1.1. Rareté de la ressource en eau douce
Au niveau de la planète, l'eau se trouve à 97,2% sous sa
forme salée dans les mers et les océans. L'eau douce
facilement disponible est rare, elle ne représente que
0,003% des ressources globales. Le reste de l’eau douce
non disponible se trouve soit au niveau des icebergs, soit
dans les nappes souterraines profondes ou encore dans
l'atmosphère. Par ailleurs, avec les changements
climatiques liés à l’effet de serre, la répartition dans le
temps et dans l’espace semble subir des modifications,
ce qui augmente la disparité entre les régions du globe.
Une ressource aussi rare doit impérativement être
utilisée d’une façon rationnelle, en évitant son
gaspillage et sa dégradation.
1.2. Ressources en eau superficielle
Selon les estimations faites à l’échelle planétaire, sur
40.000 Milliards de mètres cubes de ruissellement,
9.000 Milliards de mètres cubes seulement peuvent être
facilement utilisés par la population, soit 22%. En 1990,
ces eaux de ruissellement ont fourni en moyenne 1.800
m3d’eau par personne, alors que la consommation
moyenne n’a été que de 800 m3. En théorie, il y a donc
suffisamment d’eau pour répondre aux besoins d’une
population beaucoup plus nombreuse que la population
actuelle.
En fait, le problème de la disponibilité en eau est plus
complexe. En effet, les deux tiers de l’eau potentiel-
lement disponible ruissellent sous forme de crues; quant
au reste, il est nécessaire de laisser une part suivre son
cours naturel pour préserver l’environnement. En outre,
les précipitations, les ponctions et la disponibilité
varient considérablement selon les points du globe.
1.3. Ressources en eau souterraine
Les eaux souterraines jouent un rôle important dans la
disponibilité des ressources en eau. On a pourtant
parfois tendance à les oublier lors de l’évaluation des
ressources hydriques en se focalisant sur l’écoulement
fluvial. Or, un tiers de cet écoulement provient des
nappes souterraines, ce qui représente l’élément le plus
stable de l’écoulement de surface (débit de base).
Ceci montre par ailleurs qu’il n’existe pas de frontière
nette entre les ressources en eau souterraines et
superficielles, l’eau passant en dessous ou au dessus des
sols en fonction de certains paramètres dont les plus
importants sont le relief et le couvert végétal.
Dans les zones arides et semi-arides, où les formations
aquifères ne sont pas systématiquement reliées au réseau
hydrographique et où les eaux de surface sont rares et
inégalement réparties, les nappes constituent une source
d’eau fiable. Elles ont généralement une fonction
régulatrice pendant les périodes où les précipitations
sont insuffisantes.
Toutefois, les tendances actuelles indiquent que, dans la
plupart des régions arides (en Asie, au Mexique, au
Moyen Orient, en Afrique du Nord et dans l’ouest des
Etats-Unis), l’exploitation des nappes est supérieure à
leur alimentation naturelle, ce qui entraîne des
problèmes écologiques et risque de compromettre
d’importantes activités économiques, particulièrement
l’irrigation qui est la principale consommatrice d’eau.
De nombreux exemples corroborent ce constat, on peut
citer :
➢ Aux Etats Unis, la nappe d'Ogallala, qui s'étend du
Dakota du Sud jusqu'au Texas sur une superficie
équivalente à la France, et qui constitue l'une des
plus grandes réserves d'eau souterraine du monde,
se vide 8 fois plus vite qu'elle ne se remplit à cause
des 200.000 puits qui la ponctionnent pour irriguer
trois millions d'hectares de cultures.
➢ AMexico, l'eau pompée pour alimenter la ville
dépasse de plus de 50% les capacités de
renouvellement de la nappe phréatique.
➢ Les ponctions opérées par l'ex-URSS pour
développer la culture du coton en Asie centrale
(notamment en Ouzbékistan) ont fait perdre à la
mer d'Aral 60% de sa superficie depuis les années
1960 (on la considérait alors comme la 4ème masse
d'eau douce fermée du monde).
19 Revue HTE N°140 • Septembre 2008
Rapport thématique
RESSOURCES EN EAU ET NOTIONS DE BASE
T. Benchokroun1
1. UNE RESSOURCE FAUSSEMENT
ABONDANTE
Source: (http://www.ulb.ac.be/students/desge/cours/envi045/
millieux_aquatiques_2007_1.pdf)
1. Ingénieur de Génie Rural, chargé de mission par l’ANAFIDE en qualité de modérateur de la conférence