
La veille est un état complexe sous la dépendance de nombreux systèmes:
- des systèmes situés dans le tronc cérébral:
* le système activateur ascendant situé au niveau de la substance réticulée bulbo-pontique
et surtout mésencephalique. Ce système active le cortex par trois voies: l’une passant par le
thalamus (noyaux non spécifiques), la 2ème passe par le noyau de Meynert, la 3ème par
l’hypothalamus postéro-latéral. Ce système utilise une neurotransmission essentiellement
cholinergique.
* le locus coeruleus qui utilise une neurotransmission noradrénergique et intervient de
façon plus spécifique sur les mécanismes d’attention sélective.
* les systèmes dopaminergiques.
- des systèmes situés au niveau de l’hypothalamus postérieur:
* les neurones histaminergiques en position ventro-latérale
* les neurones à hypocrétine, famille de neuropeptides récemment identifiée, neurones
situés en position latérale. Ces neurones à hypocrétine projettant largement sur le cortex et sur
certains noyaux du tronc cérébral comme le locus coeruleus seraient des stimulateurs de
l’éveil, pouvant ainsi bloquer le sommeil paradoxal.
La destruction de ces systèmes ou les blocages pharmacologiques de ces neurotransmissions
provoquent une hypersomnie. Leur stimulation au contraire provoque une insomnie. Les neurones de
ces systèmes sont actifs pendant la veille et peuvent être activés par des stimulations sensorielles.
Le sommeil lent (SL) est sous la dépendance de l’activation de la partie antérieure de
l’hypothalamus (la région pré-optique), et de l’inhibition concomitante des structures impliquées
dans l’éveil comportemental. Cette inhibition est liée :
- d’une part à l’activation des neurones de la région pré-optique qui utilisent comme
neurotransmetteur de la galanine et du GABA (neurotransmetteur inhibiteur),
- d’autre part à l’accumulation de certains facteurs comme l’adénosine. L’adénosine provient
de la dégradation de l’ATP, le principal substrat énergétique des neurones. Il n’existe pas de
neurones à adénosine, mais il existe sur certains neurones comme les neurones cholinergiques des
récepteurs à adénosine. La stimulation de ces récepteurs provoque une diminution d’activité des
neurones, et l’inhibition de ces récepteurs par exemple par la caféine provoque une augmentation de
l’activité neuronale. L’adénosine s’accumule pendant la veille et diminue pendant le sommeil. Ces
variations de concentration ont été observées en particulier au niveau de certains noyaux riches en
neurones cholinergiques.
L’inhibition des structures d’éveil va permettre au thalamus de modifier son fonctionnement qui
devient alors oscillant, bloquant les influx sensoriels spécifiques. Ce mode de fonctionnement
thalamo-cortical va se traduire sur l’activité électrique cérébrale par des ondes lentes et des fuseaux.