
Les différents coûts peuvent désormais être récapitulés dans le tableau suivant :
Tableau 2 : Coût de réduction des émissions pour la taxe de 32 €/T
Coût de dépollution Paiment de la taxe carbone Coût total
Mons T. Mons € Mons T. Mons € Mons €
Entreprise A 16 256 4128 384
Entreprise B 4 64 16 512 576
TOTAL 20 320 20 640 960
Par rapport à l’institution d’une réglementation, le coût global de dépollution a été ramené de
500 Mons d’€ à 320 Mons d’€. L’entreprise A qui a des coûts marginaux de réduction quatre
fois plus faible réduit en effet quatre fois plus d’émissions que B. Elle supporte désormais un
coût de 256 Mons € contre seulement 100 Mons € pour la mise aux normes réglementaire.
La taxation conduit les entreprises à régler une taxe proportionnelle qui atteint 640 Mons d’€
sur les émissions qui n’ont pas été réduites. Ce coût supplémentaire n’est pas un coût pour la
société car il permet d’abonder les recettes fiscales, en venant se substituer à d’autres impôts
qui peuvent peser sur le travail ou le capital. Ce volet est interprété par certains auteurs
comme un « double dividende » : la taxe sur le CO2 permet à la fois de réduire les émissions
et de rendre la fiscalité plus efficiente.
Les pouvoirs publics tentent parfois de réduire le coût du versement de la taxe par les
industriels pour préserver leur compétitivité. Pour ce faire, ils peuvent soit modifier l’assiette
de la taxe en fonction du volume d’émission (les premières émissions sont gratuites puis leur
coût augmente), soit affecter le produit des taxes aux industriels qui ont fait des efforts de
dépollution. Le premier mécanisme est très complexe à mettre en place. Le second est par
exemple appliqué en France pour la gestion de l’eau via les redevances sur les rejets de
polluants qui sont affectées aux agences de bassin.
- Dans la réalité, les pouvoirs publics ne connaissent guère les courbes de coût marginal de
dépollution des entreprises. L’Etat peut donc très difficilement instituer une taxe
environnementale « optimale ». D’où l’intérêt des marchés de permis d’émission.
2.3 Mise en place d’un marché de permis d’émission
- Détermination du prix et des quantités à l’équilibre : pour ramener ses émissions au
niveau du quota de 10 MT, l’entreprise A atteint un coût marginal de dépollution de 20 €/T
alors que B est déjà 80 €/T. L’entreprise A aura intérêt à continuer de dépolluer au-delà de
son quota pour vendre à B, tant que le prix du permis sera supérieur à son coût marginal.
L’entreprise B aura intérêt à acheter des permis avant d’atteindre son quota, tant que le prix
du permis sera inférieur à son coût marginal. Au point d’équilibre du marché, les coûts
marginaux s’égalisent et le prix est égal au montant de la taxe optimale calculée en 2.2. Six
millions de T de CO2 sont vendues par l’entreprise A à l’entreprise B pour un montant global
de 192 Mons €. (Voir graphique ci-après).