1
LA TROISIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE SELON J.RIFKIN. ET DANS
L’EDUCATION TECHNOLOGIQUE DEMAIN ?
Chapitre 1 La vraie crise économique que personne n’a vue
Document rédigé par Ignace Rak en juin 2013 pour l’association PAGESTEC
www.pagestec.org
Mots-clés sur http://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/index.html Technologie futur :
approche systémique ; la 3e révolution industrielle.
La présente série de documents de réflexion est une contribution pour reconnaître ce qui se
fait déjà dans certaines classes de collège et repérer quelques éléments nouveaux extraits de
l’ouvrage et à intégrer dans l’enseignement de la discipline « technologie » d’aujourd’hui,
voire à utiliser directement dans les cours.
Mais cette série de documents a aussi pour objectif d’alimenter la réflexion pour une
évolution de l’éducation technologique pour demain, ainsi que faire envie de lire l’ouvrage
complet. Cet ouvrage reflète un point de vue, parmi d’autres, celui de J.Rifkin. Mais par sa
qualité, il est représentatif d’une réflexion incontournable et fondée. Il peut aussi servir de
ressource à d’autres disciplines que la technologie.
Ce document fait suite au document sur le chapitre 0 « Présentation générale » que j’ai
rédigé en juin 2013 (1) qui fait partie de la première partie de l’ouvrage et intitulé « La
troisième révolution industrielle ». Il reprend des éléments de l’ouvrage de Jeremy Rifkin (2).
Pour faciliter les citations de l’auteur Jeremy Rifkin, c’est l’abrégé J.R. qui est employé dans
ce document.
Dans ce premier chapitre, J.R. décrit plusieurs faits personnels, historiques et politiques sur
lesquels il fonde son analyse.
Avertissement aux lecteurs du présent document.
Les extraits sélectionnés ci-après sont des éléments qui éclairent essentiellement mes points
de vue : technique, de citoyen et historique pour une éducation technologique devant se
mettre en place aujourd’hui pour préparer demain. Cette sélection est personnelle. Les
extraits sont présentés entre parenthèses »). Parfois ils sont précédés ou suivis de («…)
(… »). Ceci indique qu’il a dans l’ouvrage une petite, ou une grande partie, non citée du texte
qui précède, ou qui suit l’extrait.
D’autre part les nombreux renvois à des articles, études et références, sites, ne sont pas
mentionnées dans mon document. Or toute l’analyse de J.R., puis ses propositions,
s’expriment à partir de ces faits et des études prospectives. Si vous voulez connaître les
sources de ses chiffres et avis, il est nécessaire d’aller les consulter dans l’ouvrage de J.R.
chapitre par chapitre.
Dans tous les cas, seule la lecture de l’original fait foi, car lors de la saisie il peut y avoir
éventuellement des erreurs, fautes ou omissions.
2
« L’« Oil Party » de Boston (1973) » (extraits) (3)
Nous avons retenu des dias que les Etats-Unis avaient un mouvement politique, le « Tea
Party » ayant une origine de plus de 200 ans, et que J.R. cite comme étant le parti précurseur,
dans une action en 1973, d’un mouvement qui interrogeait déjà les politiques sur les
ressources pétrolières mondiales et dont il faisait partie personnellement. A Boston en 1973,
« …La ville était cloitrée depuis des semaines. La circulation généralement massive et
souvent embouteillée dans le centre était clairsemée depuis plusieurs jours, essentiellement
parce que les stations d’essence étaient à sec…Ce traumatisme pour l’orgueil national avait
frappé sans préavis. A peine deux mois plus tôt, l’Organisation des pays exportateurs de
pétrole (OPEP) avait décrété un embargo pétrolier contre les Etats-Unis, en représailles
après la décision de Washington de rééquiper le gouvernement israélien en matériel militaire
pendant la guerre du Kippour. Le « choc pétrolier » avait été vite ressenti dans le monde
entier. En décembre, le cours du brut sur le marché mondial était passé de 3 dollars à 11
dollars le baril. Ce fut la panique à Wall Street et dans l’Amérique profonde…
…sur les quais de Boston le 16 décembre 1973, c’était le 200e anniversaire de la célèbre
« Tea Party » de Boston, l’évènement inaugural qui avait galvanisé le ressentiment populaire
contre la couronne britannique. Furieux contre l’entrée en vigueur d’une nouvelle taxe sur le
thé et d’autres produits exportés par la mère-patrie dans les colonies américaines, Sam
Adams avait poussé à l’action une bande de mécontents, dont certains avaient jeté à l’eau une
cargaison de thé dans le port de Boston…Dans les semaines précédant cet anniversaire, une
énorme vague de colère montait contre les géants du pétrole…J’avais vingt huit ans à
l’époque - jeune militant formé dans la lutte contre la guerre du Vietnam et le mouvement des
droits civils des années 1960…Quand nous sommes arrivés sur le quai était ancré le
navire officiel de la Salada Tea Company (reconstitution du navire original), nous étions plus
de vingt mille à scander « A bas les pétroliers »…Les pêcheurs sont montés à bord…et
commencé à jeter dans le fleuve, au lieu et place de caisses de thé, des barils de pétrole
vides…Le New York Times et d’autres quotidiens…ont baptisé l’évènement la « partie de
pétrole » - l’Oil Party de Boston de 1973… ».
Que retenir pour une éducation technologique de demain ?
Nul doute que de l’histoire du pétrole, il faut retenir la notion du « choc pétrolier de 1973 » et
l’origine de cette notion.
Avec les actions en Amérique, la notion de « Tea party » est passée maintenant dans le
langage dans différents pays du monde. Cette origine historique d’un mouvement citoyen qui
a plus deux cent ans d’existence à coté des partis politiques traditionnels américains, est un
titre souvent emplo aujourd’hui pour désigner des mouvements citoyens qui s’opposent à
l’Etat et à ses impôts (4).
« Fin de la partie pour la deuxième révolution industrielle » (extraits) (5)
J.R. définit ce qu’est pour lui la fin de la deuxième révolution industrielle. Pour cela il cite des
faits des années 2000-2010 après avoir évoqué ce qui c’était passé en 1973 lors du « choc
pétrolier » (voir ci-dessus). «…Trente cinq ans plus tard, en juillet 2008, le cours du pétrole
sur le marché mondial culminait au niveau record de 147 dollars le baril…Quand il a
dépassé les 70 dollars le baril dans les années 2007, les prix des biens et des services dans
3
toute la chaîne de l’offre mondiale se sont mis à monter aussi, pour une raison simple : dans
notre économie mondiale, la quasi-totalité de l’activité dépend du pétrole et des autres
énergies fossiles. Nous cultivons nos aliments avec des engrais et des pesticides
pétrochimiques. La plupart de nos matériaux de construction béton, plastiques, etc ; - sont
faits de combustibles fossiles, et la plupart de nos produits pharmaceutiques aussi. Nos
vêtements sont composés pour l’essentiel de fibres synthétiques pétrochimiques. Nos moyens
de transport, notre électricité, notre chauffage, notre éclairage tout cela aussi repose sur
l’énergie fossile. Nous avons bâti une civilisation entière sur les dépôts exhumés de
Carbonifère…
Comment les générations futures verront dans cinq mille ans ce moment particulier de la
saga humaine. Il est probable qu’ils nous appellerons les hommes de l’énergie fossile et
baptiseront cette période l’Age du carbone, comme nous parlons de l’Age du bronze et de
l’Age du fer…
La peur de troubles politiques généralisés a stimulé un débat mondial sur le lien pétrole-
alimentation. Quand 40% de l’humanité vit avec deux dollars par jour ou moins encore, un
changement même marginal des prix des produits de base peut être un immense danger…
La plupart des chefs d’Etat, des chefs d’entreprise et des économistes n’ont pas encore
compris la véritable cause de l’écroulement économique qui a ébranlé le monde. Ils crient
toujours que la bulle du crédit et la dette publique n’ont aucun rapport avec les cours du
pétrole, ils ne voient pas leur étroite relation avec le déclin de l’ère pétrolière. Les crises du
crédit et de la dette seraient simplement dues à un manque de surveillance convenable des
marchés dérèglementés : tant que l’analyse traditionnelle restera enlisée dans cette idée, les
dirigeants mondiaux ne pourront pas parvenir jusqu’à la racine de la crise et la résoudre…
Ce qui s’est passé en juillet 2008 est ce que j’appelle le « pic de la mondialisation »…Nous
vivons actuellement, à mon sens, la fin de la partie de la deuxième révolution industrielle et
l’âge du pétrole qui est son fondement…Ce qui nous a fait toucher le mur en termes de
mondialisation, c’est le « pic mondial du pétrole par habitant », à ne pas confondre avec le
« pic mondial de la production pétrolière »…Le pic de la production pétrolière est l’instant
la moitié des réserves pétrolières qui seront en définitive récupérables ont été utilisées. Le
sommet de la courbe représente le point médian de l’extraction du pétrole. Après lui, la
production chute aussi vite qu’elle a grimpé…La production américaine a atteint son pic en
1970 après quoi elle entamé un long déclin. Depuis quatre décennies, les géologues discutent
de la date probable nous atteindrons le pic de la production mondiale...Les
optimistes…entre 2025 et 2035…Les pessimistes…entre 2010 et 2020…Selon l’AIE (Agence
internationale de l’énergie), il a été atteint en 2006…
Mais ce qui nous intéresse essentiellement ici, c’est le pic mondial du pétrole « par
habitant », qui s’est produit il y a déjà longtemps, en 1979 au plus fort de la deuxième
révolution industrielle…Nous avons trouvé du pétrole depuis, mais la population mondiale a
augmenté beaucoup plus vite. Si nous devions répartir à égalité toutes les réserves de pétrole
aujourd’hui connues entre les 6,8 milliards d’humains aujourd’hui vivants, il y en aurait
moins par personne qu’en 1979…
En janvier 2011, Fatih Birol, économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie, a
souligné la relation entre croissance de la production économique et hausse du cours du
pétrole : les deux sont devenus indissociables…Dès que la reprise économique prend de
l’élan, « les cours du pétrole entrent dans une zone dangereuse pour l’économie
mondiale »…le pétrole cher représente pour l’OCDE une perte de 0,5% de PIBLes pays en
4
voie de développement ont été plus durement touchés en 2010 : leurs importations pétrolières
ont augmenté de 20 milliards de dollars, ce qui équivaut à une perte de revenu de près de 1%
du PIB…
Si la production économique totale accélère encore au même rythme qu’elle l’a fait dans les
huit premières années du XXIe siècle - et c’est exactement ce qui se passe -, le cours du
pétrole va vite remonter à 150 dollars le baril ou davantage, ce qui imposera une très forte
hausse des prix de tous les autres biens et services et conduira à un nouveau plongeon du
pouvoir d’achat et à l’effondrement de l’économie mondiale…nous avons consommé trois
barils et demi de pétrole pour chaque baril que nous avons trouvé…
Pour une génération instruite, devenue partie intégrante d’une communauté mondiale et aussi
susceptible de s’identifier à Facebook qu’à des allégeances tribales traditionnelles, …les
jeunes exigent le changement. En quelques semaines, ils ont provoqué la chute des
gouvernements tunisien et égyptien, précipité la Libye dans la guerre civile et menacé bien
d’autres régimes, de la Jordanie à Barhrein…A quoi assistons-nous au Moyen Orient ? A un
passage du pouvoir hiérarchique au pouvoir latéral. La génération d’Internet…Au cours des
années qui viennent, l’instabilité politique croissante au Moyen-Orient va semer le chaos
dans les cours du brut sur le marché mondial. Au début de l’année 2011, les troubles
politiques en Lybie ont entrainé la fermeture des champs pétrolifères…Les experts des
marchés pétroliers sont inquiets : si l’Arabie Saoudite ou l’Iran devaient connaître des
perturbations semblables de leur production, les cours du brut pourraient augmenter de 20 à
25% du jour au lendemain, ce qui compromettrait gravement tout espoir de reprise
économique mondiale, même faible… ».
Que retenir pour une éducation technologique de demain ?
D’abord la notion de « lien pétrole-alimentation » et celle de « pic de la production
pétrolifère américaine et mondiale ». Ensuite celle de « pic de la mondialisation » qui
voudrait dire que le terme de « mondialisation » a atteint son sommet et qu’il sera remplacé
dans la 3e révolution industrielle par un autre terme, celui de « continentalisation » (voir le
chapitre 6).
La notion de « pic mondial du pétrole par habitant », à ne pas confondre avec le « pic
mondial de la production pétrolière ». La relation de cause à effet entre « la croissance de la
production économique totale », et « la hausse des cours du pétrole ».
Du fait du développement d’Internet et d’autres moyens modernes de communication, il y a
apparition chez les jeunes générations de certains pays d’un « pouvoir latéral » s’opposant au
« pouvoir hiérarchique ».
« Wall Street s’effondre » (extraits) (6)
« Comment la bulle du crédit et la crise financière interviennent-elles dans cette fin de partie
de la deuxième révolution industrielle ? Pour comprendre la relation entre les deux, il faut
revenir, une fois de plus, à seconde moitié du XXe siècle. La deuxième révolution industrielle
la conjonction de l’électricité centralisée, de l’ère du pétrole, de l’automobile et de la
construction des banlieues pavillonnaires a traversé deux stades de développement (le
réseau autoroutier, puis de l’immobilier NDLR) ». Au Etats-Unis « l’infrastructure des
autoroutes inter-Etats a accéléré le boom du bâtiment…Les promoteurs des deux secteurs
5
(immobilier résidentiel et de bureau NDLR) ont dépassé la demande, ce qui a provoqué dès
les années 1980 et au début des années 1990 un effondrement de l’immobilier et une chute
dans une grave récession, qui s’est rapidement étendue aux horizons les plus lointains de la
planète…La reprise économique américaine a été largement fondée sur l’épargne accumulée
dans les décennies prospères de la deuxième révolution industrielle, associée à une ascension
du crédit et de l’endettement…
On a porté aux nues l’émergence des révolutions des technologies de l’information et
d’Internet…Mais, malgré tout ce qu’on a pu dire, le fait est : le secteur des technologies
d’information et d’Internet n’ont pas constitué en eux-mêmes et par leurs seules forces une
nouvelle révolution industrielle…C’est la mise en place d’une nouvelle infrastructure
d’énergie-communications, sur une période de plusieurs décennies, qui instaure la courbe de
croissance à terme d’une nouvelle ère économique…Les nouvelles technologies des
communications différaient fondamentalement de leurs homologues électriques de première
génération. Le téléphone, la radio et la télévision étaient des formes de communications
centralisées conçues pour gérer une économie organisée autour des énergies fossiles
centralisées…La nouvelle communication électrique de seconde génération, en revanche, est
distribuée, et elle est idéale pour gérer les formes d’énergies distribuées c'est-à-dire les
énergies renouvelables et les modes d’activité économique latéraux qui accompagnent ce
régime énergétique
Au lieu de nous appuyer sur une puissante conjonction d’énergie et de communications
nouvelles, nous avons fait croître l’économie en vivant sur la richesse accumulée dans les
quatre décennies de l’après-guerre. Le crédit facile, introduit par la culture de la carte du
crédit, a agi comme une drogue. L’achat est devenu addictif et la consommation une sorte de
potlatch collectif de masse…Le taux d’épargne de la famille moyenne au début des années
1990 se situait autour de 8%. En 2000, l’épargne familiale s’était rétractée à environ 1%. En
2007, beaucoup d’américains dépensaient plus qu’ils ne gagnaient…Au milieu des années
1990, les américains nageaient dans les dettes…C’est à peu près à cette époque que le
secteur des établissements de prêt immobilier a commencé à promouvoir un second
instrument de crédit le prêt subprime exigeant peu ou pas d’apport personnel. Des millions
d’américains ont mordu à l’hameçon et acheté des maisons qu’ils ne pouvaient pas s’offrir.
Le boom du bâtiment a créé la plus grande bulle de l’histoire des Etats-Unis. Dans certaines
régions du pays, la valeur des maisons a doublé ou triplé en quelques années…La bulle de
l’immobilier a éclaté en 2007. Les prix des maisons se sont effondrés. Des millions
d’américains qui se croyaient riches ont soudain découvert qu’ils ne pouvaient pas payer les
intérêts de leurs prêts immobiliers des intérêts différés mais qui arrivaient à
échéance…Pour se faire une idée de l’énormité de l’endettement des ménages américains,
souvenons-nous qu’il y vingt ans la dette de la famille moyenne représentait environ 83 % de
son revenu : il y a dix ans, ce pourcentage était monté à 92 % ; et en 2007 la dette des
ménages représentait 130 % du revenu familial…l’épargne négative…
C’est le mariage du pétrole abondant, bon marché, et de l’automobile qui avait conduit
l’Amérique au sommet de l’économie mondiale dans les années 1960. nous avons
malheureusement dilapidé cette richesse accumulée en moins de la moitié du temps qu’il avait
fallu l’amasser, dans une extraordinaire vague d’achats conçue pour continuer
artificiellement à faire tourner le moteur économique à plein régime tandis que l’économie
réelle périclitait…Puisque les communautés bancaires et financières américaines,
européennes et asiatiques sont intimement mêlées, la crise du crédit a fait tache d’huile hors
des Etats-Unis et englouti toute l’économie mondiale… ».
1 / 8 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!