Histoire
1956-1982
L’essor
1983-1992
Objectif décentralisation
L’économie mixte prend un nouveau tournant et les
années 54 et 55 verront la création des liales de la Caisse
des dépôts (Scic et Scet) pour accompagner l’arrivée de
nouvelles Sem, davantage axées sur la politique urbaine et
l’aménagement du territoire.
L’Etat ne peut, en e et, faire face à lui seul aux chantiers
de la reconstruction. Les collectivités et leurs Sem sont
une nouvelle fois appelées en renfort. C’est l’ère des
grands travaux avec les Sem d’aménagement et les Sem
d’autoroutes ainsi que des infrastructures hydrauliques
avec les sociétés d’aménagement régional. Une ère de
prospérité pour ces sociétés puisque la barre des 300 Sem
est atteinte dès 1963.
La Caisse des dépôts (et ses liales, la Scic et la Scet) ainsi
que les groupes Suez et Paribas (et leurs liales communes
Saci et Saref) joueront un rôle majeur. A cette époque,
le contrôle de l’Etat reste prédominant, sa présence est
obligatoire dans les instances dirigeantes et tous les textes
régissant le fonctionnement des Sem sont des documents
types pris sous la forme de décrets en Conseil d’Etat.
Le premier choc pétrolier de 1972 et les jours maussades
qui s’ensuivent pour l’aménagement, qu’il soit urbain, rural,
industriel ou touristique, impactent l’économie mixte qui
connaît elle aussi une période di cile marquée par la n
des grandes opérations d’équipement, une réorientation
des politiques d’aménagement vers des objectifs plus
modestes et un désengagement nancier de l’Etat.
L’économie mixte se développe alors dans l’exploitation
des services urbains. C’est l’éclosion des premières Sem
dites « de services », essentiellement positionnées à cette
époque dans les déplacements.
Les lois de décentralisation (lois Deferre et la loi du 7 juillet
1983) qui donnent l’essentiel des pouvoirs de construction,
d’urbanisme et d’action économique aux collectivités
locales, donnent aussi un sou e nouveau à l’économie
mixte et signent en quelque sorte la consécration des Sem
comme « outils privilégiés des collectivités territoriales ».
Les Sem connaissent une croissance exponentielle jusqu’en
1994. Leur domaine d’activité est étendu aux champs de
compétences des collectivités locales et la participation,
désormais obligatoirement majoritaire, de ces dernières
est portée au plafond de 80 %. Ces sociétés, qui avaient
déjà anticipé sur la décentralisation en permettant aux
élus, grâce à leur statut juridique, d’être présents dans
les opérations menées sur le territoire, même si elles
étaient alors décidées, programmées et nancées par
l’Etat, accompagnent activement cette grande mutation
et se retrouvent, très naturellement, dans la plupart des
domaines de la compétence des collectivités.
Plus de 900 Sem, essentiellement de services, sont créées en
dix ans dans des domaines très variés : tourisme de loisirs,
tourisme d’a aires, culture, transports, stationnement,
environnement, sport et loisirs, mais aussi eau, énergie et
communication… Les Sem apportent ainsi des réponses
aux besoins naissants des collectivités en métropole
comme en Outre-mer. Si l’économie mixte occupe dès lors
une place privilégiée en France, elle existe également sous
d’autres formes dans plusieurs pays d’Europe où elle est
perçue comme une solution d’avenir.