
Internationalisation de l’éducation supérieure et formation à distance :
le pouvoir d’influence des États occidentaux
l’internationalisation des programmes et de la formation, l’internationalisation de la
recherche, la mobilité de personnes et de la formation et la collaboration entre
établissements d’éducation supérieure. Le document porte sur l’ensemble des systèmes
éducatifs postsecondaires des pays occidentaux, c’est-à-dire les États qui possèdent
une forte capacité en matière d’offre et de demande de services éducatifs en
enseignement supérieur. Ce choix se justifie enfin par la forte influence de ces États
dans la construction de l’espace éducationnel mondial.
La première partie de ce cahier traitera de l’internationalisation de l’éducation comme
contexte explicatif du développement des activités internationales des établissements
d’enseignement supérieurs. La deuxième partie permettra de dresser le portrait actuel
de l’apprentissage à distance, un secteur en expansion. Enfin, la troisième partie sera
consacrée aux tendances et perspectives qui se dégagent de l’internationalisation et de
la formation à distance.
1. Une analyse de la situation actuelle
L’éducation supérieure est un levier économique important depuis les dernières
décennies. Un certain nombre de pratiques, qui puisent leur légitimité dans un courant
théorique précis, ont contribué à rendre l’enseignement supérieur indispensable aux
États dans l’élaboration de leurs stratégies de développement économique (Slaughter et
Rhoades, 2004, Harris, 2005, Doherty, 2007). Ainsi, le capitalisme moderne, caractérisé
par la mondialisation et l’accroissement des échanges internationaux, et par l’impact des
instruments juridiques internationaux en matière de commerce sur des secteurs de
services contribue à encadrer les activités internationales des établissements
postsecondaires.
Il est commun, chez les auteurs, d’insister sur la tendance économique en éducation
supérieure. Selon Standish (2005), la vision économique qui anime l’enseignement
supérieur doit être dorénavant considérée non pas dans un sens financier, mais comme
une manière de penser et d’agir. Ainsi, les établissements doivent, pour profiter
pleinement des possibilités offertes par la mondialisation, intégrer une approche inspirée
de la logique des économies ouvertes. Pour Slaughter et Rhoades (2004), il est clair que
2 Morin, S – 2007, LEPPM