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158 STC 13 F bis
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I. INTRODUCTION
1. L'OTAN reste une Alliance ayant pour objet la défense collective, la gestion de crises, la
coopération et la sécurité. Malheureusement, on ne peut éviter que des Etats membres subissent
des pertes lors de missions rentrant dans le cadre de ces fonctions essentielles. Chaque soldat
blessé ou tué représente une tragédie personnelle et politique. Il est donc capital de faire en sorte
que nos soldats aient les meilleures chances de survie lors d'opérations militaires et de
rétablissement et de réadaptation à leur retour au pays. C'est le moins que puisse faire l'Alliance
pour ceux qui mettent leur vie en danger pour leur pays. Au cours des dix dernières années, les
forces armées des Etats membres de l'OTAN ont été déployées dans plusieurs opérations
militaires de longue durée. La mission conduite sous l'égide de l'OTAN en Afghanistan et celle
menée indépendamment en Iraq se distinguent par leur intensité, comme en témoigne le nombre
élevé de pertes subies par des Etats membres de l'OTAN. Par comparaison avec d'autres conflits,
les missions d'Afghanistan et d'Iraq montrent une nette amélioration de la survivabilité des soldats.
En effet, depuis 2001, les soldats américains blessés sur le terrain en Afghanistan ou en Iraq ont
des chances de survie de 90%, alors qu'elles n'étaient que de 84% pendant la guerre du Vietnam
et tout juste 80% pendant la deuxième guerre mondiale (Holcomb et al., 2006). Alors que le rythme
des opérations commence à ralentir en Afghanistan et que la plupart des budgets de la défense
stagnent ou diminuent dans les pays de l'Alliance, il sera de plus en plus difficile de maintenir ces
excellents taux de survie des forces terrestres. C'est pourquoi ce rapport va examiner les
meilleures pratiques qui se sont imposées au cours des dix dernières années et les principaux
enseignements qui en ont été tirés pour tenter de les intégrer dans les doctrines de l'Alliance. De
la manière dont les choses évoluent, l'Alliance devra continuer à tirer parti des progrès réalisés
jusqu'à présent tout en poursuivant sur la voie de l'innovation.
2. Par l'expression survivabilité des soldats, on entend la probabilité qu'a un soldat de survivre
à la mission de combat qui lui est assignée, qu'il s'agisse de garder une base, d'emmener une
patrouille de fantassins ou d'engager le contact. La survivabilité d'un soldat se définit en fonction
de trois facteurs distincts : la susceptibilité, la vulnérabilité et la récupérabilité. La susceptibilité est
la probabilité qu'a un soldat d’être victime d'une attaque ennemie. L'idéal serait qu'un soldat ne soit
pas susceptible d'être attaqué, qu'il ne soit pas vu, ni visé ou atteint. A titre d'exemple, savoir où
l'ennemi se trouve implique qu'on peut éviter le contact où l'engager au meilleur moment et au bon
endroit. Le brouillage peut éviter l'explosion d'un engin explosif improvisé (EEI). Si un soldat est
attaqué avec succès, le concept de vulnérabilité représente la probabilité pour cette attaque –
l'explosion de l'EEI, un tir de fusil, etc. – de blesser le soldat. Idéalement, le soldat est protégé par
le blindage du véhicule ou par son vêtement de protection. Quoi qu'il en soit, si un soldat est
blessé, le concept de récupérabilité se rapporte à ses chances de survivre à sa blessure et de se
rétablir autant que possible en fonction des circonstances.
3. Ces dernières années, les forces armées de l'Alliance ont fortement amélioré la survivabilité
des soldats à tous points de vue et le traitement des pertes au combat (ou médecine sur les
champs de bataille) a progressé de manière révolutionnaire. En 2001, les Etats membres de
l'OTAN n'étaient pas bien préparés aux opérations anti-insurrectionnelles. L'amélioration de la
survivabilité des soldats a davantage été le résultat d'un long apprentissage des erreurs et
carences, comme l'adaptation à la menace des EEI (l’Afghanistan a compté à lui seul, en 2011 et
2012 respectivement, 16 554 et 15 222 attaques par EEI) (Vanden Brook, 2012; Vanden Brock,
2013). Le présent rapport se concentre sur quelques éléments les plus déterminants de la
survivabilité des forces terrestres, à savoir la protection des véhicules et la protection individuelle,
le traitement des pertes au combat et le rétablissement physique. Il traite aussi de la réadaptation
psychologique, en particulier dans le cas de syndrome de stress post-traumatique (SSPT), de plus
en plus fréquents chez les soldats rapatriés et les anciens combattants. Le SSPT est un trouble
mental grave souvent décrit comme un dommage psychique résultant de l'expérience du combat,
qu'il soit ou non lié à une lésion physique. Le rapport ne traite pas de la susceptibilité qui a déjà été
largement étudiée et débattue au cours des dernières années. A titre d'exemple, dans son rapport