
FAUT-IL FAIRE PERDRE DU POIDS AUX PATIENTS DE PLUS DE 60 ANS ?
Diabète & Obésité • Décembre 2011 • vol. 6 • numéro 54 371
perdre du poids de façon volon-
taire sans excès de mortalité,
jusqu’à une limite d’âge moyen
de 60 à 65 ans.
CHEZ LES PLUS ÂGÉS ?
Une analyse prospective porte
sur 985 Américains vivant en
communauté, âgés de 65 ans et
plus, suivis pendant 3 ans (10).
8,8 % ont perdu du poids de façon
volontaire, et 19,1 % de façon in-
volontaire. Toutes choses égales
par ailleurs (modèle ajusté pour
toutes les causes classiques de
mortalité), la mortalité est deux
fois plus importante chez les
DES APPROCHES PLUS
ÉLABORÉES
PERTE DE POIDS RANDOMISÉE
Certains auteurs considèrent que
les études prospectives de co-
hortes ne sont pas assez précises
pour reconnaître le caractère vo-
lontaire on involontaire de la perte
de poids (12).
❚En faveur d’une perte de poids
pour l’une des études…
Shea et al. (13, 14) ont donc analysé
la mortalité au décours de deux
essais où la perte de poids a été
randomisée (par design) entre les
groupes. Ces deux études n’étaient
ou de BPCO. Les analyses post-hoc
suggèrent une validité quelle que
soit la perte de poids, le genre, et
l’IMC de départ. La réduction de
mortalité est significativement plus
importante chez les plus de 67 ans.
❚Aucune différence pour
l’autre…
Dans une seconde analyse avec
la même stratégie, les mêmes au-
teurs (14) ont étudié la mortalité
au cours de l’essai TONE (Trial of
nonpharmacological intervention
in the elderly, essai sur la tension
artérielle). Cet essai chez des hy-
pertendus sans autre maladie sé-
vère (insusance cardiaque ou
coronaire, cancer, perte de poids
involontaire…) et d’âge moyen
65,5 ans, compare une stratégie
de perte de poids (au final 3,9 kg
maintenu à 30 mois) et une straté-
gie sans perte de poids (0,9 kg, par
restriction sodée) sur la mortalité
à 12 ans, sur un échantillon de 585
(sur les 975 patients initiaux) avec
un IMC > 25 kg/m2. La mortalité
n’est pas diérente dans les deux
bras avant et après ajustement.
LA PERTE DE POIDS NE MAJORE
PAS LA MORTALITÉ
Au total, quand la perte de poids
volontaire est randomisée par
le design de l’étude et que les
patients en excès de poids sont
sélectionnés pour ne pas pré-
senter de pathologie sévère, la
mortalité totale n’est pas aug-
mentée chez les personnes de
plus de 65 ans. Cependant, ces
études ne permettent pas de préci-
ser quel aura été l’eet de la reprise
de poids (pour les patients concer-
nés) sur la mortalité, et ne dégage
pas de preuve de cause à eet (l’ef-
fet non recherché des autres mo-
difications). De plus les pertes de
poids sont modestes, et ne prédi-
sent pas ce qui se passerait en cas
de perte de poids plus importante.
En conclusion, les hommes et les femmes en
excès de poids et quel que soit l’âge peuvent
perdre du poids de façon volontaire sans excès
de mortalité, jusqu’à une limite d’âge moyen de
60 à 65 ans.
maigres et n’est pas augmentée
chez les IMC les plus élevés. La
mortalité en cas de perte de poids
involontaire est de 1,67 fois celle
des patients de poids stable. La
perte de poids volontaire ne mo-
difie pas la mortalité.
Dans une étude de registre de mé-
decine générale britannique, où
4 786 hommes de 40-59 ans au re-
crutement ont été suivis pendant
8-12 ans, les mêmes conclusions
sont obtenues (11). Les hommes
avec une perte de poids volontaire
sont peu nombreux (limitant les
conclusions). En les séparant en
perte de poids par choix personnel
(n = 178) et perte de poids du fait
de la découverte d’une maladie ou
par suggestion de la part du méde-
cin traitant (n = 164), les premiers
n’ont pas de surmortalité, voire
une discrète réduction de morta-
lité.
pas construites pour comparer la
perte de poids à son absence, mais
comportaient deux groupes de pa-
tients dont l’un perdait du poids et
pas l’autre. Cela devrait cependant
répartir les autres causes de morta-
lité potentielle entre les deux bras.
Dans la première étude (ADAPT :
arthritis diet activity promotion
trial (13)), 318 hommes et femmes
de plus de 60 ans sont répartis de
façon aléatoire entre deux bras :
un avec perte volontaire de poids
(4,8 kg à 18 mois) et un avec pro-
motion de l’activité physique sans
perte de poids (1,4 kg). L’essai initial
est de 18 mois, la mortalité est éva-
luée 8 ans plus tard. Elle est moitié
moindre dans le groupe qui a perdu
du poids (14 décès) que dans l’autre
bras (29 décès). Cette étude est im-
portante car elle porte sur des pa-
tients de 68 ans d’âge moyen, dont
75 % sont obèses, dépourvus de
maladie cardiovasculaire, d’HTA