Présentation du projet

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ECOSKIN – « métiers de l’architecture »
Intégrer les éco-technologies aux processus de conception et de création.
Projet n°00111
Aujourd’hui, il est pratiquement inconcevable de parler d’architecture sans parler de développement durable.
Pourtant, l’éco-conception est de plus en plus associée à une liste de points clés, souvent contradictoires ou
contre-productifs, presque arbitraires, auxquels les projets doivent répondre, pour se voir accorder le précieux
sésame d’une labellisation qui n’a plus vraiment de sens écologique.
Certains s’effraient, à juste titre, du poids de ces nouvelles réglementations chaque jour plus nombreuses et
plus paralysantes pour la création et l’innovation, en conduisant doucement à un « lifting environnemental »
de la production architecturale.
« Pourquoi au nom de telle norme thermique, fixer un pourcentage maximal de vitrage ? La vue et la lumière
naturelle ne sont-elles pas environnementales ? Fenêtres parcimonieuses, isolation par l’extérieur, balcon peu
recommandé au nom du pont thermique, compacité obligatoire : la norme veut que les gens habitent dans des
logements troglodytes. […] Le confort est devenu pour beaucoup synonyme de température, de ventilation ou
de lumière constante. Un principe que nous devons aujourd’hui remettre en question afin de retrouver le plaisir
de la variation, en fonction de conditions extérieures, du temps qui passe, des saisons… La densité n’exclut ni
les vides, ni la nature, les bâtiments deviennent jardins, les frontières programmatiques s’effacent dans une
mixité stimulante. […] Il n’est plus possible de concevoir par juxtaposition, le choix de la structure influant sur la
ventilation, la ventilation sur le chauffage, le chauffage sur l’éclairage, etc. […] La technique n’est plus « à coté »
mais fusionnée dans les projets : elle devient moins arrogante et plus complice des habitants, sans renoncer à
l’innovation, bien au contraire.
Jacques Ferrier, architecte.
C’est au cœur de ces réflexions que vient se construire le projet ECOSKIN tant dans son fond (programme,
enjeux…) que dans sa réalisation (forme, conception).
Cette annexe n’a pas pour vocation de promouvoir une architecture qui prône l’écologie, les matériaux
durables et des rendements énergétiques passifs à tout prix. C’est surtout un centre de recherches,
d’expérimentations, d’ébullition, de confrontations, de rencontres… Une petite boite à éco-idées…
L’intérêt de l’annexe ECOSKIN est de créer un lieu où les acteurs de la conception, de la création, côtoient les
acteurs de la recherche, de l’expérimentation, des technologies. L’idée est de ne pas envisager ce lieu
seulement comme une annexe d’école d’architecture, mais plutôt comme un laboratoire d’éco-innovations des
« métiers de l’architecture ».
C’est en apprenant à s’ouvrir à toutes les disciplines qui interviennent dans l’éco-construction que les étudiants
pourront apprendre à éco-concevoir. Qu’ils soient étudiants en architecture et qu’ils suivent un séminaire avec
un agronome, ou qu’ils soient étudiants en design et qu’ils participent à des cours de biologie animale, chacun
apporte ses spécificités, ses connaissances, ses techniques, ses idées, sa créativité... c’est l’échange entre ces
disciplines qui crée la richesse et l’ouverture des projets qui en découlent.
La volonté du projet ECOSKIN était de concevoir une « architecture-image », reflet d’une fusion entre la
technique et la création. Elle doit être portée par un élément visuel intéressant, plaisant, esthétique, au service
du développement durable et de son image. Le projet ECOSKIN est inspiré de l’image de l’améthyste, l’image
de la pierre précieuse dans le paysage urbain qui évoque la richesse intérieure, ici, une richesse de diversité, de
mixité, de vies…
Le bâtiment est conçu avec une enveloppe extérieure « énergétique » performante et éco-innovante,
composée de différents panneaux: panneaux d’acier, panneaux de vitrage à lamelle fixes, panneaux
photovoltaïques et panneaux expérimentaux interchangeables (ici panneaux qui expérimentent le processus de
la photosynthèse). Le cœur du bâtiment est protégé par les espaces isolants qui abritent toutes les circulations,
aussi bien verticales qu’horizontales. Elles sont multiples et offrent une grande liberté dans les déplacements
au sein et entre les différents niveaux. Ces espaces sont aussi des espaces de vie semi-protégés, en été il y fait
plus frais et en hiver plus doux… de plus, à tous les niveaux, des bacs de plantations dépolluantes permettent
de rendre l’air plus sain tout en offrant des petites terrasses privatives végétalisées.
L’enveloppe intérieure quant à elle, participe à la stratégie énergétique en limitant les rayonnements directs
sur les façades vitrées tout en créant une lame d’air isolante. Mais c’est surtout une faille « lumineuse », tant
par la proposition formelle qu’elle représente, que par son fonctionnement. Les espaces de travail donnent en
majorité sur ces coursives intérieures, elles sont largement ouvertes visuellement sur le parc et le paysage.
Le motif organique composé de petits cercles perforés vient contraster avec la rigueur et la noirceur de la
façade extérieure. Ici, les panneaux sont dorés, brillants et parsemés de petits éléments mobiles qui viennent
animer le cœur du bâtiment. Ces petits éléments mobiles, alimentés par une partie des cellules
photovoltaïques de la façade « énergétique », régulent automatiquement la lumière en créant des ambiances
lumineuses particulières et changeantes.
Le rez-de-chaussée se positionne entre le parc et la rue, il est le lieu de l’accueil qui reçoit et présente les
activités aux visiteurs, il est occupé par l’accueil (point d’information sur les activités du bâtiment), par la
cafeteria bio et les ateliers d’expérimentation. La cafeteria bio, alimentée par la production du potager situé en
toiture joue un rôle d’attraction fort avec sa terrasse qui déborde sur le parvis, pour les usagers du quartier qui
cherchent un lieu atypique pour manger entre midi et deux. Les ateliers, eux, s’étendent sur l’espace public, ils
sont au cœur de l’ECOSKIN et permettent l’expérimentation à grande échelle, les innovations et les
constructions pourront ensuite être testées soit au sein du bâtiment, soit dans les jardins d’expérimentation
qui jouxtent l’annexe.
L’administration et les hébergements temporaires se trouvent au premier niveau, facilitant l’accueil et l’accès
pour les intervenants extérieurs qui viennent séjourner au sein de l’école.
Les espaces d’enseignement et de recherche se situent au deuxième et troisième niveau. Ils sont généreux et
très ouvert, véritables lieux de rencontre, de discussion, de partage, les espaces laissés libres et appropriables y
sont nombreux. La volonté de laisser libres certains espaces à chaque niveau du bâtiment, participe à l’idée
d’évolutivité des lieux : un jour, salle de yoga, un autre, atelier de poterie, un autre encore, salle de lecture…
Ces deux niveaux offrent différents types d’espaces de travail ; parfois, intimistes, propices à la création et au
travail collectif, parfois techniques, les laboratoires sont des supports indispensables aux éco-technologies.
L’amphithéâtre se trouve lui aussi au troisième niveau, il est pensé pour accueillir des cours à destinations des
étudiants, mais aussi des conférences lors de séminaires ; on peut même envisager d’y proposer des
événements culturels, concerts, théâtre…
Le dernier niveau est dédié à la détente et la méditation, avec une librairie-café-philo, ouverte au public et
disposant d’une documentation spécialisée sur le développement durable. Les espaces de terrasse protégés
sont libres et accessibles à tous, ce qui permet d’appréhender la ville, le paysage et les montagnes. On peut y
flâner, lire un livre emprunté à la librairie, se reposer, dormir ou jardiner. En effet, un potager trouve place au
sommet du projet, il permet de produire des fruits et légumes à l’usage de la cafétéria, mais aussi, à
expérimenter des plantations, ou organiser des ateliers pédagogiques et ludiques pour les plus petits…
L’ECOSKIN est un projet hybride, entre école, laboratoire, atelier, qui s’inscrit dans une démarche de partage.
Partage des connaissances, partage des techniques, partage des idées, des lieux, des envies, des énergies… Il
revendique un caractère formel fort et esthétique, contrastant avec l’idée d’une architecture écologique lissée
par les éco-réglementations et les éco-labels en tous genres.
Parce que le développement durable est encore un champ des possibles à inventer, il doit être discuté,
partagé, en offrant de nouveaux espaces, de nouveaux lieux à vivre qui donnent envie d’imaginer, d’innover, de
créer… dans le respect des équilibres de notre planète…
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