Marc BOURGUIGNON

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Marc BOURGUIGNON
2ème Année – Classe B
Institut des Cadres et de
Promotion Sociale
MIRWART
Travail de Réflexion sur ma situation professionnelle en
corrélation avec les éléments du cours de Déontologie de 1ère.
Année.
Pour réaliser ce travail je suis parti d’une question de départ que je jugeais pertinente à
savoir :
Comment faire en sorte d’exercer ma profession le mieux possible ?
Ou autrement dit : Comment tendre vers un travail le plus bénéfique possible pour les
usagers ?
Constat préalable :
Définition du terme Déontologie :
La déontologie est l’ensemble des devoirs qu’impose à des professionnels l’exercice de leur
métier.
Il n’existe cependant pas de déontologie officielle pour la profession de l’éducateur. Il n’y a
pas de codes, de règles formalisées à l’instar, par exemple, des médecins. Toutefois, il me
semble primordial de respecter certaines règles liées à la profession, et ce, en raison du danger
potentiel d’abus de pouvoir du professionnel vis-à-vis du client.
En effet, de par son statut, l’éducateur entretien une relation asymétrique avec le client.
Animés de bons sentiments certes, il y’a toutefois, à mon sens, un danger d’abuser de ce
rapport de domination qui doit être contrôlé au travers de règles déontologiques.
Ainsi, la déontologie professionnelle de l’éducateur serait l’ensemble des devoirs et des règles
professionnelles auxquelles il doit se soumettre dans le cadre de sa profession.
Afin de tenter d’apporter des éléments de réponse à ma réflexion de départ, je pense que, dans
un premier temps, il est essentiel que les buts poursuivis par le professionnel s’inscrivent dans
une finalité explicite. Pour travailler au mieux les intérêts de la personne, il est nécessaire de
savoir, dès le départ, quel est l’objectif du travail à fournir et, en ce sens, les règles de
conduite sont une aide précieuse.
A ce stade de la réflexion, il m’apparaît comme évident la nécessité de règles déontologiques.
On discerne des règles directement liées à la profession comme le respect du règlement
interne, des règles juridiques : respect du secret professionnel entres autres mais aussi des
règles morales qui sont plus spécifiques au système social dans lequel j’évolue, ainsi qu’à
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l’organisation proprement dite mais aussi mes propres valeurs morales, éthiques et
idéologiques.
Il me semble allant de soi de me plier aux règles d’ordre institutionnels ou juridiques mais il
m’apparaît plus subjectif les règles morales et idéologiques, même si, en grande partie, cellesci sont soumises à des déterminismes sociaux.
En effet si je me réfère au syllabus : « On dit d’une situation qu’elle est légitime pour
quelqu’un lorsqu’elle semble justifiée, allant de soi, correspondre aux valeurs auxquelles ils
adhère ».
Mes valeurs n’étant pas forcément les même que celles de mes collègues, il peut y avoir une
certaine subjectivité dans ce que l’un et l’autre considère comme légitime.
Morale, éthique et déontologies ont ceci de commun de faire référence à des règles de
conduites.
A la lecture du syllabus, j’ai été surpris de voir que l’on dissociait morale et éthique alors qu’à
mon sens ces deux termes semblaient synonymes. Il m’apparaît maintenant clairement que ces
deux termes, d’un point de vue déontologique, sont bien distincts.
Ainsi la morale est (selon P. Verdier) l’ensemble des règles de conduite socialement
considérées comme bonnes alors que l’éthique regroupe l’ensemble des principes qui sont à la
base de la conduite de quelqu’un.
Suite à ce point d’éthique il m’apparaît donc primordial de me questionner sur mon rôle
d’éducateur, sur les effets que mes interventions pourraient engendrer (positifs ou négatifs),
sur les enjeux, …
Bref, interroger la puissance et les limites de mes interventions afin d’être le plus cohérent
possible dans le cadre de ma profession.
L’évolution historique de la profession peut également m’aider à mieux cerner mon rôle en
tant que professionnel, c’est pourquoi, je vais essayer brièvement d’en retirer les principaux
points qui me semblent utiles au développement de ma réflexion de départ.
Le premier pas de la profession se situe aux alentours de 1945, il n’existe pas de « profession
d’éducateur » au sens stricte mais la guerre voit apparaître des jeunes scouts qui, suivant leur
principe d’entraide, partagent des moments de vie avec « les enfants de la guerre ». Bien que
très largement développée depuis, cette initiative reste encore bien présente de nos jours, en
effet dans l’institution où je travaille je partage du temps (repas, activités, nuits,…) avec les
usagers.
L’après-guerre voit s’ajouter une nouvelle valeur : la valeur familiale.
Les anciens scouts s’étant mariés et ayant fondés des foyers vivent familialement avec les
jeunes, avec parfois la tendance « d’écraser » les parents naturels en négligeant de les
responsabiliser ou en les considérant, eux aussi, comme des enfants.
La tendance actuelle étant au contraire de travailler avec les familles en incluant au maximum
les parents dans les projets mis en place pour les usagers. Il arrive encore, malheureusement,
que l’on ai tendance à dénigrer le potentiel des parents et il n’est pas rare d’entendre dire :
« pour ce que les parents valent… ».
Personnellement, j’essaye au maximum de les inclure dans mes actions avec les jeunes de
mon institution.
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J’ouvre ici une parenthèse sur la notion du bénévolat.
La réflexion sur la réalité de la gratuité des actes m’interpelle fortement. Soyons clairs, la
profession d’éducateur, bien que rémunérée n’est guère valorisée. Les horaires sont souvent
lourds, le salaire peu fameux et la difficulté est grande.
Alors pourquoi est-ce que je souhaite tellement exercer ce métier ?
J-M. Geng émet des réserves quand au fait du bénévolat, craignant la recherche de
compensations matérielles ou symboliques plus ou moins dangereuses. Si je m’interroge sur
les compensations que je pourrais trouver à cette profession, force m’est d’admettre qu’il est
grandement probable qu’un manque affectif dans mon passé puisse être une des raisons qui
me pousse aujourd’hui dans cette voie.
Si j’ai bien conscience de cette probable compensation, je ne pense pas qu’elle soit
suffisamment prégnante pour être négative à la qualité de mon travail.
Quoi qu’il en soit et pour refermer la parenthèse, bien que l’éducateur ne soit plus bénévole,
les bénéfices « indirects » et parfois inconscients sont toujours une réalité à l’heure actuelle.
Dès 1960, suite à l’expansion économique, les interventions de l’Etat dans le secteur social
augmentent, et de ce fait les subsides aux institutions, entraient une augmentation du contrôle
sur les qualifications du personnel. On voit émerger une culture psychologique et le
développement du Case Work (tout homme détient en lui les moyens de se sortir de ses
problèmes et de s’épanouir dans la société).
En bref, à la vocation (« j’aime les enfant ») s’ajoute les aspects psychologiques et médicaux.
Apparition de types précis (1 à 8), de termes tels que « caractériels », « troubles
instrumentaux », …
Ces perspectives psychologiques et médicales sont toujours bien présentes de nos jours et me
semble une avancée bénéfique même si quelquefois, on a tendance à trop vouloir « classifier »
ou « étiqueter ».
Mai 68 voit poindre une nouvelle étape dans le paysage du secteur social avec une remise en
question sur la légitimité de l’action des éducateurs.
Un mouvement de contestation des institutions « fermées » reproche à celles-ci de s’attacher
aux symptômes des dysfonctionnements sociaux plutôt qu’aux mécanismes qui les génèrent.
Pour ses « anti-psychiatre » l’éducateur doit être un médiateur qui tente de réduire les conflits
entre les différents groupes sociaux et les organisations sociales. Ils préconisent le maintien
des clients dans leur cadre de vie et travaillent dans leur milieu « naturel ».
Cette façon de penser me semble toujours très présente à l’heure actuelle et complémentaire
du travail avec les familles.
De nos jours, l’hébergement à long terme est considéré comme la dernière solution, on
privilégie au maximum l’accompagnement dans le milieu « naturel » et la place de l’usager et
de sa famille est bel et bien au centre des décisions.
A ce stade de ma réflexion, il est intéressant de voir comment, au travers de l’histoire, nous
retrouvons les « ingrédients » qui font notre profession.
Un des éléments important de la déontologie de l’éducateur est très certainement le secret
professionnel. Je suis amené à le respecter dans le cadre de mon travail avec les enfants et les
adolescents.
Il apparaît qu’il existe des normes juridiques explicites tels que l’article 458 du Code Pénal ;
l’article 12 de la Déclaration des Droits de l’Homme ; l’Article 8.1 de la Convention
Européenne des Droits de l’Homme ou encore la Constitution Belge : Titre II.
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Toutefois, les règles en matière de secret professionnel demeurent assez floues dans la
profession. Il me semble pourtant essentiel d’en tenir compte afin de préserver au maximum
l’intimité de l’usager ainsi que la confiance qu’il place en nous.
Le fort développement du travail en équipes pluridisciplinaires amène cependant une
réflexion et une adaptation plus nuancée à cette notion de secret.
En effet, comment puis-je travailler positivement avec mes collègues si je conserve
scrupuleusement les informations que je détiens ? Il me faut ouvrer dans la confiance de
l’usager tout en laissant ouvertes les portes qui me permettront de progresser avec lui.
J’essaye donc, dans le cadre de ma profession et toujours dans une optique déontologique, de
conserver pour moi ce qui me semble utile de tenir secret tout en partageant avec l’équipe ce
qui, toujours à mon sens, est susceptible de faire progresser la situation de la personne.
Ici encore je me rend compte de la relativité de la notion de secret professionnel.
Comment juger de ce que je peux ou ne peux pas révéler ?
En dire trop c’est trahir la confiance que la personne a placé en moi en révélant des
informations d’ordre intime.
En revanche, taire des informations cruciales au bon déroulement du travail en équipe
équivaudrait à saborder les possibilités de faire évoluer la personne positivement.
En ma qualité de confident nécessaire (amené à recevoir de la personne des informations à
caractère secret ou encore à découvrir ces informations sans lesquelles je ne pourrait exercer
ma mission de confiance) je m’efforce de « trier » les informations et les confidences en ma
possession et à n’en relayer que les plus pertinentes et ce, exclusivement dans le cadre des
échanges pluridisciplinaires avec l’équipe dans le cadre de l’institution.
Lors de la réalisation de travaux amenés à être lus par des personnes extérieures (rapports de
stage, comptes-rendus, mémoire,…) ma politique a toujours été l’emploi de noms d’emprunts,
c’est par ailleurs ce qui est conseillé dans le syllabus.
Pour conclure sur le secret professionnel, j’ai lu et compris son utilisation face à un Tribunal
mais ce sont des situations devant lesquelles mon poste actuel ne me place pas pour le
moment.
En guise de conclusion générale à la question de base que je me posais (Comment faire
en sorte d’exercer ma profession le mieux possible ?), j’ai pu apporter quelques éléments
déontologiques.
Certains reposant sur des lois, sur des normes ou sur des repères institués par la société,
d’autres se rattachant plus précisément à mes propres valeurs, mon éthique personnelle
et ma vision de la profession.
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