
toute la chaîne de l’offre mondiale se sont mis à monter aussi, pour une raison simple : dans
notre économie mondiale, la quasi-totalité de l’activité dépend du pétrole et des autres
énergies fossiles. Nous cultivons nos aliments avec des engrais et des pesticides
pétrochimiques. La plupart de nos matériaux de construction – béton, plastiques, etc ; - sont
faits de combustibles fossiles, et la plupart de nos produits pharmaceutiques aussi. Nos
vêtements sont composés pour l’essentiel de fibres synthétiques pétrochimiques. Nos moyens
de transport, notre électricité, notre chauffage, notre éclairage – tout cela aussi repose sur
l’énergie fossile. Nous avons bâti une civilisation entière sur les dépôts exhumés de
Carbonifère…
Comment les générations futures verront dans cinq mille ans ce moment particulier de la
saga humaine. Il est probable qu’ils nous appellerons les hommes de l’énergie fossile et
baptiseront cette période l’Age du carbone, comme nous parlons de l’Age du bronze et de
l’Age du fer…
La peur de troubles politiques généralisés a stimulé un débat mondial sur le lien pétrole-
alimentation. Quand 40% de l’humanité vit avec deux dollars par jour ou moins encore, un
changement même marginal des prix des produits de base peut être un immense danger…
La plupart des chefs d’Etat, des chefs d’entreprise et des économistes n’ont pas encore
compris la véritable cause de l’écroulement économique qui a ébranlé le monde. Ils crient
toujours que la bulle du crédit et la dette publique n’ont aucun rapport avec les cours du
pétrole, ils ne voient pas leur étroite relation avec le déclin de l’ère pétrolière. Les crises du
crédit et de la dette seraient simplement dues à un manque de surveillance convenable des
marchés dérèglementés : tant que l’analyse traditionnelle restera enlisée dans cette idée, les
dirigeants mondiaux ne pourront pas parvenir jusqu’à la racine de la crise et la résoudre…
Ce qui s’est passé en juillet 2008 est ce que j’appelle le « pic de la mondialisation »…Nous
vivons actuellement, à mon sens, la fin de la partie de la deuxième révolution industrielle et
l’âge du pétrole qui est son fondement…Ce qui nous a fait toucher le mur en termes de
mondialisation, c’est le « pic mondial du pétrole par habitant », à ne pas confondre avec le
« pic mondial de la production pétrolière »…Le pic de la production pétrolière est l’instant
où la moitié des réserves pétrolières qui seront en définitive récupérables ont été utilisées. Le
sommet de la courbe représente le point médian de l’extraction du pétrole. Après lui, la
production chute aussi vite qu’elle a grimpé…La production américaine a atteint son pic en
1970 après quoi elle entamé un long déclin. Depuis quatre décennies, les géologues discutent
de la date probable où nous atteindrons le pic de la production mondiale...Les
optimistes…entre 2025 et 2035…Les pessimistes…entre 2010 et 2020…Selon l’AIE (Agence
internationale de l’énergie), il a été atteint en 2006…
Mais ce qui nous intéresse essentiellement ici, c’est le pic mondial du pétrole « par
habitant », qui s’est produit il y a déjà longtemps, en 1979 au plus fort de la deuxième
révolution industrielle…Nous avons trouvé du pétrole depuis, mais la population mondiale a
augmenté beaucoup plus vite. Si nous devions répartir à égalité toutes les réserves de pétrole
aujourd’hui connues entre les 6,8 milliards d’humains aujourd’hui vivants, il y en aurait
moins par personne qu’en 1979…
En janvier 2011, Fatih Birol, économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie, a
souligné la relation entre croissance de la production économique et hausse du cours du
pétrole : les deux sont devenus indissociables…Dès que la reprise économique prend de
l’élan, « les cours du pétrole entrent dans une zone dangereuse pour l’économie
mondiale »…le pétrole cher représente pour l’OCDE une perte de 0,5% de PIB…Les pays en