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4. «The sound -n satisfies the feeling of plurality for third person verbs, just as -s satisfies the same feeling in nouns
and pronouns. In siéntense that feeling of plurality is unfulfilled for many speakers who see in the combined form a
single verb concept and not a combination of verb and pronoun; these speakers expect that feeling of plurality to
be satisfied at the very end of the word, as happens in the majority of imperative forms: hablen, vengan, coman.
Apparently, then, the formation was purely analogical. The commonest mode, which is also the oldest, is -sen for -se.
This was influenced not only by plural -n, but probably also by the imperfect subjunctive ending -sen (hablasen,
tuviesen). Later the analogy was extended to -me, -le, -lo, etc. Finally, the inner n, being superfluous, was dropped.»
(Kany 1951:112, notre emphase).
4
“asseyez+N-vous+N” (Navarro Tomás 1948:126)
¡Lárguenlon!
“lâchez+N-le+N” (Saubidet 1914:206)
Márchensen de aquí.
“allez+N-vous+N d’ici”
Cállesen.
“taisez-vous+N”
Le seul type d’explication (qui en fait est plutôt une description) de ce phénomène qui
existe dans la documentation dialectologique fait appel à une notion assez vague d’analogie:
Le son -n exprime la pluralité pour les verbes à la troisième personne, tout comme -s exprime la pluralité
pour les substantifs et les adjectifs. Dans siéntense, la pluralité reste inexprimé pour beaucoup de locuteurs
qui voient dans la forme combinée un seul concept verbal et non pas une combinaison de verbe et
pronom; ces locuteurs s’attendent à ce que la pluralité soit exprimé à la toute fin du mot, comme c’est le
cas dans la grande majorité des formes impératives: hablen, vengan, coman. Apparemment, alors, la forme
est purement analogique. La forme la plus commune, qui est également la plus ancienne, est -sen pour -se.
Cette forme a subi l’influence non seulement du -n du pluriel mais aussi probablement de la terminaison de
l’imparfait du subjonctif en -sen (hablasen, tuviesen). Plus tard, l’analogie s’est étendue à -me, -le, -lo, etc.
Finalement, le -n qui apparaît plus près de la racine verable, étant superflu, a été supprimé. 4
Évidemment, même si cette description des faits semble superficiellement plausible, elle reste
entièrement intuitive. L’analogie, toute réelle qu’elle soit, ne peut que motiver ce phénomène
dans l’esprit des locuteurs; pour une explication plus adéquate de pourquoi et comment cette
construction est possible, il faut examiner les deux analyses formelles, l’une syntaxique et l’autre
plutôt morphologique, qui sont présentées dans la section suivante.
2. Analyses possibles