
L’exemple emblématique de cette réaction est l’hydro-altération des roches ultrabasiques aux
dorsales océaniques, qui produit de la magnétite et des minéraux magnésiens comme les
serpentines, le talc et la brucite. Cette altération est responsable d’une production significative
d’hydrogène, dont la concentration peut atteindre des valeurs importantes dans les fluides émis
par les « fumeurs » hydrothermaux océaniques.
Son intérêt :
Dans le cadre d’une société future utilisant l’hydrogène comme vecteur énergétique, l’existence
d’une source naturelle présente potentiellement de grands avantages, comme le démontre
l’utilisation actuelle des sources d’énergie fossile avec des coûts de production extrêmement bas.
Elle permettrait, au moins en partie, de contourner l’obstacle de la production artificielle
d’hydrogène :
« Sur le chemin qui mène à l’économie de l’hydrogène, la production efficace et propre de
l’hydrogène constitue l’obstacle majeur. Vecteur d’énergie, l’hydrogène doit être fabriqué à
partir d’une source d’énergie primaire. De nombreuses méthodes industrielles de production
d’hydrogène sont aujourd’hui disponibles, mais toutes sont plus onéreuses que si la même
quantité d’énergie était produite à partir de formes d’énergie conventionnelles (le coût étant
plusieurs fois supérieur à celui des combustibles fossiles) »*
Si le mécanisme de production est bien celui de la réaction de l’eau de mer avec le manteau
terrestre exhumé par la dérive des continents, ou plus généralement par tous les processus
hydrothermaux équivalents du point de vue chimique, la production naturelle de l’hydrogène
devient une ressource (quasi) inépuisable qui rentre ainsi dans la catégorie des énergies durables.
La méconnaissance de ces sources naturelle d’hydrogène du point de vue de leur abondance, de
leur distribution, de leur pérennité, de leur concentration et même dans beaucoup de cas de leur
existence, fait qu’il n’existe que très peu d’analyses de l’intérêt économique, de telles sources. A
notre connaissance, un seul pays, l’Islande, a abordé la question de l’hydrogène naturel comme
vecteur énergétique avec des projets d’extraction de H2 dans les fumerolles hydrothermales de
champs géothermiques (teneur ~ 4%, production ~50t/an/source4, soit l’équivalent énergétique
de ~ 650m3 d’essence)
Du point de vue de l’économie de l’hydrogène, il y a ainsi un véritable trou de connaissance des
sources naturelles d’hydrogène. L’objectif du présent projet est d’obtenir les connaissances
fondamentales nécessaires pour envisager une utilisation économique de l’hydrogène comme
source d’énergie.
C’est un projet à fort risque dont l’aboutissement n’est pas garanti. De par son aspect « recherche
fondamentale », très amont sur les ressources naturelles, c’est donc typiquement un projet qui
concerne directement le rôle incitatif de l’INSU.
La réussite d’un tel projet, du point de vue des sources d’énergie, donnerait à la France et à son
industrie un avantage concurrentiel tant dans l’avancée de la connaissance que dans la maîtrise
des technologies. Dans le cas contraire, l’apport aux connaissances sur les interactions
hydrothermales et les transferts de matière dans la croûte devrait avoir des implications sur la
genèse des ressources en général et donner des avantages économiques secondaires.