-créatrice
Les gains de productivité permis par le progrès technique vont entraîner la diminution des prix, une
meilleure distribution des revenus donc l’augmentation du pouvoir d’achat. Les besoins primaires
sont ainsi satisfaits ; la population se tourne vers les besoins secondaires : loisirs, santé, éducation
 Développement du secteur tertiaire
Du point de vue qualitatif, les emplois sont différents ; le progrès technique entraîne ainsi la
destruction, dans un secteur, de certains emplois plus anciens. La structure socioprofessionnelle se
modifie ainsi que la structure sectorielle de la société.
Kondratieff (1892 – 1938) est un économiste soviétique célèbre pour sa théorie
des cycles économiques.
Kondratieff analyse la
croissance sur long terme
et montre que ce sont
des cycles de 50 ans qui
sont à l’origine de la
croissance.
 C’est Schumpeter qui va expliquer ce constat. Il dit que cela est dû à l’innovation de
nouveaux produits.
Il constate pendant le cycle, une phase d’expansion durant laquelle il y a une innovation majeure qui
va permettre de nombreuses autres innovations (Ex : la machine à vapeur) qui vont générer une
phase de croissance euphorique : crédit abondant, forte demande, profits pour les entreprises…
Des entreprises, des produits ou des secteurs d’activités vont disparaître au profit d’un autre produit,
secteur ou entreprises. C’est ce qu’on appelle le processus de destruction-créatrice. Exemple :
l’épuisement des ressources mondiales en pétrole pourrait entraîner un processus de destructioncréatrice car malgré la disparition de l’industrie pétrolière d’où la suppression de certains emplois, de
nouveau secteurs vont se développer avec d’autres sources d’énergie, ce qui implique la création de
nouveaux emplois.
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Croissance, fluctuations et crises
 Cf. : Théorie du déversement des emplois, d’Alfred SAUVY : le progrès technique crée
davantage d'emplois qu'il n'en supprime
Au bout d’un certains temps, les innovations se raréfient ; les entreprises, en situation de monopole
grâce à leur innovation, voient leur protection tombée dans le domaine public, et sont donc copiées,
ce qui implique une baisse des profits. On aboutit alors à une phase de décélération de la croissance ;
cette dernière étant moins tirée par l’innovation.
On a également un phénomène de bulles atour d’un secteur d’activité (ex : secteur des technologies
vertes : le photovoltaïque). Ces bulles spéculatives s’achèvent par leur éclatement : baisse des prix,
élimination des entreprises peu rentables du marché, baisse des profits… jusqu’à l’apparition d’une
nouvelle vague d’innovation.

La théorie de la croissance endogène
Le modèle de Solow a des limites : le progrès technique est faiblement expliqué, ainsi que son
origine, puisqu’il est considéré exogène.
L’innovation et l’investissement d’un agent économique va profiter à d’autres sans y avoir contribué.
(Ex : investissement dans le domaine de la formation, infrastructures, recherche…)
 Externalités positives (= avantages procurés à un individu sans qu’il ait à en supporter les
coûts)
Paul Romer (1955-), économiste américain, professeur à l’université de New
York.
C’est Paul Romer, en 1986, qui formule la théorie de la croissance endogène.
Cette théorie repose sur deux hypothèses :
- La croissance suscite du progrès technique par l’effet des externalités
positives et en diffusant l’innovation dans la société et entre les entreprises.
- Les rendements ne sont plus décroissants (dépassement de la théorie de
Ricardo)
 Le progrès technique se diffuse dans toute la société, créant des
externalités positives, et va donc susciter de nouvelles innovations. Le progrès
technique est perpétuel et continu par le fait des investissements, de la
qualification de la population…
La croissance est donc permanente, moins cyclique, et s’auto entretient grâce au progrès technique.
La croissance génère progrès technique et le progrès technique alimente la croissance. Le progrès
technique n’est donc plus exogène mais endogène au modèle.
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Croissance, fluctuations et crises

Les quatre sources de la croissance
Capital physique : ensemble des biens de
production
- il améliore la demande et l’offre
- l’investissement incorpore le progrès technique. L’utilisation
de machines plus perfectionnées augmente l’efficacité des
travailleurs.
- le taux de marge (profits) étant faible en France, les
investissements sont faibles aussi.
Capital humain : ensemble des qualifications,
des aptitudes et de l’expérience accumulées par
un individu et qui déterminent sa capacité
productive. Il s’acquiert par la formation initiale
(diplôme), continue (obtenue au cours de la vie
professionnelle), et apprentissage (expérience).
- un niveau de santé et d’éducation élevé permet des
travailleurs plus productifs.
- l’élévation du niveau de qualification favorise l’innovation >>
augmentation de la productivité par tête
 Théorie, capital humain (1988) de Robert Lucas,
économiste américain
Capital technologique : connaissances relatives à
la production
- le capital technologique permet de nouvelles découvertes.
- les innovations suscitent la concurrence
- les nouveaux procédés de production réduisent les coûts
Capital public : infrastructures financées par la
puissance publique, comme les transports,
ports, écoles, hôpitaux…



-l’Etat finance les Recherches et Développement
- l’Etat met en place des infrastructures (transport,
communication) favorisant la productivité et la diffusion du
progrès technique
- Il fournit des institutions qui encadrent le fonctionnement
d’un marché
- Les investissement en capital physique de l’Etat soutiennent
la croissance, voire l’améliorent tenant compte de l’effet
multiplicateur
- Robert Barro (1944-), économiste américain a souligné
l’importance du capital public en 1991
Les quatre capitaux sont interdépendants : Il s’agit en effet d’un mécanisme circulaire. Sans capital
humain préalable, il n’y a pas de capital physique ; pas de capital technologique s’il n’y a pas eu de
dépenses publiques préalables (capital public). Ainsi, l’augmentation du capital public fait augmenter
le capital humain et technologique.
Le marché nécessite l’intervention de l’Etat car il n’est pas toujours capable de bien coordonner les
agents économiques. Les externalités positives comme négatives ne sont pas prises en compte par les
entreprises puisqu’elles ne rapportent rien, ne coûtent rien. De plus, aucun agent économique n’est
prêt à prendre en charge les dépenses non rentables. L’Etat est le seul à pouvoir financer cela.
Les institutions
Institution : système de valeurs et de normes qui structure les relations entre les individus
Institution marchande : ensemble de règles qui encadrent l’échange marchand
Le marché nécessite d’un système juridique (institutions) afin de :
- assurer le respect des contrats, de la propriété et pour favoriser l’innovation
- stabiliser en général le marché : encadrer le fonctionnement du marché (diverses atteintes à la concurrence,
contrefaçons…)
- réduire les incertitudes (ex : lutter contre l’inflation, la hausse des prix)
- prendre en charge un certain nombre de dépenses
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Economie. Chap 1
Croissance, fluctuations et crises
Synthèse :
La croissance économique est mesurée par l’augmentation durable du PIB. Une mesure en volume de ne
prendre en compte que l’évolution des richesses produites en éliminant les variations de prix.
Le PIB correspond à la somme des valeurs ajoutées produites sur un territoire durant une année. Cependant
d’autres approches sont possibles pour calculer le PIB, par la demande ou les revenus.
La croissance est un phénomène récent et localisé. Ce n’est qu’à partir de la fin du 18ème siècle que la
croissance accélère avec les révolutions industrielles successives. Les pays qui ont connu précocement ces
changements forment aujourd’hui les pays développés à économie de marché. De nouveaux pays industrialisés
connaissent un rattrapage rapide. Cependant, tous les pays ne participent pas également à la croissance
économique, en particulier la plupart des pays africains, d’Amérique du Sud et certains pays asiatiques.
Pour les comparaisons internationales, on a recours à la Parité Pouvoir d’Achat (PPA), un taux de conversion
monétaire fictif qui permet la comparaison des pouvoirs d’achat des différentes monnaies. Cependant le
PIB/hab n’est pas forcément un indicateur pertinent car il n’est qu’une moyenne qui ne dit rien de la
répartition des richesses, et qui ne tient pas compte des flux de capitaux avec l’extérieur. La commission
« Stieglitz » préconise de mettre l’accent sur le Revenu National Brut(RNB), plutôt que sur le produit intérieur.
La croissance transforme les sociétés en augmentant le niveau de vie, de santé et d’éducation, néanmoins elle
n’est pas toujours synonyme de progrès et de développement. En effet, elle n’empêche pas forcément les
inégalités, la détérioration de l‘l’environnement sans toujours améliorer l’état de santé ou le niveau
d’instruction.
Le PIB est donc un bon indicateur de la création de richesse, mais il souffre de nombreuses imperfections. Il ne
prend pas en considération les activités domestiques ou encore l’économie souterraine, et comptabilise des
externalités négatives. Il doit être complété par l’analyse d’autres indicateurs comme l’Indice de
Développement Humain (IDH), qui intègre le niveau de vie, mais aussi le niveau de santé et d’éducation. Il
existe d’autres indicateurs complémentaires comme l’Indice d’Inégalités de Genre, l’indice de pauvreté ou
encore l’empreinte écologique.
La création de richesse repose sur l’utilisation combinée de facteurs de production, représentée sous la forme
d’une fonction de production qui tient compte des contraintes technologiques. Le producteur détermine la
combinaison de production optimale. Lorsque l’augmentation de la production résulte d’une augmentation des
facteurs de production utilisés, on parle de croissance extensive. Elle se heurte cependant à la loi des
rendements décroissants : chaque facteur supplémentaire est la source d’un gain moins important.
La croissance découle donc aussi de l’amélioration de l’efficacité des facteurs de production que l’on mensure
par la productivité globale de facteurs (PGF). On parle alors de croissance intensive. Les gains de productivité
résultent en grande partie du progrès technique : innovations, nouvelles méthodes de travail, nouveaux
procédés de fabrication, etc., qui trouvent leur origine dans les dépenses de capital fixe et R&D des entreprises,
mais résultent aussi des dépenses de formation qui augmentent le capital fixe, des dépenses publiques en
recherche fondamentale,… Le progrès technique peut alors être considéré comme une variable endogène,
c’est-à-dire à la fois comme une source et une conséquence de la croissance qui est alors un phénomène
continu et auto-entretenu.
La croissance résulte aussi de facteurs non-économiques, comme la présence d’un Etat de droit qui garantit
efficacement la propriété privé ou lutte contre la corruption, ou encore de valeurs propices au capitalisme et à
l’esprit scientifique.
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