De plus, huit questions clés doivent être
posées :
1. Qui sont les protagonistes au sein de
l’entreprise ?
2. L’entreprise est-elle commercialement
viable ?
3. Quels sont les impacts financiers pour
les participants locaux ?
4. Quels sont les impacts sur les moyens
de subsistance des participants lo-
caux ?
5. Quels sont les impacts sur les rési-
dents locaux non participants ?
6. Quels sont les impacts des et sur les
autorités gouvernementales, les ONG,
le secteur privé, les voisins et tout autre
protagoniste extérieur ?
7. Quel est l’impact sur le développe-
ment en général ?
8. (si la situation s’y prête) Quelle est la
contribution probable de l’entreprise
à la conservation ?
L’analyse des intervenants
Ils peuvent être locaux ou extérieurs. Les
résidents peuvent être différenciés selon
leur degré d’investissement dans l’acti-
vité touristique [NB : il peut être nul],
leur type d’investissement, leur rôle dans
la prise de décision, leur influence dans
l’entreprise, leur statut socio-écono-
mique, leur emplacement et leur sexe.
L’analyse des intervenants [NDT : à ce
sujet voir « Évaluation d’impact et ana-
lyse des intervenants », Tertia Gavin et
Caroline Pinder, 2001, texte présenté
dans la troisième édition de cette publi-
cation en décembre 2002] est essentielle
car sans elle, l’impact des entreprises ne
pourrait être évalué que sur les bénéfi-
ciaires du projet, ce qui ne serait pas ob-
jectif et ne montrerait pas l’impact véri-
table des actions menées.
Comme il est toutefois impossible de me-
surer l’impact sur absolument toute la
population, il importe d’identifier les
principales catégories à prendre en
compte, ce qui se fait en trois étapes.
●●Étape I : Identifier les principaux
groupes de protagonistes et
leurs intérêts
Cette étape constitue une enquête de
base. Pour ce faire, une littérature addi-
Comment évaluer l’impact des interventions de développement des entreprises dans le tourisme 46
tionnelle sur l’économie, la réduction
de la pauvreté ou le tourisme peut être
utile, ainsi que des données brutes (nom-
bre de visiteurs, recettes du tourisme,
taille des entreprises de ce secteur), des
notes sur des projets (études de faisabi-
lité, rapports), des informateurs clés na-
tionaux ou locaux, des observations sur
le capital naturel, physique, humain et
social, des discussions informelles et des
consultations de la population. L’analyse
des protagonistes peut aussi être le pre-
mier pas vers la création d’une institu-
tion appropriée.
●●Étape II : Identifier quelles personnes
appartiennent à ces groupes
Il est particulièrement important de dis-
tinguer celles qui déclarent tirer profit
d’une entreprise : sont-elles le proprié-
taire, un employé, un actionnaire ? Sont-
elles riches ou pauvres ? Les outils d’a-
nalyse sont les réunions pour des groupes
spécifiques, l’auto-catégorisation des ac-
teurs et des enquêtes, questionnaires et
observations de base. De plus, le clas-
sement des acteurs selon leur richesse
peut s’avérer pertinent car il permet de
savoir à quels critères répond la richesse
ou la pauvreté.
●●Etape III : Analyse et interprétation
Une fois que les groupes ont été identi-
fiés, ils sont maintenant utilisables pour
analyser leurs différences. Voilà pourquoi
il est important de faire cette analyse avant
la mesure d’impact complète. Il existe
des méthodes qui classent les acteurs en
termes d’influence et d’importance, à
l’aide d’une matrice. Ceci permet de voir
les partenariats entre les groupes.
L’évaluation d’impact
sur les moyens de subsistance
L’objectif est de mesurer les impacts né-
gatifs et positifs que les différentes for-
mes de tourisme peuvent avoir sur les
biens des gens, les diverses activités, leur
influence sur les organisations extérieu-
res, les échanges. Ces impacts doivent
ensuite être comparés. Il est toutefois né-
cessaire de dépasser la mesure classique
de création d’emploi et de revenus fi-
nanciers et de se pencher sur les biens
matériels et financiers, les ressources hu-
maines et naturelles, le capital social
ainsi que sur les thèmes en relation avec
la subsistance.
Des différences d’impact ont pu être no-
tées selon les régions, les revenus et le
sexe des gens ainsi que selon le type
d’entreprise.
Les indicateurs de
développement des entreprises
Ils peuvent être définis par les groupes
d’acteurs qui peuvent se regrouper en « as-
sociations ». Les comités directeurs des
projets ont aussi leur mot à dire quant au
choix de ces indicateurs car ils compren-
nent des membres locaux et des organi-
sateurs. Les indicateurs de développement
des entreprises sont définis à partir :
➤du profil socio-économique actuel
(types de communauté, taille de la po-
pulation, infrastructures, ONG, princi-
pales activités, revenu moyen journalier,
obstacles au développement, principaux
besoins, projets de développement) ;
➤de l’analyse des opportunités et des
contraintes commerciales (taille du mar-
ché national, investissements) ;
➤d’une enquête touristique (type de vi-
siteurs, moyen de transport, durée du sé-
jour, activités, services, contraintes, prio-
rités pour le développement touristique,
emploi et revenus) ;
➤d’une enquête de communauté, où
chaque communauté est analysée en ter-
mes de contexte historique, d’opportuni-
tés et de contraintes commerciales, de
problèmes socio-économiques principaux
et d’actions sur le court et le long terme.
Afin de savoir si les objectifs sont atteints,
des indicateurs SMART ont été mis au
point : Spécifiques, Mesurables, Ambi-
tieux mais Réalistes et Temporaires. De
même, une analyse des opportunités,
des groupes d’action et des projets peut
compléter cette enquête basique.
Le cycle du programme
Cette section résume les problèmes prin-
cipaux de la mesure de l’impact des inter-
ventions dans le tourisme. Les interven-
tions proposées sont « notées » par le
conseiller en développement d’entreprise
par le biais de différent systèmes. Il faut
« L’actualité des services aux entreprises » n° 6 ●●septembre 2003 ●●Un produit d’information de la DGCID (MAE)