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Préface
En 2050 l’Afrique sub-saharienne aura une popula-
tion active plus importante et plus jeune que celle
de la Chine ou de l’Inde. Étant donné l’abondance de
ressources foncières et naturelles du continent, cette
population active peut devenir un avantage compétitif
sur le marché mondial et un atout précieux pour mettre
en mouvement la transformation économique.
Cette transformation s’accomplira en diversifiant les
économies africaines, en améliorant leur compétitivi-
té sur les marchés mondiaux et en augmentant la part
des produits manufacturés dans leur PIB et l’utilisation
de technologies plus sophistiquées dans leur produc-
tion. Les économies deviendront alors beaucoup plus
prospères, moins dépendantes de l’aide étrangère et
beaucoup plus résistantes aux chocs—à l’image des
succès des pays d’Asie et d’Amérique latine au cours des
décennies passées.
La croissance économique impressionnante de nom-
breux pays africains depuis le milieu des années 1990—
ainsi que les progrès de la gouvernance et le retour de
la confiance des investisseurs—offre une fondation
solide pour la transformation des économies africaines,
avec de meilleurs emplois et une prospérité largement
partagée.
Ce premier Rapport sur la transformation de l’Afrique
est le produit d’un programme de recherches de trois
années dans lequel nous avons mené des études par
pays, par secteur et par thème afin de pouvoir propo-
ser des analyses et des enseignements susceptibles
d’être adaptés aux ressources, contraintes et débou-
chés de chaque pays. En 2010, en coopération avec des
laboratoires d’idées locaux, nous avons commencé à
évaluer les antécédents, plateformes et perspectives
de transformation de 15 pays sub-sahariens. De bref
résumés de ces études apparaissent dans les profils de
transformation des pays en annexe de ce rapport. Nos
services, travaillant de concert avec des économistes
africains et internationaux, ont aussi produit des études
transversales sur des thèmes qui sont importants
pour la transformation de l’Afrique. Et en coopération
avec des consultants africains, nous avons étudié des
secteurs qui paraissent prometteurs pour accroître la
valeur ajoutée des produits agricoles et manufacturés
de l’Afrique.
En 2011 nous avons invité 30 spécialistes de premier
plan en matière de développement africain à venir
au centre de conférences Rockefeller à Bellagio pour
exposer leurs perspectives sur les difficultés de la trans-
formation économique. L’assistance comprenait des
ministres et des dirigeants d’entreprise africains, des
chercheurs de groupes de réflexion connus, de hauts
fonctionnaires de banques de développement multi-
latérales et des spécialistes en développement d’Asie
et d’Amérique latine. Ce séminaire s’est nourri des
enseignements d’expériences extérieures à l’Afrique
pour nous aider à mieux adapter notre démarche aux
besoins des responsables politiques africains. Il a égale-
ment exploré les réseaux envisageables pour coopérer
à la mise en œuvre de l’agenda de transformation de
l’Afrique. Tous les participants ont grandement enrichi
les échanges et ont chaleureusement approuvé nos
efforts, notamment notre projet de produire le présent
rapport.
Le paradigme de la transformation économique pour
le développement de l’Afrique fait à présent consen-
sus. Le Groupe de haut niveau de l’ONU sur l’agenda
de développement global pour l’après-2015 définit les
priorités de la transformation des économies africaines
en faveur de la création d’emplois et d’une croissance
largement partagée. L’agenda Vision 2063 de l’Union
africaine appelle à intégrer les économies du continent
afin qu’elles puissent participer davantage à l’économie
mondiale et mettre à profit les débouchés régionaux. La
stratégie à long terme de la Banque africaine de déve-
loppement, Au centre de la transformation de l’Afrique, a
pour but de faire de l’Afrique le prochain marché émer-
gent mondial. Et le Rapport économique sur l’Afrique
2013 de la Commission économique pour l’Afrique,
Tirer le plus grand prot des produits de base africains:
l’industrialisation au service de la croissance, de l’emploi
et de la transformation économique, expose en détail ce
qu’il convient de faire pour promouvoir la compétiti-
vité, réduire la dépendance envers les exportations de
produits primaires et émerger comme nouveau pôle de
croissance mondiale.
L’hypothèse fondamentale de notre rapport est que les
économies africaines ont besoin de beaucoup plus que
de la croissance—pour se transformer, elles ont besoin
d’une croissance en profondeur (DEPTH). C’est-à-dire
qu’elles doivent Diversifier leur production, rendre leurs
Exportations compétitives, accroître la Productivité des
fermes, des firmes et de l’administration publique et
mettre à niveau la Technologie utilisée dans toute l’éco-
nomie—tout cela pour améliorer le bien-être Humain.
African Transformation Report 2014 | Preface
iv