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traitement et à la prise en charge de patients âgés en situation de dépendance
(2004)
, également édictées par l’Académie suisse des sciences médicales.
4. Fondamentalement, la décision en matière de mesures médicales appartient au
corps médical. Si un individu est en mesure de faire valoir son droit à
l’autodétermination et d’exprimer son avis de manière éclairée, ses décisions
concernant son corps l’emportent sur toutes les décisions de médecins. Si,
comme dans votre cas, la personne concernée n’est plus capable de discerne-
ment, les décisions relatives à sa vie et sa santé touchent les droits strictement
personnels qui, en partie, ne souffrent pas de représentation, c’est-à-dire ne peu-
vent être sauvegardés par un représentant légal tel qu’un tuteur ou un curateur.
Ainsi, ces représentants ne peuvent explicitement, en tant que représentant, ac-
cepter que l’on tue ou mutile, ou alors ils ont besoin du consentement de
l’autorité tutélaire de surveillance (cf. l’exception ci-dessus concernant la stérilisa-
tion et concernant le consentement du représentant légal à une interruption de
grossesse, art. 119 al. 3 CP). En revanche, ils jouent un rôle important pour le per-
sonnel médical, afin que, sur la base des directives précitées, une décision res-
ponsable puisse être prise. Par là, il ne s’agit pas pour les médecins de se dé-
charger de la décision sur le représentant légal, mais de trouver ensemble quel
acte médical correspond le mieux au bien du patient dans la situation donnée,
en tenant compte de sa conception de la vie et de ses valeurs. Dans ce sens,
pour la prise de décision selon les directives relatives au traitement et
l’accompagnement de patients souffrant de troubles cérébraux extrêmes, les di-
rectives et recommandations pour la prise en charge de patients et de patientes
en fin de vie ainsi que les directives relatives au traitement et à la prise en charge
de patients âgés en situation de dépendance de l’ASSM, prévalent en résumé
les règles suivantes lorsque la patiente n’est plus capable de discernement :
a. Il faut examiner si la patiente a rédigé des directives anticipées, a dési-
gné un représentant chargé de participer aux décisions dans le do-
maine médical ou si un représentant légal a été nommé (comme vous
en tant que curateur).
b. Les objectifs thérapeutiques déterminent la manière de procéder.
c. Les bases de la décision sur les buts (et le lieu) du traitement et de la
prise en charge sont l’état et le pronostic concernant la durée et la
qualité de vie ainsi que la personnalité et la volonté présumée de la
patiente.
d. Lorsqu’une maladie est dans un stade très avancé et qu’une mesure
de survie ne fait que prolonger la souffrance, les buts du traitement
peuvent être redéfinis. L’influence de la mesure thérapeutique sur le
maintien en vie et la qualité de vie doit être pris en considération et le
traitement peut, le cas échéant, se concentrer sur des soins palliatifs.
e. Dans la prise de décision, l’expérience et le point de vue des per-
sonnes de référence les plus proches de la patiente ainsi que de
l’équipe soignante doivent être pris en compte. Dans les situations
complexes, les solutions doivent être trouvées de manière interdiscipli-
Cf. à ce sujet C. Tritten, Les directives médico-éthiques et recommandations de l’ASSM rela-
tives au traitement et à la prise en charge des personnes âgées en situation de dépen-
dance, in : RDT 2005 p. 70 ss