
II- Travaux et concepts fondamentaux
Adam Smith évolue dans le contexte de l’essor de la révolution industrielle dans le
nord du Royaume-Uni. Cette société industrielle, fondée sur le profit et animée par la
recherche de l’intérêt personnel fait naître des interrogations nouvelles : comment
concilier l’intérêt général avec les égoïsmes individuels ? Comment une société
constituée d’individus aussi différents peut-elle fonctionner ?
1- Théorie de la valeur travail
Contrairement aux physiocrates (comme François Quesnay) qui considèrent que
seule l’activité agricole est source de richesse, Adam Smith affirme que, quant à lui,
c’est le travail qui est uniquement source de richesse.
Opposé aux mercantilistes, Smith définit la richesse non pas comme une quantité
de monnaie ou de métaux précieux, mais comme « l’ensemble des choses
nécessaires et commodes à la vie ». Il s’agit donc d’une richesse réelle, et pour lui, la
seule source de création de richesse est, par conséquent, le travail.
La valeur en échange d’une marchandise (Smith parle également de « prix réel »)
est mesurée par la quantité de travail nécessaire pour la fabriquer : c’est la théorie
de la «valeur travail ». Lorsque quelqu’un achète une marchandise, il achète en
réalité le travail d’autrui. Toutefois, pour pouvoir acheter une marchandise, il faut
exprimer la quantité de travail qui a été nécessaire à sa production dans une unité
monétaire.
Adam Smith associe le terme « richesses » à la production de marchandises, de
biens matériels. N’est productif que le travail qui consiste à créer des marchandises.
En effet, pour A. Smith, tout travail n’est pas créateur de richesse. Constatant que
les services disparaissent dès qu’on les rend, il affirme que le travail qui est à leur
origine est improductif car il ne crée pas de valeur.
2- Théorie de la main invisible
Le marché est au cœur de la pensée libérale classique. Adam Smith considère
que le marché joue un rôle essentiel. Il se réfère à l’image de la « main invisible »,
dans son œuvre
La richesse des nations
, pour démontrer que, selon lui, quand les
individus recherchent leur intérêt personnel, ils sont conduits à réaliser l’intérêt
général sans même s’en rendre compte. Il ne faut donc pas brimer la liberté
individuelle, sauf à remettre en cause la réalisation de l’intérêt général!