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Il y a toujours un prix à payer, même pour les bonnes choses!
Même si la cible d’inflation de 2 % par année est atteinte, le pouvoir
d’achat des consommateurs baisse tout de même de 50 % en 36 ans ou si vous
préférez les prix doublent en 36 ans. Ce phénomène d’augmentation continue des
prix est un phénomène postérieur à la Seconde guerre mondiale. En effet, en
1943, l’indice des prix à la consommation des États-
Unis était au même niveau qu’en 1800 (graphique 1).
Cela a été possible parce les périodes d’inflation ont
toujours été suivies par des périodes de déflation.
Depuis la Seconde guerre mondiale, les banques
centrales ont évité la déflation. Cependant, cela s’est
fait au prix d’une augmentation continue du niveau
des prix tel que le confirme le graphique 1. Le prix à
payer pour éviter les années de déflation, comme ce
fut le cas lors de la Grande Dépression, a été une
augmentation continue du niveau des prix. Par exemple, de 1943 à 2006, les prix
ont été multipliés par 11,6 ou si vous préférez le pouvoir d’achat d’un dollar
américain de 2006 n’est que 8,6 % de ce qu’il était en 1943. Par conséquent, Ben
Bernanke et les autres gouverneurs des banques centrales doivent donc choisir le
moindre mal, qui est un taux d’inflation stable et modéré de 2 %. Ainsi, si la
Réserve fédérale parvenait à atteindre cet objectif, ce serait un net progrès sur le
passé. En effet, si de 1943 à nos jours, le taux d’inflation avait été
systématiquement de 2 % par année, l’indice des prix à la consommation aurait
été multiplié par 3,5 au lieu de 11,6 et le pouvoir d’achat d’un dollar serait de
28,7 % comparativement à 8,6 %.
A quand le vrai test ?
Il faut espérer que Ben Bernanke n’ait pas à gérer des crises financières
semblables à celles qu’Alan Greenspan a dû affronter lors du krach boursier de
1987 et lors des événements du 11 septembre 2001. En ces moments-là, les
actions de la Réserve fédérale américaine sont cruciales. En effet, cette dernière
doit fournir les liquidités nécessaires au fonctionnement du système de
compensation des transactions financières et doit également émettre les bons
signaux pour rétablir la confiance des investisseurs.
En 2006, les risques d’une crise financière ne manquent pas : la bulle
spéculative sur les prix des matières premières, une panique sur les produits
dérivés ou encore le potentiel de dépréciation désordonnée du dollar américain.
En effet, le financement du déficit de la balance courante des États-Unis de plus
de 800 milliards par année exige que les non-résidents accumulent pas moins de
2,2 milliards de dollars d’actifs financiers américains par jour pour simplement
maintenir le taux de change du dollar américain stable vis-à-vis des principales
monnaies. Si les étrangers perdaient confiance dans le dollar américain, la crise
N’oublions pas que
même avec un taux
d’inflation annuel
moyen bas de 2 %, les
prix doublent en 36 ans
ou le pouvoir d’achat
est coupé de moitié.