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− Déficit d’investissement : le rétablissement de la compétitivité implique un
important effort d’investissement, notamment pour accroître la productivité en
intégrant les nouvelles technologies dans les processus de production, pour
monter dans la gamme des produits et pour promouvoir l’innovation qui est le
moteur principal de la croissance. Or, l’investissement productif stagne en
France depuis plusieurs années du fait de la détérioration des marges qui
réduit à la fois la capacité d’autofinancement des entreprises et la rentabilité
escomptée de l’investissement :
Tout investissement, reposant sur une anticipation de développements
futurs, comporte un risque. La fiscalité peut contribuer à faciliter cette
prise de risque soit en prenant en charge une partie du coût de
l’investissement (crédit d’impôt recherche, déduction IR/ ISF PME) soit en
prenant pleinement en compte les moins-values éventuelles dans
l’assiette de l’impôt.
En ce qui concerne les investisseurs, l’investissement à risque dans
l’appareil productif doit être privilégié fiscalement par rapport à d’autres
formes de placement moins risquées.
B. Une perspective de recul de l’intermédiation bancaire dans le financement
des entreprises et de recours accru aux financements de marché.
Parallèlement, et cela concerne plus particulièrement la finance, notre pays est
engagé, du fait de l’évolution des règlementations européennes et internationales,
dans un mouvement de désintermédiation bancaire, surtout pour les financements
longs et en fonds propres qui devront faire plus largement appel au marché.
Dans ce contexte, le relais devrait être pris, pour une large part, par les gestionnaires
pour compte de tiers et par les investisseurs institutionnels, c’est-à-dire, en l’absence
de fonds de pension significatifs en France, principalement par les sociétés
d’assurance. Mais celles-ci risquent de buter sur les contraintes de liquidité et de
fonds propres imposées par la directive Solvabilité 2 qui pénalisent lourdement les
placements en actions, qu’ils soient réalisés directement ou, plus encore, par
l’intermédiaire de fonds de capital investissement, et plus généralement le
financement tant en fonds propres qu’en dette des PME non cotées. Ces contraintes
sont assez largement liées, dans l’esprit du régulateur, au caractère rachetable à tout
moment des contrats d’assurance vie traditionnels qui peut faire peser sur eux, dans
des circonstances exceptionnelles, un risque de « run ».
En conclusion, ce contexte commande deux axes d’action :
− D’abord que l’on réoriente l’épargne des ménages vers des placements longs
et dans ces actifs plus risqués que sont les actions, cotées ou non cotées1,
− Ensuite que l’industrie financière joue pleinement son rôle de gestion, de
conseil, d’analyse financière et d’intermédiation. A cet égard, la
désintermédiation bancaire trouve ses limites dans le fait que les PME, qui n’ont
que marginalement accès aux marchés financiers, continueront à dépendre
essentiellement des banques pour leur financement.
1 Voir étude de l’AMAFI en annexe 1 intitulée « Une fiscalité de l’épargne complexe très favorable à l’épargne
courte »