P7_TA(2013)0435

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P7_TA(2013)0435
Sécurité des patients
Résolution du Parlement européen du 22 octobre 2013 sur le rapport de la Commission au
Conseil sur la base des rapports des États membres concernant la suite donnée à la
recommandation du Conseil (2009/C 151/01) relative à la sécurité des patients, y compris
la prévention des infections associées aux soins et la lutte contre celles-ci (2013/2022(INI))
Le Parlement européen,
–
vu la déclaration de Luxembourg sur la sécurité du patient du 5 avril 2005,
–
vu le rapport de la deuxième réunion du réseau informel de lutte contre l'infection dans le
cadre des soins de santé (juin 2008),
–
vu la communication de la Commission au Parlement européen et au Conseil du
15 décembre 2008, relative à la sécurité des patients, y compris la prévention des
infections associées aux soins et la lutte contre celles-ci (COM(2008)0837 final),
–
vu l'analyse d'impact de la Commission, de décembre 2008,
–
vu sa résolution du 23 avril 2009 sur la proposition de recommandation du Conseil
relative à la sécurité des patients, y compris la prévention des infections associées aux
soins et la lutte contre celles-ci1,
–
vu la recommandation du Conseil du 9 juin 2009 relative à la sécurité des patients, y
compris la prévention des infections associées aux soins et la lutte contre celles-ci,
–
vu l'Eurobaromètre spécial "Sécurité des patients et qualité des soins de santé", publié en
avril 2010,
–
vu le rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS): "Principaux volets des
programmes de lutte contre l'infection",
–
vu la directive 2011/24/UE du Parlement européen et du conseil du 9 mars 2011 relative à
l'application des droit des patients en matière de soins transfrontaliers,
–
vu le rapport du 13 novembre 2012 de la Commission au Conseil sur la base des rapports
des États membres concernant la suite donnée à la recommandation du Conseil relative à
la sécurité des patients, y compris la prévention des infections associées aux soins et la
lutte contre celles-ci (2009/C 151/01),
–
vu les rapports épidémiologiques annuels 2008 et 2012 du Centre européen de prévention
et de contrôle des maladies (ECDC),
–
vu le rapport technique du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies
(ECDC), intitulé "Compétences de base en matière de contrôle des infections et d'hygiène
hospitalière dans l'Union européenne" et publié le 26 mars 2013,
1
JO C 184 E du 8.7.2010, p. 395.
–
vu le document de travail des services de la Commission sur la résistance aux
antimicrobiens, du 18 novembre 2009 (SANCO/6876/2009r6),
–
vu le rapport technique conjoint du Centre européen de prévention et de contrôle des
maladies (ECDC) et de l'Agence européenne des médicaments (EMA), du
17 septembre 2009, intitulé: "Le défi bactérien: il est temps d'agir – appel pour combler le
fossé entre le développement des bactéries multirésistantes dans les pays de l'Union
européenne et la mise au point de nouveaux agents antibactériens",
–
vu l'Eurobaromètre spécial "Résistance antimicrobienne" n° 338, publié en avril 2010;
–
vu sa résolution du 12 mai 2011 sur la résistance aux antibiotiques1,
–
vu la recommandation de la Commission du 27 octobre 2011 sur l'initiative de
programmation conjointe "Le défi microbien – une nouvelle menace pour la santé
humaine" (C(2011)7660),
–
vu sa résolution du 27 octobre 2011 sur la menace pour la santé publique de la résistance
aux antimicrobiens2,
–
vu la communication de la Commission du 15 novembre 2011 sur un plan d'action pour
combattre les menaces croissantes de la résistance aux antimicrobiens (COM(2011)0748),
–
vu les conclusions du Conseil du 22 juin 2012 sur l'impact de la résistance aux
antimicrobiens dans le secteur de la santé humaine et dans le secteur vétérinaire – une
perspective "One Health",
–
vu sa résolution du 11 décembre 2012 sur "Le défi microbien - menaces croissantes de la
résistance aux antimicrobiens"3;
–
vu l'article 48 de son règlement,
–
vu le rapport de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité
alimentaire (A7-0320/2013),
Remarques générales
A.
considérant que la sécurité et le bien-être des patients4 participe de la qualité globale des
soins de santé et que les efforts tendant à renforcer la sécurité des patients dépendent de la
mise en œuvre de politiques et de programmes efficaces et à long terme dans l'ensemble
de l'Europe;
B.
considérant que des soins de santé de qualité constituent la clé de voûte de tout système
de santé de qualité et que l'accès à des soins de santé de haute qualité est un droit
fondamental reconnu, auquel sont attachés l'Union européenne, ses institutions et ses
citoyens;
1
2
3
4
JO C 377 E du 7.12.2012, p. 131.
JO C 131 E du 8.5.2013, p. 116.
Textes adoptés de cette date, P7_TA(2012)0483.
La sécurité des patients est définie par l'OMS comme l'absence, chez un patient, de tout
préjudice inutile ou potentiel associé aux soins de santé.
C.
considérant que l'article 168 du traité dispose que l'action de l'Union européenne, qui
complète les politiques nationales, porte sur l'amélioration de la santé publique et la
prévention des maladies et des affections humaines et des causes de danger pour la santé
physique et mentale;
D.
considérant, par conséquent, que l'action de l'Union Européenne dans le domaine de la
sécurité des patients, consiste à aider les pays membres à coordonner leurs efforts en la
matière et à soutenir leurs actions dans des domaines où son intervention peut apporter
une valeur ajoutée;
E.
considérant qu'il est essentiel de maintenir la confiance des citoyens dans les systèmes de
santé de l'Union européenne;
F.
considérant le nombre, pour l'heure limité mais en constante augmentation, de données
relatives à la prévalence et à l'incidence des événements indésirables1 dans les systèmes
de santé des États Membres de l'Union européenne;
G.
considérant que la question de la sécurité des patients devient de plus en plus
préoccupante dans les systèmes de santé du monde entier, y compris en Europe;
H.
considérant que les résultats de l'Eurobaromètre spécial "Sécurité des patients et qualité
des soins de santé" indiquent à la fois une forte sensibilisation de l'opinion publique
européenne sur le sujet, mais également un fort déficit d'informations en matière de
sécurité des patients;
I.
considérant que les événements indésirables liés aux soins pour le patient ou sa
descendance en gestation ou à venir prennent la forme d'infections associées aux soins
(IAS)2, d'événements liés aux médicaments ou aux dispositifs médicaux et de
complications survenant pendant ou après une intervention chirurgicale;
J.
considérant que, si certains effets indésirables sont liés aux risques intrinsèques
d'interventions ou de médicaments jugés nécessaires par le personnel soignant, d'autres,
en revanche, sont provoqués par des erreurs médicales, des lacunes ou des défaillances
dans la chaîne de soins qui pourraient être évitées;
K.
considérant qu'on estime que 8 à 12 % des patients hospitalisés dans l'Union européenne
1
2
Un événement indésirable est défini comme un incident entraînant un préjudice pour le
patient.
Aux fins du présent rapport, une IAS est définie comme toute infection survenant au cours
ou à la suite d'une prise en charge médicalisée (à visée diagnostique, thérapeutique ou
préventive) d'un patient si elle n'était ni présente ni en incubation au début de la prise en
charge. Les micro-organismes infectieux (bactéries, champignons, virus, parasites et autres
agents transmissibles) en cause en cas d'IAS peuvent être issus du patient lui-même
(infection endogène) à partir d'un de ses réservoirs naturels (intestins, peau, etc.) ou
provenir de son environnement (infection exogène ou croisée). Les IAS englobent
l'ensemble des infections associées au système de santé ou aux différents parcours de soins.
Elles comprennent les infections nosocomiales (contractées dans des établissements de
santé, à l'occasion d'une hospitalisation ou de soins ambulatoires) et les infections
contractées lors de soins délivrés hors des établissements de santé, soit dans des structures
collectives (comme les établissements de longs et moyens séjour et notamment les
établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, etc.), soit à domicile.
sont victimes d'événements indésirables liés aux soins qui leur sont prodigués, qu'il
s'agisse d'IAS, d'erreurs liées au traitement, d'erreurs chirurgicales, de problèmes liés à
des dispositifs médicaux défaillants ou insuffisamment décontaminés, d'erreurs de
diagnostic ou de l'absence d'intervention à la suite d'examens médicaux;
L.
considérant que l'évolution démographique s'est soldée par une augmentation du
pourcentage de seniors, qui se voient souvent prescrire une multitude de médicaments
divers et variés mais qui ne savent pas toujours très bien comment les prendre;
M.
considérant que les patients âgés, immunodéprimés et ceux touchés par des maladies
chroniques, et en particulier par des maladies chroniques dégénératives, sont eux
particulièrement vulnérable aux événements indésirables liés aux soins, notamment:
erreurs de diagnostic; absence de suivi après un examen médical; prescription, délivrance
ou administration d'un médicament inapproprié (par exemple hors AMM), ou d'une dose
incorrecte de deux médicaments qui ne devraient pas être combinés; absence de
désinfection ou mauvaise désinfection du matériel médical; infection des palies
chirurgicales;
N.
considérant que des études internationales estiment qu'entre 13% et 16% des coûts
hospitaliers (soit un euro sur sept) sont dus à des problèmes d'incidents liés aux soins;
O.
considérant par ailleurs que, selon les estimations, entre 30 et 40 % des événements
indésirables, tant dans le secteur hospitalier qu'en milieu non hospitalier (soins
ambulatoires) semblent causés par des facteurs systémiques et sont donc évitables;
P.
considérant que le manque de moyens financiers, technologiques et humains est
particulièrement associé à un risque accru de survenue d'événements indésirables liés aux
soins;
Q.
considérant que la crise économique a ralenti la mise en œuvre des actions décidées par
les États membres en 2009, du fait de changements des priorités dans le domaine de la
santé publique;
R.
considérant que toute personne physique ou morale a le droit de rendre publique ou de
diffuser, de bonne foi et en toute sécurité, une information concernant un fait, une donnée
ou une action, dès lors que la méconnaissance de ce fait, de cette donnée ou de cette
action lui paraît dangereuse pour la santé publique;
S.
considérant que la sécurité des patients constitue une priorité absolue de l'agenda
politique, considérant que les États membres ont mis en place, en 2005, un système
permettant le débat sur les questions liées à la sécurité des patients et les autres travaux
menés dans ce domaine; considérant qu'un groupe de travail a été formé, par lequel la
Commission vise à promouvoir les travaux et les activités des États membres, dont les
membres actifs sont l'OMS (notamment à travers l'Alliance mondiale pour la sécurité des
patients), le Conseil de l'Europe, l'OCDE et les associations européennes de patients, de
médecins, d'infirmiers, de pharmaciens, de dentistes et d'hôpitaux;
T.
considérant que les IAS figurent parmi les causes de préjudice involontaire les plus
fréquentes et les plus dangereuses pour les patients;
U.
considérant que les IAS, qui touchent en moyenne 5 % des patients hospitalisés,
constituent un problème de santé publique majeur dans les pays membres et font peser un
lourd fardeau sur les budgets limités des services de santé;
V.
considérant que pour la période 2011-2012, on estime que le nombre annuel de patients
ayant contracté au moins une IAS au cours d'un séjour dans un établissement de soins
intensifs s'élève, dans l'ensemble de l'Union européenne, à 3,2 millions1;
W.
considérant que les IAS, qui ont un impact considérable en termes de morbidité, de
mortalité (37 000 personnes décédant directement d'une telle infection dans l'Union
européenne) et de coûts (estimés à plus de 5,5 milliards d'euros par an en Europe),
constituent un problème de santé publique majeur dans les États membres;
X.
considérant que les IAS peuvent survenir à la suite d'un séjour dans tout type
d'environnement dans lequel sont dispensés des soins de santé, notamment les soins de
base, les soins de proximité, les soins sociaux, les soins privés, les soins intensifs et les
soins de longue durée, dans le cadre de tout service de soins, ou à domicile (en particulier
suite à une erreur de dosage, à une erreur dans l'emballage du médicament, à la
contamination d'instruments ou de dispositifs médicaux, ou au contact avec des patients et
des professionnels de la santé);
Y.
considérant qu'une IAS contractée à l'occasion d'une hospitalisation ne peut se déclarer
qu'après la sortie du patient;
Z.
considérant la diminution de la durée moyenne de séjour à l'hôpital dans les États
membres;
AA. considérant que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) est
chargé, en coopération avec des experts internationaux, de définir des recommandations
scientifiques pour l'élaboration de mesures fondées sur des données probantes, qui visent
à prévenir de manière efficace les IAS;
AB. considérant que les patients atteints de maladies chroniques et de maladies dégénératives
reçoivent souvent des soins à domicile plutôt que d'être pris en charge à l'hôpital;
AC. considérant que l'état de certains malades atteints de maladies chroniques et de maladies
dégénératives requiert souvent une assistance médicale permanente et continue,
nécessitant en particulier très fréquemment l'utilisation de dispositifs médicaux
(stimulateurs cardiaques, dispositifs respiratoires, sondes urinaires, cathéters...);
AD. considérant que l'utilisation de tels dispositifs médicaux comporte des risques
d'infections;
AE. considérant qu'un manque de respect des précautions élémentaires en matière d'hygiène,
par exemple dans les établissements de soin, et aussi à domicile, peut également entraîner
une diffusion des agents pathogènes, en particulier ceux qui sont résistants aux agents
antimicrobiens;
AF. considérant que des actions de prévention des IAS, simples et coût-efficaces, comme la
1
Selon la réponse de la Commission à la question écrite E-004648/2013 posée le
14 juin 2013.
mise en place d'actions d'éducation sanitaire (et notamment de promotion de l'hygiène
hospitalière), existent déjà ou sont testées actuellement à titre expérimental et avec des
résultats prometteurs et que de possibles voies alternatives et coût-efficaces pourraient
être utilement explorées pour lutter contre les IAS;
AG. considérant que les micro-organismes responsables des IAS sont capables de coloniser le
corps humain pour de longues périodes, et que les patients peuvent donc les propager non
seulement pendant leur hospitalisation mais également après, et considérant que les IAS
peuvent ainsi concerner tous les lieux de soins, les établissements de moyen et long
séjour, voire le domicile du patient;
AH. considérant que seuls 13 États membres ont mis en place une surveillance nationale des
infections à Clostridium difficile1 et que dans seulement trois d'entre eux, les systèmes de
surveillance associent également des praticiens généralistes à la collecte de données - une
situation qu'il convient d'améliorer;
AI.
considérant, de plus, que la mobilité croissante des citoyens au sein des systèmes de santé
nationaux et entre États membres de l'Union, le caractère de plus en plus transfrontalier
des soins de santé en Europe, ainsi que la liberté de bénéficier d'un traitement médical en
dehors de son pays de résidence favorisent la propagation rapide de micro-organismes
résistants d'un État membre à l'autre;
AJ. considérant que le problème de la résistance aux antimicrobiens est une question grave,
qui prend de plus en plus d'ampleur dans certains pays, qui constitue une menace pour la
sécurité des patients, qui peut compliquer le traitement et la guérison des infections et qui
pèse sur les coûts nationaux de santé;
AK. considérant que les IAS sont souvent difficiles à traiter, car les micro-organismes qui en
sont responsables résistent fréquemment aux agents antimicrobiens;
AL. considérant que uniquement que dans l'Union, en Islande et en Norvège, les bactéries
résistantes aux antibiotiques provoquent quelque 400 000 infections et 25 000 décès
par an, et qu'elles représentent un surcoût d'au moins 1,5 milliard d'euros en soins de santé
et en perte de productivité;
AM. considérant que la résistance aux antibiotiques continue de croître en Europe et, pour
certaines bactéries, peut atteindre 25 %, voire plus, dans plusieurs États membres;
AN. considérant que les dernières données disponibles indiquent que les marqueurs
d'antibiorésistance des bactéries impliquées dans la survenue d'IAS mettent en évidence
une tendance globale à l'augmentation du phénomène de multi-résistance et, en
particulier, une augmentation du pourcentage d'Enterobacteriaceae résistantes aux
céphalosporines de troisième génération et de S. aureus résistants à la méticiline;
AO. considérant qu'on constate un recul dans le développement de nouveaux antimicrobiens;
1
Selon la réponse de la Commission à la question écrite E-004649/2013, ces 13 pays sont:
l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, l'Allemagne, la Finlande, la France, la
Hongrie, l'Irlande, les Pays-Bas, l'Espagne, la Suède et le Royaume-Uni:
http://www.europarl.europa.eu/sides/getAllAnswers.do?reference=E-2013004649&language=EN
AP. considérant que le développement de la résistance aux agents antimicrobiens est une
conséquence naturelle et inévitable de leur utilisation, mais qui peut être limité par un
usage prudent et rationnel de ces agents;
AQ. considérant que le développement de la résistance aux agents antimicrobiens peut
notamment être accéléré par un recours systématique et démesuré à ces produits en
médecine humaine, ce qui, combiné à une hygiène et un contrôle des infections
insuffisants, peut nuire à l'efficacité d'un nombre déjà limité d'agents antimicrobiens
disponibles;
AR. considérant, au vu de l'absence de développement de nouveaux antibiotiques/agents
antimicrobiens, qu'il est crucial que les agents antimicrobiens actuels soient exploités de
façon efficace aussi longtemps que possible;
AS. considérant, au vu de l'absence de développement de nouveaux médicaments
antibactériens, que la Commission et les États membres devraient collaborer pour soutenir
le développement et la disponibilité de tels produits, en s'appuyant sur le ECDC et
l'expertise de l'Agence européenne des médicaments (EMA);
AT. considérant que les politiques agricoles favorisent l'apparition de résistances aux
antibiotiques, tant via la chaîne alimentaire que via les déjections animales qui se
retrouvent dans le cycle de l'eau;
AU. considérant qu'on observe une plus forte consommation d'antibiotiques parmi les
personnes qui sont objectivement les moins informées, et qu'une meilleure connaissance
objective des antibiotiques va de pair avec un comportement plus responsable en ce qui
concerne leur utilisation;
AV. considérant que certains États membres ne disposent pas d'un cadre réglementaire et
juridique solide pour promouvoir et rendre obligatoire l'utilisation rationnelle des
médicaments, et qu'il existe de fortes disparités en Europe en termes de consommation
d'antibiotiques, que ce soit dans le cadre de soins de proximité ou de soins hospitaliers;
AW. considérant la nécessité d'éduquer et de sensibiliser les acteurs concernés par l'utilisation
d'agents antimicrobiens, y compris les décideurs politiques, les professionnels de la santé
et le grand public, afin d'encourager les changements nécessaires au niveau du
comportement des médecins prescripteurs, des distributeurs et des citoyens;
AX. considérant que, depuis l'adoption, en 2009, de la recommandation du Conseil
(2009/C 151/01), des efforts importants ont été réalisés afin d'améliorer la sécurité des
patients dans les États membres, notamment en érigeant, dans tous les États membres, la
sécurité des patients en tant que priorité politique de santé publique, en désignant (dans
19 États Membres) une autorité compétente en matière de sécurité des patients, et en
favorisant (dans 23 États membres) la formation à la sécurité des patients dans les
établissements de soins;
AY. considérant que depuis l'adoption, en 2009, de la recommandation du Conseil
(2009/C 151/01), des efforts importants ont été réalisés pour arrêter et mettre en place des
stratégies (nationales ou régionales) de prévention et de lutte contre les IAS dans les États
membres, notamment par la définition de lignes directrices relatives à la prévention
des IAS et à la lutte contre celles-ci, en instaurant des systèmes de surveillance active
des IAS (ou en renforçant les systèmes existants);
AZ. considérant que, d'autre part, certaines actions préconisées par le Conseil dans sa
recommandation (2009/C 151/01) relative à l'amélioration de la sécurité des patients dans
les États membres n'ont jusqu'ici été mises en œuvre que par un nombre limité d'États
membres, et que des améliorations sont encore possibles – dans les domaine des soins
hospitaliers et non-hospitaliers –, en particulier eu égard à l'autonomisation des patients,
la formation globale des professionnels de santé et des soignants, ainsi que la mise en
place de nomenclatures européennes portant sur la sécurité des patients et l'établissement
de lignes directrices européennes sur les normes de sécurité des patients;
BA. considérant que certaines mesures spécifiques préconisées par le Conseil afin de prévenir
et de lutter contre les IAS dans les États membres n'ont jusqu'ici été mises en œuvre que
par un nombre limité d'États membres, et que des améliorations sont encore possibles,
notamment en ce qui concerne l'information des patients par les établissements de soins
ainsi que le soutien aux travaux de recherche consacrés à la prévention et au contrôle
des IAS;
Mise en œuvre des recommandations du Conseil: des améliorations notables, mais des progrès
restent à réaliser
1.
salue les actions mises en place au niveau des États Membres, et visant en priorité à
améliorer la sécurité générale des patients et à réduire la survenue des IAS, et en
particulier:
–
l'élaboration, par tous les États membres, de politiques en matière de sécurité des
patients, et le fait que beaucoup d'entre eux aient érigé ces mesures en priorité de
leur politique de santé;
–
la désignation d'une autorité compétente en matière de sécurité des patients dans la
plupart des États membres;
–
la mise en place progressive de mécanismes permettant de signaler des événements
indésirables et capables de tirer des enseignements de ces défaillances;
–
la mise en place généralisée d'actions de formation à la sécurité des patients dans les
établissements de soins;
–
la mise en œuvre, en France, en Slovaquie et aux Pays-Bas, de stratégies
transfrontalières en matière de sécurité des patients (en plus de la stratégie
nationale);
–
les collaborations entre pays et entre régions en vue de réaliser des actions
recommandées par le Conseil et mises en place par 21 États membres (plus la
Norvège), souvent dans le cadre de projets cofinancés par l'Union européenne;
mais demande de toute urgence que ces efforts soient accrus;
2.
se félicite des mesures prises par la Commission pour améliorer la sécurité générale des
patients, en promouvant l'échange de meilleures pratiques entre les États membres et en
proposant des définitions et une terminologie pour la sécurité des patients, en particulier:
–
le fait que la Commission favorise l'échange d'informations sur les initiatives
concernant la sécurité des patients et la qualité des soins dans le cadre du groupe de
travail sur la sécurité des patients et la qualité des soins;
–
le cofinancement apporté par la Commission au projet d'indicateurs de qualité des
soins de santé dirigé par l'OCDE et qui a permis notamment la collecte d'indicateurs
comparables sur la sécurité des patients dans 11 pays;
–
le cofinancement apporté par l'Union, dans le cadre du septième programme-cadre
de recherche, à six projets de recherches en matière de sécurité générale des
patients;
–
l'adoption de la directive 2011/24/UE du Parlement européen et du Conseil relative
à l'application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers,
qui vise à la fois à clarifier les droits des patients qui se font soigner dans un autre
État membre, mais aussi à garantir que les soins dispensés seront sûrs et de qualité;
3.
salue les travaux menés par la Commission et le ECDC, en liaison avec les autorités
sanitaires des États membres dans le domaine de la prévention des IAS et de la lutte
contre celles-ci;
4.
se félicite de l'initiative de la Commission visant à prévenir et combattre les IAS, une
démarche étroitement associée à ses actions dans le domaine de la résistance aux agents
antimicrobiens; salue, en particulier, le financement apporté par la Commission aux
projets de recherche dans le domaine des IAS et de la résistance aux antimicrobiens, et
notamment aux projets ayant une dimension européenne, à l'instar du projet IPSE
(Improving Patient Safety in Europe), du projet IMPLEMENT (Implementing Strategies
Bundles for Infection Prevention & Management) ou du projet PROHIBIT (Prevention Of
Hospital Infections By Intervention and Training), qui vise à analyser les lignes
directrices pratiques existantes en matière de prévention des IAS dans les hôpitaux en
Europe et à tester une stratégie de prévention des bactériémies liées aux cathéters veineux
centraux (infections qui sont particulièrement préoccupantes dans la mesure où elles sont
associées à une morbidité importante ainsi qu'à une forte mortalité directement
attribuable);
5.
salue le travail de coordination et de surveillance du ECDC, notamment:
–
ses activités de coordination du réseau européen de surveillance des IAS et en
particulier des infections du site opératoire, des IAS acquises en unités de
réanimation, et de l'utilisation d'antimicrobiens dans les établissements de soins de
longue durée (HALT-2), ainsi que son soutien au projet européen visant à renforcer
les capacités de surveillance des infections à Clostridium difficile (ECDIS-Net);
–
la coordination d'une étude européenne de prévalence ponctuelle des IAS et de
l'utilisation des antimicrobiens dans les hôpitaux de soins intensifs;
–
l'élaboration par ECDC de lignes directrices pour la prévention des infections à
Clostridium difficile et la lutte contre celles-ci;
–
la publication de recommandations visant à éviter la propagation des entérobactéries
productrices de carbapénémase;
–
le soutien à l'élaboration de lignes directrices et d'indicateurs (de structure et de
méthode) pour la prévention des IAS;
6.
reconnaît qu'il n'existe pas à ce jour, au niveau de l'Union, de système de classification ou
de signalement dédié à la sécurité des patients qui permette d'identifier, d'appréhender et
d'analyser les facteurs liés à la sécurité des patients et, partant, de favoriser ainsi
l'éducation et l'amélioration des systèmes;
7.
reconnaît le nombre encore trop faible d'États membres, qui, à ce jour:
–
ont intégré la sécurité des patients dans l'éducation et la formation des
professionnels de la santé;
–
disposent de plans d'action pour combattre les IAS;
–
ont mené des actions visant à améliorer l'information des patients sur les IAS, par
les établissements de soins;
–
apportent un soutien aux recherches portant sur les IAS;
8.
invite les États membres à poursuivre la collecte d'indicateurs comparables sur la sécurité
des patients, et appelle tous les États membres, avec le soutien de la Commission, à
participer à ces travaux;
9.
invite les États membres à poursuivre et intensifier les coopérations bilatérales et
multilatérales en matière de sécurité des patients, au niveau national et/ou régional;
Améliorer la sécurité des patients en Europe, y compris en prévenant les IAS et en luttant
contre celles-ci: recommandations générales
10.
recommande que la sécurité des patients, et en particulier la prévention et la lutte contre
les IAS, occupe une place prépondérante dans l'agenda politique de l'Union européenne,
tant au niveau national dans les États membres qu'au niveau régional et local;
Actions visant à améliorer la sécurité générale des patients
11.
encourage les États membres à poursuivre leurs efforts en matière d'amélioration de la
sécurité des patients et à mettre en place, quand cela n'est pas encore le cas, des mesures
supplémentaires, y compris en établissant des plans d'action pour lutter contre les IAS,
afin de refléter totalement les recommandations du Conseil;
12.
encourage en particulier les États membres à mettre en place ou à renforcer, lorsqu'elles
existent:
–
des actions visant à améliorer la connaissance qu'ont les citoyens des initiatives
relatives à la sécurité des patients et à favoriser l'autonomisation des citoyens en la
matière;
–
des mesures pour la formation approfondie et continue, fondée sur des critères bien
définis, des personnels de santé dans le domaine de la sécurité du patient et de leur
propre sécurité, en particulier l'introduction de modules de formation sur la sécurité
des patients (couvrant divers domaines, dont les dispositifs médicaux et l'usage
rationnel et rigoureux des médicaments), dans un ou plusieurs types d'études ou de
formation destinées aux professionnels de santé et aux soignants, de même que des
mesures d'information et de sensibilisation des patients en ce qui concerne leur
propre sécurité;
–
des actions de nature transfrontalière dans le domaine de la sécurité des patients;
–
des actions visant à promouvoir la recherche sur la sécurité des patients, sur la base
d'une approche fondée sur des données probantes et centrée sur l'application, en
particulier sur des formes de thérapies alternatives à l'utilisation des antibiotiques et
pour la gestion de l'antibiorésistance, en particulier la phagothérapie;
–
des mesures visant à soutenir la pluridisciplinarité du traitement des blessures dans
le cadre de programmes de sécurité des patients au niveau des États membres;
–
des actions visant à prévenir et à combattre la progression de la résistance aux
antimicrobiens, y compris la mise au point de nouveaux antimicrobiens;
13.
demande à l'Agence européenne des médicaments de dresser une liste des médicaments
hors AMM qui sont utilisés malgré l'existence d'un autre produit bénéficiant d'une
autorisation de mise sur le marché; invite instamment les États membres à faire en sorte
que les professionnels de santé et les patients soient informés quand un médicament
hors AMM est mis en œuvre;
14.
invite instamment la Commission et les agences européennes concernées à instaurer, à
renforcer, à faire connaître au public et a rendre faciles d'usage les systèmes de
signalement des événements indésirables, liés notamment aux médicaments et aux
dispositifs médicaux, permettant d'identifier les responsabilités en cas de défaillance dans
la chaîne de soins, et de tirer des enseignements de ces défaillances;
15.
presse les États membres de réévaluer leurs structures de signalement des évènements
indésirables, de déterminer si ce signalement est exempt de tout caractère punitif, et de
garantir que les professionnels de santé peuvent fournir des informations en toute
franchise, sans que cela ait pour eux des conséquences négatives;
16.
invite les États membres à mettre en place des actions visant à améliorer la qualité – et
pas seulement la quantité – des systèmes de signalement des évènements indésirables, de
sorte que ces systèmes renferment des informations susceptibles d'améliorer réellement la
sécurité et permettent d'extraire facilement des données en vue d'une évaluation
systématique et exhaustive;
17.
invite les États membres à intégrer beaucoup plus largement qu'aujourd'hui les
informations fournies par les patients dans les systèmes électroniques dédiés à leur
sécurité et aux évènements indésirables, ainsi qu'à évaluer systématiquement ces
informations, précisément afin d'éviter des erreurs;
18.
encourage les États membres, la Commission et les agences européennes concernées à
utiliser tous les outils technologiques et statistiques pertinents pour décrire et analyser les
événements indésirables;
19.
encourage la Commission et les États membres à améliorer la connaissance qu'ont les
citoyens des initiatives relatives à la sécurité des patients et à favoriser l'autonomisation
des citoyens en la matière;
20.
demande à la Commission de reconsidérer les demandes d'introduction d'une base de
données recensant les bonnes pratiques en vue de favoriser l'échange de ces dernières
entre les États membres; est convaincu qu'une base de données des événements
indésirables pourrait permettre d'éviter ce type de complications à l'avenir et faire office
d'exemple de bonnes pratiques pour les prestataires;
21.
encourage les États membres à échanger les meilleures pratiques au moyen d'une
approche fondée sur des données factuelles et notamment à établir, sur la base d'études de
cas et de retours d'expériences, des lignes directrices communes applicable à l'ensemble
de l'Union;
22.
invite les États membres à transposer, quand cela est possible, les stratégies et
programmes de sécurité des patients du milieu hospitalier au milieu non hospitalier
(notamment dans les établissements de longs et moyens séjour mais également à
domicile);
Actions visant à prévenir et réduire les IAS
23.
24.
encourage les États membres à formuler des objectifs nationaux clairs de réduction des
infections associées aux soins et à mettre en place, quand cela n'est pas encore le cas, des
actions complémentaires pour réduire les IAS afin de refléter totalement les
recommandations du Conseil, notamment en termes:
–
de prévention des IAS, tant dans un cadre hospitalier qu'extra-hospitalier, en
mettant systématiquement en place l'initiative "One-Health" dans le cadre de
laquelle les professionnels de la santé humaine et de la santé vétérinaire s'engagent
à prévenir les infections résistantes et à réduire l'utilisation d'antibiotiques;
–
d'amélioration de l'information apportée aux patients par les établissements de
soins, notamment de l'information sur la prévalence des IAS dans ces mêmes
établissements;
–
de soutien aux travaux de recherche consacrés à la prévention des IAS, notamment
celles causées par le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (MRCSA), le
Clostridium difficile et d'autres infections émergentes difficiles à traiter, et centrées,
en particulier, sur des formes de thérapies alternatives à l'utilisation des
antibiotiques et pour la gestion de l'antibiorésistance, en particulier la
phagothérapie;
encourage la Commission à explorer la possibilité de mettre en place des accords de
partenariats entre elle même et les États membres individuellement, ou directement entre
États membres, afin de prévenir et de résoudre les problèmes liés aux IAS dans les
structures hospitalières mais également dans le cadre de soins à domicile; demande à la
Commission de soutenir la poursuite des travaux sur la prévention et le contrôle des IAS à
la faveur du prochain programme d'action de l'Union européenne dans le domaine de la
santé;
Améliorer la sécurité des patients en Europe, y compris en prévenant les IAS et en luttant
contre celles-ci: pistes et recommandations concrètes
Prévention
25.
reconnaît que l'Union européenne ne peut pas interférer dans l'exercice des compétences
des États membres dans le domaine de la santé, et est conscient des différences qui
existent en termes de politiques et de systèmes de santé d'un État membre à l'autre, mais
encourage toutefois ces derniers et leurs partenaires délégataires à:
–
assurer suffisamment de ressources humaines, financières et technologiques pour
veiller à ce que les soins dispensés à domicile ou à l'hôpital soient de la qualité la
plus élevée possible, et les appelle notamment à allouer des budgets suffisants à la
sécurité des patients afin de garantir que les soins dispensés à domicile ou à l'hôpital
sont de la qualité la plus élevée possible;
–
accorder également la priorité à la planification efficace des effectifs comme moyen
de garantir que ceux-ci sont suffisants pour faire face au nombre croissant de
patients et à l'impact négatif de ce phénomène sur les pratiques de contrôle des
infections;
26.
invite les États membres et la Commission à promouvoir, y compris au moyen de
campagnes de sensibilisation, les bonnes pratiques générales, en particulier toutes celles
liées à l'hygiène (hygiène des mains, stérilisation et décontamination maximale des
instruments et des dispositifs médicaux) à l'hôpital mais également en dehors de l'hôpital
(et en particulier auprès des patients et de leurs familles);
27.
invite instamment les États membres à élaborer des lignes directrices nationales relatives
à l'hygiène des mains et au nettoyage général des hôpitaux et des maisons de soins;
28.
invite instamment les États membres à promouvoir une approche ciblée visant à lutter
contre les erreurs commises en milieu hospitalier, en mettant notamment en œuvre la liste
de contrôle de l'OMS pour la sécurité chirurgicale;
29.
appelle à un renforcement et à une meilleure coordination de la recherche en vue d'éviter
la propagation des IAS;
30.
appelle les États membres à encourager les efforts visant à étudier les foyers d'infection
dans les hôpitaux et à trouver un moyen de prévenir la propagation des infections
associées aux soins;
31.
encourage les États membres à développer leurs pratiques nationales sur l'utilisation
adéquate des antibiotiques, de façon à limiter la progression de la résistance aux
antimicrobiens et à garantir que le traitement antibiotique demeure efficace;
32.
invite la Commission et les États membres à mettre en place des plateformes et des
protocoles permettant la portabilité des données relatives à la santé, tout en veillant à ce
que ces activités respectent la législation européenne pertinente dans le domaine de la
protection des données;
33.
invite les États membres à identifier des protocoles de sécurité spécifiques aux maladies
chroniques dégénératives et handicapantes et qui requièrent une assistance continue hors
du cadre hospitalier (dans des établissements de longs et moyens séjours mais également
à domicile);
34.
souligne, concernant les soins à domicile, que:
-
l'état des patients (particulièrement les personnes âgées et à mobilité réduite) qui
rentrent chez eux après une hospitalisation doit être évalué de façon approfondie au
moment de leur sortie de l'hôpital afin notamment d'évaluer et de prévenir les
risques de chutes;
-
les patients et les soignants doivent être correctement informés au sujet de l'hygiène
des mains et de la nécessité de décontaminer les instruments et les dispositifs
médicaux réutilisables, ainsi que de la nécessité de respecter les procédures et les
prescriptions;
-
les équipements utilisés devraient être à usage unique ou faire l'objet d'une
procédure de décontamination approfondie en cas de réutilisation;
-
l'application de précautions élémentaires devrait être encouragée, notamment en ce
qui concerne le stockage et l'utilisation des médicaments, et les patients devraient,
en particulier, être sensibilisés aux risques liés à l'utilisation de médicaments qui
n'ont pas obtenu une autorisation de mise sur le marché;
35.
prie instamment les États membres de fournir à la Commission des informations sur les
programmes de vaccination à destination des professionnels de santé, y compris
concernant les niveaux de couverture au sein des institutions sanitaires;
36.
exhorte les États membres à encourager les campagnes d'information réalisées par des
professionnels de santé visant à informer les patients sur les moyens d'échapper aux
maladies nosocomiales;
37.
invite instamment les États membres à mettre en place des actions permettant d'associer
plus largement les proches des patients à la prévention des erreurs de médication et
d'automédication;
Communication, éducation et formation
38.
recommande aux États membres de mettre en place des actions spécifiques de
sensibilisation et de formation relatives aux IAS destinées non seulement aux
professionnels de santé (médecins, infirmières, aides soignants, etc.) mais aussi, par
exemple, aux aidants proches formels et informels et aux bénévoles au sein des hôpitaux
qui sont en contact avec les patients;
39.
invite instamment les États membres à mettre en place des lignes directrices encadrant les
actions des professionnels de santé destinées à apprendre aux patients comment utiliser
les antibiotiques;
40.
invite les États membres à mettre en place des actions de sensibilisation et de formation
spécifiques destinées à sensibiliser les patients et les professionnels de santé au problème
de la résistance aux agents antimicrobiens;
41.
invite les États membres à prendre en compte et à valoriser la place de l'expertise issue
directement de l'expérience des patients dans l'élaboration des bonnes pratiques;
Droits des patients
42.
invite les États membres à œuvrer pour assurer la confiance des patients dans les systèmes
de santé et, en particulier, à associer activement les patients à leur sécurité;
43.
invite instamment les États membres à associer les organisations de défense des patients à
l'élaboration des nouvelles lois et des nouveaux programmes de santé;
44.
invite les États membres à identifier au niveau local une autorité ou une personne de
contact chargée de fournir aux patients les informations et les données concernant la
sécurité des patients, de façon à renforcer la confiance du public dans les systèmes
sanitaires en fournissant davantage d'informations adéquates et compréhensibles;
45.
encourage les États membres à communiquer aux patients des informations relatives aux
risques, aux niveaux de sécurité et aux mesures en vigueur pour éviter la survenue
d'événements indésirables associés aux soins, afin de garantir un consentement éclairé du
patient au traitement qui lui est proposé et pour lui permettre plus généralement d'acquérir
des connaissances dans le domaine de la sécurité du patient; demande aux États membres
d'informer les patients, grâce à des structures organisationnelles adaptées, concernant les
procédures de réclamation et des droits de recours en cas de survenue d'événements
indésirables associés aux soins (par exemple, par l'intermédiaire d'un représentant des
droits des patients);
46.
encourage les États membres et les autorités régionales et locales à privilégier, dans la
mesure du possible, les approches fondées sur la médiation en cas de survenue
d'événements indésirables associés aux soins;
47.
invite instamment les États membres à encourager les médecins généralistes à informer
les patients de leurs droits ainsi que des possibilités qui leur sont offertes de former un
recours et de signaler des erreurs et des évènements indésirables;
48.
reconnaît que l'Union européenne ne peut pas interférer dans l'exercice des compétences
des États membres dans le domaine de la santé; encourage la Commission, toutefois, à
mettre en place des mécanismes de recours collectifs pour les affaires transfrontalières
lorsque plusieurs patients sont affectés par des événements indésirables liés aux soins
résultant de la même cause;
Contrôle, diagnostic et suivi
49.
invite la Commission, les agences européennes concernées et les États membres à
envisager une action visant à garantir les remontées d'information en matière de sécurité
des patients, à la fois en provenance du personnel soignant, mais également des patients;
souligne que ces signalements devraient être caractérisés par une transparence à tous les
niveaux;
50.
invite les États membres qui mènent des enquêtes nationales ponctuelles sur la prévalence
des IAS élaborées sur la base d'une méthodologie harmonisée de l'ECDC à renouveler
régulièrement ces enquêtes, et encourage tous les États membres à introduire de telles
enquêtes; invite vivement la Commission à s'intéresser de plus près à l'initiative "Global
Microbial Identifier", qui bénéficie du soutien d'un grand nombre de chercheurs du
monde entier et qui permet de surveiller et de détecter systématiquement les organismes à
risque associés aux soins, tout en développant la 1capacité à réagir à la propagation –
même transfrontalière – des infections;
51.
recommande la création, au niveau régional ou local, de groupes de travail travaillant sur
des questions spécifiques en matière de sécurité des patients; suggère, à titre d'exemple,
que ces groupes pourraient travailler spécifiquement sur la prévention des accidents chez
les personnes âgées, sur la réduction des risques opératoires, ou encore sur la réduction du
risque d'erreurs de médication;
52.
invite instamment les États membres à sensibiliser davantage les hôpitaux et les maisons
de soins à des fonctions élémentaires du personnel soignant telles que l'observation des
patients et l'évaluation des escarres, dès lors que cette forme de nécrose est un problème
général mais souvent passé sous silence chez les patients et les résidents alités;
53.
demande à l'Agence européenne des médicaments d'élaborer des directives sur
l'utilisation hors AMM des médicaments, en se fondant sur les besoins médicaux et en
tenant compte de la protection des patients;
54.
demande au ECDC de préparer, en consultation avec l'EMA, une liste des agents
pathogènes qui peuvent causer des infections graves ou potentiellement mortelles, qui
sont résistants aux antibiotiques et qui présentent un risque grave; demande que cette liste
soit mise à jour régulièrement grâce aux informations fournies par le réseau européen de
surveillance de la consommation d'antimicrobiens (ESAC-net) et le réseau européen de
surveillance de la résistance aux antimicrobiens (EARS-net) de l'ECDC;
55.
Recommande qu'une liste d'IAS à dépister systématiquement dans les structures
hospitalières et les autres établissements de soins de l'Union européenne, soit établie en
collaboration avec l'EMA et le ECDC;
Coopération européenne et internationale
56.
invite les États membres et la Commission à renforcer la coopération, y compris avec
l'OMS et l'OCDE, dans un but de normalisation des mesures, des définitions et de la
terminologie et d'indicateurs en matière de sécurité des patients, notamment pour
permettre l'isolement des patients à risque en cas de menace pandémique ou
transfrontalière;
57.
met l'accent sur l'importance de la mise en place d'un véritable réseau européen des
systèmes nationaux de surveillance qui travaillerait, sur la base de critères standardisés
adoptés par la Commission et les États membres, sur l'identification et le contrôle des
différents lieux et vecteurs de contamination par les IAS (y compris les structures non
hospitalières); presse les États membres de poursuivre leurs efforts en vue de collecter des
données de référence comparables et actualisées en matière de sécurité générale des
patients et d'IAS; invite les États membres à publier tous les ans ces données;
58.
invite notamment les États membres à partager, quand ils existent, les référentiels de
bonnes pratiques en matière de prévention et de contrôle des IAS et de transmission des
1
http://www.globalmicrobialidentifier.org/
bactéries multirésistantes (par exemple en matière de prévention de la prolifération des
légionnelles dans les circuits d'eau chaude à l'hôpital);
59.
reconnaît l'importance du programme sur la résistance aux antimicrobiens et les infections
liées aux soins (ARHAI) de l'ECDC, notamment en ce qu'il prévoit des efforts de soutien
et de normalisation de la surveillance des IAS, fournit des conseils scientifiques et inclut
des formations et des actions de communication;
60.
invite les États membres à collaborer dans la mise en place de plateformes permettant
l'échange d'informations relatives aux événements indésirables associés aux soins, en
encourageant l'utilisation des systèmes de collecte en la matière, tout en veillant à ce que
ces activités respectent la législation européenne applicable dans le domaine de la
protection des données; souligne que le patient doit être traité dans le respect des
principes éthiques et de la protection des données à caractère personnel;
61.
demande à la Commission et aux États membres de collaborer à la mise en œuvre de
mesures d'incitation afin de développer de nouveaux médicaments antibactériens. estime
que ces incitations devraient s'inscrire dans un cadre législatif européen approprié,
l'objectif étant d'encourager la coopération entre les secteurs public et privé pour
redynamiser la recherche et le développement dans le domaine des antimicrobiens;
62.
estime que dans le contexte du huitième programme-cadre de recherche qui doit débuter
en 2014, l'Union européenne devrait apporter un cofinancement aux projets de recherche
en matière de sécurité générale des patients, d'IAS et de résistance aux agents
antimicrobiens;
Suivi et rapports
63.
encourage les États membres et la Commission à prolonger au minimum de deux années
supplémentaires le suivi de la mise en œuvre de la recommandation concernant la sécurité
des patients, y compris la prévention des IAS et la lutte contre celles-ci;
64.
encourage les États membres à renforcer leur coopération avec l'ECDC dans le domaine
de la prévention et de la lutte contre les IAS; encourage en particulier les autorités
nationales à solliciter régulièrement l'ECDC pour la réalisation d'audits in situ et à rendre
publics les rapports qui leur seront remis par l'ECDC, et souligne à cet égard la nécessité
d'assurer, dans le cadre des perspectives financières futures, que le ECDC bénéficie d'un
financement adéquat qui lui permette de mener à bien sa mission de coordination et de
surveillance;
o
o
65.
o
charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission,
au Comité des régions et aux États membres.
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