
Repères économiques
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Nota : Le ratio résulte du modèle créé en fonction des liens historiques existant
entre la croissance du commerce et la croissance du PIB. Sources : OCDE, Haver
Analytics, RBC GMA
Nota : Moyenne pondérée appliquée des taux tarifaires mondiaux pour les
produits manufacturés. Sources : Banque mondiale, Haver Analytics, RBC GMA
1,2x
1,7x
2,0x
2,1x 2,2x
0,5
1,0
1,5
2,0
2,5
Croissance réelle du PIB mondial
(variation annuelle en %)
La croissance du commerce
devrait se situer à près de 5 %
par année, compte tenu du
contexte du PIB
Ratio de la croissance du commerce
international par rapport à la croissance
du PIB
2,5
3,0
3,5
4,0
4,5
5,0
5,5
1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012
Taux tarifaire mondial (%)
Figure 13 : Réaction exagérée du commerce par rapport au PIB Figure 14 : Les tarifs douaniers ont baissé, mais d’autres
obstacles se sont dressés
La question à poser est de savoir si ce ralentissement pourrait
avoir de graves conséquences sur la croissance du commerce.
Les exportations ne dépassent peut-être pas le PIB du simple
au double dans les périodes de croissance modeste. En outre,
le commerce semble comporter un élément de nervosité,
provoquant une amplitude de mouvements trois fois plus
violents que dans le cas du PIB (gure 12).
Cette nervosité expliquerait-elle en partie la faiblesse du
commerce ? La réponse est sans conteste « oui ». Selon
nos estimations et en tenant compte du rythme récent de la
croissance économique mondiale, les exportations réelles
devraient croître à seulement 5 % par année, plutôt qu’à la
norme de 6 % (gure 13).
Les exportations réelles n’ont même pas réussi à atteindre ce
pourcentage, afchant une croissance annuelle d’à peine 3 %.
Nous pouvons par conséquent attribuer 30 % de la sous-
performance du commerce au contexte de léthargie économique,
mais nous sommes loin d’expliquer la totalité du phénomène.
Une carence dans le nancement du commerce
international ?
Le « nancement du commerce international » est un terme
accrocheur pour les lettres de crédit garantissant le paiement
lorsqu’une commande est passée à l’échelle internationale.
Quoique peu connues, elles facilitent grandement le
commerce international ; en effet, 20 % des exportations
américaines dépendent de ces facilités permettant de réduire le
risque de négociation.
La crise nancière a naturellement mis les banques sur la
défensive, les incitant à conserver leurs capitaux et à réduire
le risque. Cette situation a, au départ, nettement limité l’accès
au nancement du commerce international et a donc nui au
commerce. Mais les organismes gouvernementaux de crédit
à l’exportation ont rapidement comblé le vide laissé par
les banques. Les pays des marchés émergents, la Chine en
particulier, sont énergiquement intervenus pour créer leurs
propres agences de nancement du commerce pendant cette
période, augmentant encore davantage leur capacité.
On peut discuter du fait que le nancement public du commerce
international fausse le marché en raison des subventions
accordées à certaines entreprises et à certains pays par rapport
à d’autres (nous aborderons la question du protectionnisme
sous peu), mais on ne peut expliquer la faible croissance des
échanges commerciaux par une insufsance dans le nancement
du commerce international.
3) Protectionnisme
Les conditions économiques mondiales sont incontestablement
propices à une vague de protectionnisme :
Une longue période de difcultés économiques tend à
accentuer la xénophobie et incite à l’adoption de politiques
défavorables au libre-échange et à l’immigration.
Comme les gouvernements déploient des ressources pour
répondre aux besoins sociaux accrus et creusent davantage
leurs décits budgétaires, ils sont particulièrement vigilants
pour que les mesures de relance ne s’orientent pas vers
l’étranger.
L’attention accrue portée aux inégalités donne envie de
réfréner l’un des principaux facteurs ayant contribué à ce
phénomène, soit la mondialisation4.
On se souciait jusqu’à tout récemment de supprimer les
obstacles commerciaux – la création de l’Union européenne (UE)
en est un bon exemple – mais le courant semble avoir tourné. En
témoignent la montée en Europe des partis « eurosceptiques »,
4 L’automatisation et le recul des taux de syndicalisation constituent, dans les
pays développés, des facteurs d’inégalité au moins aussi importants, et le taux
du rendement du capital peut également jouer.