STC
158 STC 13 F bis
Original : anglais
Assemblée parlementaire de lOTAN
COMMISSION
DES SCIENCES ET DES TECHNOLOGIES
AMELIORER LA SURVIVABILITE DES
FORCES TERRESTRES DE L’OTAN
RAPPORT GENERAL
Stephen GILBERT (Royaume-Uni)
Rapporteur général
www.nato-pa.int 13 octobre 2013
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TABLE DES MATIERES
I. INTRODUCTION ................................................................................................................... 2
II. VEHICULES BLINDES: ETAT DE LA TECHNIQUE .............................................................. 3
A. PRINCIPES DE BASE DU BLINDAGE DES VEHICULES ............................................ 3
B. SURVIVABILITE ET AVENIR DU BLINDAGE DES VEHICULES ................................. 6
III. ARMURES CORPORELLES : ETAT DE LA TECHNIQUE .................................................... 7
A. PRINCIPES DE BASE DES ARMURES CORPORELLES ............................................ 7
B. SURVIVABILITE ET AVENIR DE L'ARMURE CORPORELLE...................................... 8
IV. TRAITEMENT DES PERTES AU COMBAT : DU LIEU DE RELEVE AU TRAITEMENT
DEFINITIF ......................................................................................................................... 11
A. SOINS PREHOSPITALIERS ...................................................................................... 11
B. TRAITEMENT EN MILIEU HOSPITALIER .................................................................. 14
C. L'AVENIR DU TRAITEMENT DES BLESSURES RECUES AU COMBAT .................. 15
V. RETABLISSEMENT PHYSIQUE ET READAPTATION PSYCHOLOGIQUE........................ 16
V. CONCLUSIONS .................................................................................................................. 20
BIBLIOGRAPHIE .......................................................................................................................... 21
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2
I. INTRODUCTION
1. L'OTAN reste une Alliance ayant pour objet la défense collective, la gestion de crises, la
coopération et la sécurité. Malheureusement, on ne peut éviter que des Etats membres subissent
des pertes lors de missions rentrant dans le cadre de ces fonctions essentielles. Chaque soldat
blessé ou tué représente une tragédie personnelle et politique. Il est donc capital de faire en sorte
que nos soldats aient les meilleures chances de survie lors d'opérations militaires et de
rétablissement et de réadaptation à leur retour au pays. C'est le moins que puisse faire l'Alliance
pour ceux qui mettent leur vie en danger pour leur pays. Au cours des dix dernières années, les
forces armées des Etats membres de l'OTAN ont été déployées dans plusieurs opérations
militaires de longue durée. La mission conduite sous l'égide de l'OTAN en Afghanistan et celle
menée indépendamment en Iraq se distinguent par leur intensité, comme en témoigne le nombre
élevé de pertes subies par des Etats membres de l'OTAN. Par comparaison avec d'autres conflits,
les missions d'Afghanistan et d'Iraq montrent une nette amélioration de la survivabilité des soldats.
En effet, depuis 2001, les soldats américains blessés sur le terrain en Afghanistan ou en Iraq ont
des chances de survie de 90%, alors qu'elles n'étaient que de 84% pendant la guerre du Vietnam
et tout juste 80% pendant la deuxième guerre mondiale (Holcomb et al., 2006). Alors que le rythme
des opérations commence à ralentir en Afghanistan et que la plupart des budgets de la défense
stagnent ou diminuent dans les pays de l'Alliance, il sera de plus en plus difficile de maintenir ces
excellents taux de survie des forces terrestres. C'est pourquoi ce rapport va examiner les
meilleures pratiques qui se sont imposées au cours des dix dernières années et les principaux
enseignements qui en ont été tirés pour tenter de les intégrer dans les doctrines de l'Alliance. De
la manière dont les choses évoluent, l'Alliance devra continuer à tirer parti des progrès réalisés
jusqu'à présent tout en poursuivant sur la voie de l'innovation.
2. Par l'expression survivabilides soldats, on entend la probabilité qu'a un soldat de survivre
à la mission de combat qui lui est assignée, qu'il s'agisse de garder une base, d'emmener une
patrouille de fantassins ou d'engager le contact. La survivabilité d'un soldat se définit en fonction
de trois facteurs distincts : la susceptibilité, la vulnérabilité et la récupérabilité. La susceptibilité est
la probabilité qu'a un soldat d’être victime d'une attaque ennemie. L'idéal serait qu'un soldat ne soit
pas susceptible d'être attaqué, qu'il ne soit pas vu, ni visé ou atteint. A titre d'exemple, savoir
l'ennemi se trouve implique qu'on peut éviter le contact où l'engager au meilleur moment et au bon
endroit. Le brouillage peut éviter l'explosion d'un engin explosif improvisé (EEI). Si un soldat est
attaqué avec succès, le concept de vulnérabilité représente la probabilité pour cette attaque
l'explosion de l'EEI, un tir de fusil, etc. de blesser le soldat. Idéalement, le soldat est protégé par
le blindage du véhicule ou par son vêtement de protection. Quoi qu'il en soit, si un soldat est
blessé, le concept de récupérabilité se rapporte à ses chances de survivre à sa blessure et de se
rétablir autant que possible en fonction des circonstances.
3. Ces dernières années, les forces armées de l'Alliance ont fortement amélioré la survivabilité
des soldats à tous points de vue et le traitement des pertes au combat (ou médecine sur les
champs de bataille) a progressé de manière révolutionnaire. En 2001, les Etats membres de
l'OTAN n'étaient pas bien préparés aux opérations anti-insurrectionnelles. L'amélioration de la
survivabilité des soldats a davantage été le résultat d'un long apprentissage des erreurs et
carences, comme l'adaptation à la menace des EEI (l’Afghanistan a compté à lui seul, en 2011 et
2012 respectivement, 16 554 et 15 222 attaques par EEI) (Vanden Brook, 2012; Vanden Brock,
2013). Le présent rapport se concentre sur quelques éléments les plus déterminants de la
survivabilité des forces terrestres, à savoir la protection des véhicules et la protection individuelle,
le traitement des pertes au combat et le rétablissement physique. Il traite aussi de la réadaptation
psychologique, en particulier dans le cas de syndrome de stress post-traumatique (SSPT), de plus
en plus fréquents chez les soldats rapatriés et les anciens combattants. Le SSPT est un trouble
mental grave souvent décrit comme un dommage psychique résultant de l'expérience du combat,
qu'il soit ou non lié à une lésion physique. Le rapport ne traite pas de la susceptibilité qui a déjà été
largement étudiée et débattue au cours des dernières années. A titre d'exemple, dans son rapport
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spécial de 2011 intitulé Lutte contre l'insurrection en Afghanistan : Menaces de faible niveau
technologique, solutions de haut niveau technologique, la Commission des sciences et des
technologies (STC) traitait de plusieurs aspects de la susceptibilité, principalement en rapport avec
le renseignement, la surveillance et la reconnaissance assurés par les véhicules aériens sans
pilote (UAV), ainsi que de la lutte contre les EEI (Commission des sciences et des technologies,
2011).
II. VEHICULES BLINDES : ETAT DE LA TECHNIQUE
4. L'élément central de toute opération militaire terrestre est constitué par les véhicules blindés
de combat, tels que chars d'assaut, véhicules blindés et véhicules de combat d'infanterie. Dans le
cadre du présent rapport, ce chapitre portera principalement sur le blindage des véhicules de
combat, lequel constitue un élément important de la survivabilité du soldat. Le blindage des
véhicules a une incidence directe sur la vulnérabilité du soldat. A l'évidence, mieux un véhicule de
combat résiste à une attaque ennemie que ce soit par un tir direct, un lance-roquettes, un EEI,
etc. mieux le soldat est protégé contre cette attaque. Bien que ce point ne relève pas de notre
propos, tout ce qui s'applique au blindage des véhicules de combat vaut aussi pour les véhicules
non armés, comme les camions et engins de déminage blindés, qui ont aussi pour fonction de
protéger les soldats de l'OTAN.
A. PRINCIPES DE BASE DU BLINDAGE DES VEHICULES
5. Pendant pratiquement tout le XXe siècle, le blindage des véhicules de combat était conçu
pour assurer une protection contre les obus de char et autres projectiles à charge creuse, comme
on en rencontre fréquemment dans les guerres symétriques (c’est-à-dire des conflits
interétatiques), avec des engagements frontaux et des tirs directs (Chalmers and Unterseher,
1988 ; Castaldi et al., 2009). Par conséquent, la préoccupation majeure était de protéger l'avant
des véhicules de combat et trouver de nouveaux moyens de renforcer le blindage ajouté aux
véhicules de combat était considéré comme le moyen le plus efficace d'accroître la survivabilité de
ses occupants. Cela explique que l'innovation industrielle dans le domaine du blindage des
véhicules consistait dans une large mesure à développer des blindages passifs plus lourds et plus
résistants. Ce genre de blindage empêche la pénétration de projectiles par ses seules propriétés
matérielles et se présente généralement sous la forme d'un blindage massif, composite ou cage.
6. Le blindage massif des véhicules consiste généralement en une coque ou tourelle qui peut
être fabriquée comme une masse d'acier homogène ou en plaques d'acier assemblées par
rivetage ou soudage. Si le blindage massif constitue la forme la moins onéreuse de blindage passif
de véhicule existante, il présente l'inconvénient d'augmenter fortement le volume et le poids des
véhicules de combat. De ce fait, le blindage massif augmente fortement la consommation de
carburant, ce qui implique des coûts opérationnels plus élevés et des défis logistiques
considérables. De plus, dans un milieu urbain confiné, la mobilité de gros véhicules à blindage
massif est fortement réduite, ce qui impose d'adapter les tactiques, les techniques et les
procédures.
7. Pour pouvoir réduire le volume et le poids du blindage, sans pour autant compromettre la
survivabilité des occupants du véhicule, l'industrie de défense a mis au point une série de
systèmes de blindage composite. Dans ces blindages composites, des pièces de blindage
moulées ou soudées se superposent à une combinaison de matériaux ayant des qualités de
protection supérieures à celles qu'offriraient leurs équivalents en acier homogène ou moulé. Parmi
les matériaux composites les plus utilisés figurent les métaux non ferreux, les céramiques, les
plastiques et l'uranium appauvri. L'expérience acquise sur le champ de bataille montre que les
qualités protectrices de différents matériaux de blindage composite varient sensiblement suivant
les menaces auxquelles ils sont exposés. Alors qu'un type de blindage composite particulier
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assure des taux de survie dans un environnement de combat donné, cette survivabili sera
nettement amoindrie dans un autre. C'est pourquoi chaque type d'opération nécessite son type de
blindage composite. Or, un changement de blindage composite requiert un démontage quasi
complet de la structure du véhicule. Assurer la protection permanente des occupants de véhicules
à blindage composite dans un environnement où la nature de la menace peut changer rapidement
est souvent impossible compte tenu du temps nécessaire pour procéder à ces adaptations. De
plus, en théâtres d'opérations éloignés, la présence de plusieurs structures de blindage composite
est souvent impossible pour des raisons de logistique.
8. De nombreux véhicules de combat sont équipés d'une combinaison de blindage massif ou
composite et de blindage cage. Le blindage cage, parfois appelé aussi blindage treillis, a été conçu
principalement pour protéger les véhicules de combat contre les attaques au lance-roquettes. Il se
présente généralement sous la forme d'une grille rigide entourant le véhicule et ressemblant à une
cage. Il est monté autour des parties vitales du véhicule et perturbe la charge placée dans la tête
d'un projectile soit en l'écrasant, ce qui empêche l'explosion optimale de se produire, soit en
endommageant le mécanisme de mise à feu, ce qui empêche l'explosion.
9. Depuis les années 1970, la survivabilité des occupants d'un véhicule de combat n'est plus
considérée exclusivement en fonction du volume, du poids et de la qualité du blindage passif
l'entourant. En réponse à l'apparition, à l'époque, d'une nouvelle génération d'armes antichar très
puissantes, un nombre croissant de responsables militaires et d'experts des questions de défense
commencèrent à laisser entendre que le renforcement des blindages avait atteint un point tel que
les véhicules de combat devenaient trop lourds pour encore être efficaces dans un contexte
opérationnel. En conséquence, dans les années qui ont suivi, on a vu se déployer de plus en plus
de véhicules de combat blindés légers assurant davantage de mobilité et une meilleure
connaissance de la situation et donc moins exposés aux frappes.
10. Toutefois l'apparition, au début des années 1980, du blindage réactif, qui offrait à nouveau
une protection efficace contre les armes antichars les plus récentes à l'époque, a très vite entraîné
la réapparition de véhicules de combat blindés lourds. Le blindage réactif détruit ou dévie les
projectiles en déclenchant un mécanisme englodans la structure du blindage. Le type le plus
répandu est le blindage réactif explosif, mais des variantes sont actuellement testées. Le blindage
réactif non explosif et non énergétique se compose de plaques de blindage ger recouvrant des
matériaux énergétiques mais non détonants semblables à du caoutchouc et qui libère un gaz à
détention rapide à l'impact d'un projectile, poussant les plaques de blindage vers l'extérieur de telle
sorte qu'elles viennent heurter la partie pénétrante du projectile et dévier celui-ci. Le blindage
réactif électromagnétique génère un "champ de force" en relâchant une charge électrique
importante dans le projectile. Le Defence Science and Research Technology Laboratory du
ministère de la Défense britannique mène actuellement d'intenses recherches sur ce blindage
réactif électromagnétique en incorporant des supercondensateurs utilisant un matériau de type
nouveau dans la carrosserie d'un véhicule (Gray, 2010). La plupart des véhicules blindés
existants utilisent un blindage réactif ajouté à un blindage passif. En fait, un blindage passif
suffisant est nécessaire pour protéger les occupants du véhicule du souffle provoqué par le
blindage réactif explosif, ce qui le rend incompatible avec les véhicules militaires non blindés ou à
blindage léger. Un autre inconvénient du blindage réactif est qu'il n'offre aucune protection contre
des impacts répétés à un même endroit. Quoi qu'il en soit, son faible coût de fabrication fait que
plusieurs Etats membres de l'OTAN ont opté pour le blindage réactif explosif, qui équipe par
exemple les Bradley Fighting Vehicle et IAV Stryker américains ainsi que le FV432 Bulldog
britannique.
11. Après la fin de la Guerre froide, la conception selon laquelle moins de poids, plus de mobilité
et une connaissance quasi-totale de la situation compenseraient un allègement du blindage
commença à regagner du terrain. Cependant, l'acquisition par plusieurs Etats membres de l'OTAN
de véhicules de combat moins lourdement blindés a été rapidement confrontée aux réalités des
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