Les subordonnées complétives Elles sont distinctes des relatives

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Les subordonnées complétives
Elles sont distinctes des relatives et des circonstancielles. Elles ont pour caractéristiques la propriété
d’occuper dans la phrase l’une des fonctions essentielles du groupe nominal.
Ex : J’apprécie que tu sois venu.
Traits formels
Les complétives forment une classe hétérogène. On y rencontre :
des conjonctives dont le mot introducteur est une marque suffisante de subordination, introduites par que et
par ce que.
Ex : Je m’attends à ce qu’il ne vienne pas.
des interrogatives indirectes totales toujours introduites par la conjonction si
Ex : Je me demande s’il viendra
des propositions non conjonctives avec mot introducteur, c’est le cas des interrogatives indirectes
partielles.
Ex : Je me demande pourquoi il n’est pas venu
des propositions non conjonctives sans mots introducteurs, c’est le cas des infinitives.
Traits syntaxiques
Inspirée par la fonction la plus fréquente de ces subordonnées, cette appellation de complétive méconnaît la
possibilité qu’ont ces propositions d’occuper la fonction sujet.
Quoi qu’il en soit, elles ont pour caractéristiques d’occuper des fonctions nominales :
par rapport au groupe sujet-verbe, elles peuvent être sujet, complément d’objet, terme complétif.
Ex : Il faut que tu viennes
par rapport au groupe nominal
Ex : L’idée que tu viennes me réjouit.
par rapport à l’adjectif
Ex : Je suis heureux que tu viennes
Remarque : Dans les phrases du type Heureusement que tu es venu ! , l’adverbe n’est pas suivi, en dépit des
apparences, d’une complétive en fonction de complément. Il s’agit ici du fonctionnement spécifique des
adverbes de discours. Heureusement sert ici à modaliser le contenu de l’énoncé.
Les propositions complétives jouent donc dans la phrase un rôle essentiel, et elles sont en étroite relation avec
les autres constituants de la phrase. Cette interdépendance se traduit notamment par le fait :
qu’elles ne peuvent être supprimées
elles ne peuvent être déplacées dans la phrase. La seule possibilité de les déplacer consiste à les faire entrer
dans la structure d’emphase.
leur relation étroite de subordination se manifeste par leur soumission au repérage temporel et personnel de la
principale.
I. COMPLETIVES CONJONCTIVES PAR QUE ET CE QUE
A. TRAITS FORMELS
1. Terme introducteur
La conjonction de subordination que
Elle est dépourvue de contenu sémantique et n’a qu’un rôle syntaxique. Elle marque la frontière entre
principale et subordonnée (rôle démarcatif) et assure l’enchâssement de la subordonnée dans la principale
(rôle subordonnant).
Aussi, cette conjonction nominalise-t-elle la proposition qu’elle introduit, la rendant ainsi apte à assumer
une fonction nominale dans la phrase. De ce fait, elle peut être remplacée par un groupe nominal.
Ex : Je souhaite que tu viennes
Je souhaite ta venue.
La complétive n’apparaît jamais seule derrière une préposition. Cette dernière disparaît en effet
obligatoirement devant la conjonction que.
Ex : Je me félicite qu’il ait réussi.
Remarque : le signe l’effacement de la préposition en surface ne modifie pas le statut syntaxique du
complément que l’on pourra continuer d’appeler COI.
La locution conjonctive ce que
Elle apparaît assez fréquemment après les prépositions à et de.
Ex : Je m’attends à ce qu’il réussisse.
Je me félicite de ce qu’il ait réussi.
Ainsi s’opère une spécialisation des outils conjonctifs. Que, en l’absence de préposition, ce que après
préposition.
Remarque : ce est-il pronom, auquel cas la complétive fonctionne comme une apposition (Je me félicite de
ce(la), qu’il ait réussi), ou est-il déterminant démonstratif, la complétive fonctionnant alors complètement
comme un nom (Je me félicite de ce [qu’il a réussi] / de [cette réussite]) ? On ne décomposera pas l’outil ce
que senti comme indissociable, que l’on nommera locution conjonctive, et que l’on ne confondra pas avec la
locution pronominale ce que qui apparaît dans les interrogatives indirectes.
Ex : Je t’ai demandé ce que tu voulais.
Dans ce dernier cas, que est un pronom, et non plus une conjonction. Il occupe de ce fait une fonction
syntaxique dans la subordonnée (COD de voulais)
2. Intonation et ordre des mots
que servant à nominaliser une phrase, la complétive conjonctive par que ne possède pas de mélodie propre.
B. FONCTIONS DE LA COMPLETIVE PAR QUE ET CE QUE
Les complétives par ce que sont d’un emploi beaucoup moins large que les conjonctives par que. Elles sont :
COI (le plus souvent)
Ex : Je me félicite de ce qu’il a réussi
complément de l’adjectif
Ex : Il n’est pas conscient de ce qu’il pourrait échouer.
1. Nature du support
Lorsque la complétive possède un support — ce n’est pas toujours le cas, puisqu’elle peut être sujet — celui-ci
peut être de nature diverse.
Support verbal
La complétive dépend alors d’un verbe.
Ex : Il a téléphoné, pensant que je viendrais
Support nominal
Elle entre comme constituant d’un groupe nominal, qu’elle détermine.
Ex : L’idée que tu viennes me réjouit.
Support adjectival
Elle dépend d’un adjectif.
Ex : Je suis étonnée qu’il ne soit pas là.
2. Fonction de la complétive
Sujet :
Ex : Que tu viennes me ferait plaisir.
Attribut :
Ex : L’essentiel est que tu viennes
Complément d’objet :
Ex : Il m’a dit qu’il viendrait (direct)
Je me félicite qu’il ait réussi (indirect)
Remarque : En l’absence de la préposition (interdite devant que), on se fiera au test de la pronominalisation pour distinguer la
fonction du COD (reprise par le : Il me l’a dit) du COI (reprise par en ou y : Je m’en félicite).
Terme complétif :
La complétive peut remplir cette fonction après une tournure impersonnelle
Ex : Il serait préférable que tu viennes
ou après un présentatif.
Ex : Voilà que ça recommence !
Apposition ou position détachée :
Ex : Elle n’a qu’un souhait : que tu viennes demain.
Cela me ferait plaisir, que tu viennes
Qu’il vienne, j’en doute fort.
La complétive peut en effet être rattachée à un pronom dans des constructions à valeur d’emphase.
Complément du nom :
La complétive entre dans le groupe nominal.
Ex : L’idée que tu viennes me réjouit.
Complément de l’adjectif :
Elle peut enfin entrer dans le groupe adjectival.
Ex : Je suis très heureux que tu sois venu.
C. MODE ET TEMPS DANS LA COMPLETIVE PAR QUE ET CE QUE
1. Mode
Indicatif et subjonctif se rencontrent également. L’indicatif intervient dès lors que le procès est posé,
pleinement actualisé, et pris en charge.
Ex : Je pense qu’il viendra.
Le subjonctif intervient partout où le procès relève du domaine du possible,
Ex : Ce serait étonnant qu’il ne vienne pas
soit implique, en creux, la possibilité contraire :
Ex : Je suis heureux qu’il vienne (il aurait pu ne pas venir).
Indicatif
On le rencontre après des supports impliquant un contenu de parole ou de pensée (déclaration, croyance,
certitude), puisque l’énoncé prend en charge, à des degrés divers, le contenu asserté.
Ex : Je suis presque convaincu qu’il viendra.
On ajoutera à cette catégorie les verbes de doute soumis à négation, dont le sens équivaut alors à une
certitude.
Ex : Je ne doute pas qu’il viendra.
Après des supports contenant l’idée du probable (les chances de réalisation l’emportant en effet sur les
chances de non-réalisation) :
Ex : Il est probable qu’il viendra.
Après des présentatifs dont le rôle est précisément de présenter ou " poser " un événement.
Ex : Voilà qu’il pleut.
Subjonctif
Trois types de situations :
La subordonnée complétive est en tête de phrase
Ex : Que l’Europe ait changé en deux siècles, cela est évident.
Le subjonctif est obligatoire et s’explique par l’indétermination dans laquelle se trouve l’énonciateur, à la
fin de la subordonnée, quant au jugement porté sur son contenu.
Le sens du support impose le subjonctif
C’est le cas lorsque le procès est donné comme seulement possible (je crains, je défends, je veux, il est
possible...). C’est encore le cas lorsque l’énonciateur présente un fait comme susceptible, normalement, de ne
pas avoir lieu.
Ex : Il est scandaleux / normal / étonnant / je regrette qu’il ne soit pas là (il aurait pu être là).
Remarque : apparition possible de l’adverbe ne dit explétif, après des supports impliquant virtuellement une idée négative.
Ex : Je crains qu’il ne vienne.
La principale n’actualise que faiblement le procès.
C’est le cas lorsque le verbe recteur est nié. Ainsi, les verbes de déclaration et d’opinion qui imposent
normalement l’indicatif en raison de leur sens lexical peuvent se mettre au subjonctif lorsqu’ils sont soumis à
la négation : l’énonciateur ne prend pas en charge le procès.
Ex : Je ne crois pas qu’il vienne.
La même possibilité est offerte en cas d’interrogation, puisque l’énonciateur suspend son adhésion.
Ex : Croyez-vous qu’il vienne.
2. Temps
Le temps de la subordonnée rectrice détermine dans la subordonnée un choix restreint de formes temporelles.
C’est la concordance des temps. Cette contrainte dépend de deux facteurs :
la sphère temporelle à laquelle appartient la principale
la relation chronologique qui unit la subordonnée à la principale.
Transposition des temps à l’indicatif
Lorsque la principale est à un temps du présent ou du futur, le repère chronologique coïncide avec le
moment de l’énonciation. A l’inverse, le décalage temporel introduit par une principale au passé impose dans
la complétive un jeu de transpositions
Ex : Il me disait hier qu’il ne viendrait pas.
antériorité de la
subordonnée
simultanéité de la
subordonnée
postériorité de la
subordonnée
principale au passé
plus-que-parfait
transpose le passé
imparfait
transpose le présent
conditionnel
transpose le futur
Il dit qu’...
...il est venu/vînt
...il vient
...il viendra
Il disait que...
...il était venu
...il venait
...il viendrait
transposition des temps au subjonctif
Le même phénomène de concordance des temps s’applique au subjonctif. L’absence de subjonctif futur
(incompatible avec sa valeur intrinsèque), le relations de simultanéité et de postériorité entre le principale et la
subordonnée se marque de la même manière.
Antériorité de la subordonnée
simultanéité ou postériorité de la
subordonnée
Principale au présent ou au
futur
subjonctif passé
subjonctif présent
Je crains / je craindrai
...qu’il ne soit venu
...qu’il ne vienne
Principale au passé ou au
conditionnel
subjonctif plus-que-parfait
subjonctif imparfait
Je craignais / je craindrais
qu’il ne fût venu
...qu’il ne vînt
D. ALTERNANCE DES COMPLETIVES PAR QUE OU CE QUE AVEC L’INFINITIF
On la possibilité de faire alterner deux constructions lorsque l’agent du verbe de la subordonnée se confond
avec le sujet de la principale.
Ex : Je te promets que je viendrai
Je te promets de venir
Cette alternance s’avère obligatoire avec les verbes de volonté
Ex : Je veux partir et non Je veux que je parte
Avec les verbes d’obligation, de possibilité, de construction personnelle, ainsi qu’avec les verbes à double
objet, la complétive est impossible :
Ex : Je te demande de partir et non Je te demande que tu partes
Ex : Je dois partir.
II. COMPLETIVES INTERROGATIVES ET EXCLAMATIVES INDIRECTES
Elles ont perdu la modalité interrogative ou exclamative pour devenir des subordonnées.
Ex : Viens-tu ? > Je t’ai demandé si tu venais.
Comme il a changé ! >J’admire comme il a changé.
A. TRAITS FORMELS
1. Mots introducteurs
On distingue la subordonnée interrogative totale de la subordonnée interrogative partielle.
Interrogation totale
Elle est introduite par la conjonction de subordination si parfois nommée adverbe interrogatif. Elle constitue
une marque suffisante de subordination.
Ex : J’ignore s’il viendra.
Remarque : contrairement à la circonstancielle de condition, la réalisation de l’événement décrit par la principale n’est suspendue à
aucune condition, tandis que pour que soit déclarée vraie une proposition du type nous irons au restaurant, il faut que soit vérifié
(s’)il vient. On notera l’opposition de comportement syntaxique : la complétive reste fixe quand la circonstancielle est déplaçable ; la
pronominalisation de la circonstancielle est impossible quand on peut reprendre la complétive par le.
La conjonction si peut également introduire l’exclamation indirecte.
Ex : Regarde s’il est mignon.
Interrogation partielle
La complétive est introduite par un outil interrogatif qui ne constitue pas une marque suffisante de
subordination (il assume une fonction dans la subordonnée et ne doit pas être considéré comme mot
subordonnant, à la différence du relatif qui marque l’enchâssement de la subordonnée dans la phrase), mais
qui n’assume qu’un rôle démarcatif.
Déterminant quel :
Ex : J’ignore quel nom il porte.
Adverbes interrogatifs :
Ex : J’ignore pourquoi il n’est pas venu.
Remarque : on notera la possibilité, pour l’exclamative indirecte, d’être introduite par l’adverbe combien ou comme.
Ex : Je ne puis vous dire combien je vous trouve changée.
Pronoms interrogatifs qui/que/quoi et le composé lequel :
Ex : Je me demande à quoi tu penses.
On notera deux substitutions exigées par l’interrogation indirecte partielle :
Le pronom interrogatif que ou qu’est-ce que devient ce que
Ex : Je t’ai demandé ce que tu voulais.
Qu’est-ce qui devient ce qui
Ex : Dis-moi ce qui te ferait plaisir.
Remarque : ces deux locutions pronominales sont en réalité formées du pronom démonstratif ce suivi d’une relative déterminative.
On aura cependant intérêt à analyser d’un bloc l’outil ce que/ce qui dans l’interrogation indirecte.
2. Intonation et ordre des mots
Il n’y a plus d’intonation propre à l’interrogation ? De même, la postposition du sujet disparaît. Cependant,
elle se maintient dans les cas suivants :
obligatoirement derrière quel et qui en fonction d’attributs nécessairement antéposés. Ex : Je me demande
quels/qui sont ces amis.
facultativement après les adverbes interrogatifs ainsi que derrière ce qui/ce que
Ex : J’ignore ce que fera le père de ton ami.
B. NATURE ET SENS DU SUPPORT DES COMPLETIVES INTERROGATIVES ET EXCLAMATIVES
INDIRECTES
A la différence des complétives conjonctives par que, elles ne peuvent dépendre que d’un support verbal :
Verbes de sens interrogatif
Ex : Je me demande ce qu’il est devenu.
Plus largement, verbes apportant un contenu de paroles
Ex : Raconte-moi ce que tu deviens.
C. FONCTION DE LA SUBORDONNEE
Elles occupent la fonction de complément d’objet direct par rapport à leur support verbal.
Ex : J’ignore s’il viendra
La fonction de sujet ou apposition au sujet est rare mais possible.
Ex : Pourquoi il n’est pas venu, cela reste toujours sans réponse.
La fonction de complément du nom ou de l’adjectif se rencontre dans la langue littéraire
Ex : L’incertitude où j’étais s’il fallait lui dire " madame " ou " mademoiselle " me fit rougir.
Elles se rencontrent parfois seules, comme dans les titres de livre ou de chapitre :
Ex : Comment Candide se sauva d’entre les Bulgares et ce qu’il devint.
D. MODE ET TEMPS
Même mode et même système de temps que dans les autres complétives. On notera que le mode infinitif
prend, dans l’interrogation, une valeur délibérative :
Ex : Je ne sais où aller.
III. COMPLETIVES INFINITIVES
Ces dernières sont d’un emploi beaucoup plus restreint que les précédentes. La structure de la proposition
infinitive est constituée d’un noyau verbal à l’infinitif dont l’agent est obligatoirement exprimé
Ex : J’entends siffler le train
à moins qu’il ne s’agisse d’un agent indéterminé
Ex : J’entends dire des choses étranges.
A. TRAITS FORMELS
1. Absence de mot subordonnant
Elle est en effet caractérisée par une construction directe : rattachement à son support sans médiation.
Remarque : elle exclut notamment la présence d’une préposition. Je t’ai demandé de venir n’est donc pas une proposition infinitive
ou, ici, l’infinitif est seulement complément d’objet du verbe .
2. Groupe verbal et groupe sujet
Le noyau est un verbe à l’infinitif. Il a ici pour rôle d’exprimer la propriété attribuée au groupe nominal (on dit
du train qu’il a la propriété de siffler). Il est donc dans cet emploi prédicatif (ce que l’on dit à propos du
thème, s’appelle le prédicat ou rhème). Aussi, la proposition peut-elle être remplacée par une proposition à un
mode personnel.
Ex : J’entends que le train siffle
J’entends le train qui siffle.
L’infinitif possède en général son propre agent exprimé, thème de la proposition logique :
Ex : Je sens monter la fièvre.
Je la sens monter.
La fièvre que je sens monter.
On notera l’absence fréquente d’un ordre de mot dans l’infinitive.
B. NATURE ET SENS DU SUPPORT DES COMPLETIVES INFINITIVES
l’infinitive dépend obligatoirement d’un support verbal.
Verbes de perception, auxquels se rattache le présentatif voici, forme de l’impératif vois et de l’adverbe d
lieu, qui peut introduire la complétive infinitive à condition que le verbe de celle-ci soit un verbe de
mouvement (Voici venir les temps...).
Verbes introduisant le discours indirect libre dans le cas de propositions enchâssées.
Ex : Elle a reconnu l’homme qu’elle croyait être son agresseur.
Remarque : la tournure du type Les résistants ont fait dérailler le train relève d’un emploi périphrastique dans lequel les verbes
introducteurs faire et laisser ont perdu leur sens plein pour fonctionner en semi-auxiliaire. L’infinitif n’y occupe pas la fonction de
centre de proposition, mais de centre de périphrase, formant avec son semi-auxiliaire un groupe verbal.
C. FONCTION DE LA COMPLETIVE INFINITIVE
Elle est complément d’objet du verbe dont elle dépend. L’infinitive dépendant du présentatif sera dite régime
de ce présentatif.
Complétives compléments
du verbe :
1. complétive CI;
2. complétive CD;
3. complétive CD
interrogative
4. complétive CD
exclamative
Complétive complément de l'adjectif
Complétive attribut du sujet
Complétive complément du nom
Complétive du présentatif
Complétive complément du verbe
impersonnel
* Complétive sujet du verbe
Complétive complément de l'adverbe
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE CI
Elle occupe la fonction de complément indirect du verbe. Elle peut être remplacée par DE CELA.
Exemple : Elle s'est souvenue que son frère venait ce soir.
(Elle s'est souvenue de cela.)
Le subordonnant que de la complétive CI peut être précédé de ce, lui-même précédé de la préposition
commandée par le verbe.
Exemple : Elle s'est souvenue de ce que son frère lui avait dit.
(Elle s'est souvenue de cela.)
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE CD
Elle occupe la fonction de complément direct du verbe. Elle peut être remplacée par CELA.
Exemple : Jean a dit que Marie viendrait.
(Jean a dit cela.)
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE CD INTERROGATIVE
Elle remplit la fonction de complément direct d'un verbe comme apprendre, chercher, dire, examiner, ignorer,
savoir, se demander, se souvenir.
Pour faire la preuve qu'une subordonnée est complétive interrogative, il suffit de reconstituer les phrases
simples (P1, P2, P3...) à l'origine des phrases constituant la phrase matrice. Si la phrase enchâssée transformée
en phrase simple devient une phrase interrogative, on a la preuve qu'elle est une subordonnée complétive
interrogative.
Exemple : Les jeunes voulurent savoir comment ils allaient y parvenir..
(Les jeunes voulurent savoir cela.)
P1 : Les jeunes voulurent savoir [cela].
P2 : Comment allaient-ils y parvenir?
Exemple : Il explique pourquoi il aime tant le sport..
(Il explique cela.)
P1 : Il explique [cela].
P2 : Pourquoi aime-t-il tant le sport?
Exemple : On ignore si cette planète est habitée.
(On ignore cela.)
P1 : On ignore [cela].
P2 : Cette planète est-elle habitée?
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE CD EXCLAMATIVE
Elle remplit la fonction de complément d'un verbe dont le sens implique une valeur d'intensité.
Pour faire la preuve qu'une subordonnée est complétive exclamative, il suffit de reconstituer les phrases
simples (P1, P2, P3...) à l'origine des phrases constituant la phrase matrice. Si la phrase enchâssée transformée
en phrase simple devient une phrase exclamative, on a la preuve qu'elle est une subordonnée complétive
exclamative.
Caractéristiques :
Le mode du verbe de la subordonnée exclamative est toujours l'indicatif.
Son subordonnant est un marqueur exclamatif : ce que, combien, si, etc.
La subordonnée exclamative ne se termine pas par un point d'exclamation, mais par un point.
Exemple : Tu t'imagines si je l'aime.
(Tu t'imagines cela.)
P1 : Tu t'imagines [cela].
P2 : Comme je l'aime!
Exemple :
J'ai constaté comme ils avaient vieilli.
(J'ai constaté cela.)
P1 : J'ai constaté [cela].
P2 : Comme ils avaient vieilli!
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE COMPLÉMENT DE L'ADJECTIF
Elle remplit la fonction de complément de l'adjectif.
Lorsque l'adjectif se construit avec à ou avec de, la préposition ainsi que le ce qui la suit peuvent s'effacer
devant la subordonnée.
Exemples :
Les enfants sont fiers de ce que leurs dessins soient affichés.
(Les enfants sont fiers de cela.)
Les enfants sont fiers que leurs dessins soient affichés.
(Les enfants sont fiers de cela.)
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE COMPLÉMENT DU NOM
Elle remplit la fonction de complément du nom. Le nom qui commande cette subordonnée a le trait abstrait
(idée, crainte, sentiment, certitude, etc.)
Exemples : La certitude que tous réussiront me réjouit.
(La certitude de cela me réjouit.)
L'idée que tu viennes me plaît.
(L'idée de cela me plaît.)
Il est parfois difficile de distinguer la subordonnée complétive complément du nom de la subordonnée relative.
Bien des gens les confondent.
Comment distinguer le pronom relatif QUE introduisant une subordonnée relative de la conjonction de
subordination QUE introduisant une subordonnée complétive du nom?
Pour distinguer à coup sûr le pronom relatif QUE de la conjonction QUE, il suffit de reconstituer les phrases
simples (P1, P2, P3...) à l'origine des phrases constituant la phrase matrice. Si on retrouve un mot ou une
expression identique dans P1 et dans P2, c'est que le subordonnant QUE est un pronom relatif autrement, il est
une conjonction de subordination servant à introduire une subordonnée complétive du nom.
Servons-nous de deux exemples.
Exemple 1 : L'enfant que j'ai rencontré était malade.
P1 : L'enfant était malade.
P2 : J'ai rencontré un enfant.
Il y a répétition du mot enfant dans P2. Ce qui prouve que enfant est l'antécédent de QUE (pronom relatif).
«que j'ai rencontré » est une subordonnée relative dont le subordonnant est le pronom relatif QUE.
Pour en savoir plus sur la subordonnée relative, cliquez ici.
Exemple 2 : L'idée que tu réussiras me ravit.
P1 : L'idée me ravit.
P2 : Tu réussiras.
Aucun mot n'a été répété en P2. Il n'y a donc pas d'antécédent à QUE qui n'est par conséquent pas un pronom
relatif.
On peut dire : «L'idée de cela me ravit». De cela complète le GN «L'idée». Il est donc un complément du nom
ou du GN «L'idée».
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE DE L'ADVERBE
Elle remplit la fonction de complément de l'adverbe. Elle constitue une expansion de l'adverbe et est toujours
placé à la droite de celui-ci.
Exemples : Heureusement qu'il est venu.
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE ATTRIBUT
Elle remplit la fonction d'attribut. Elle est caractérisée par le fait qu'elle est placée à droite d'un verbe
attributif, qu'elle ne peut être effacée, ne peut être déplacée en dehors du GV et peut être pronominalisée par le
(l').
Exemples : La raison est que l'enfant ne voulait pas.
La raison reste que l'enfant ne voulait pas.
Le fait est qu'elle n'a pas étudié.
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE DU VERBE IMPERSONNEL
Elle remplit la fonction de complément du verbe impersonnel ou d'une tournure impersonnelle.
Exemples : Il est nécessaire que vous écoutiez.
Il faut que vous écoutiez.
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE COMPLÉMENT DU PRÉSENTATIF
Elle remplit la fonction de complément du présentatif, les présentatifs pouvant être : il y a, c'est, voilà, voici.
Voilà signifie vois là et Voici signifie vois ici. Ils ont donc la valeur d'un impératif.
Exemples : Il y a que je le veux.
C'est que je le veux.
Voilà que je le veux.
Voici que je le veux.
SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE SUJET
* Certains grammairiens font de la subordonnée sujet une catégorie à part qu'ils ne classent pas parmi les
subordonnées complétives. Ce n'est pas le choix que nous avons fait.
Elle remplit la fonction de sujet de P.
Exemples : Que vous écoutiez m'apparaît indispensable.
(C'est que vous écoutiez qui m'apparaît indispensable.
Que Pierre le fasse est tout à fait normal.
(C'est que Pierre le fasse qui est tout à fait normal..
Le détachement de la subordonnée par C'EST....QUI nous montre bien qu'il s'agit d'un groupe de
mots occupant la fonction de SUJET.
Caractéristiques de la subordonnée complétive :
- complète un verbe, un adjectif, un nom ou un adverbe;
- généralement non supprimable;
- non déplaçable;
- peut être remplacée par CELA ou DE CELA;
- son subordonnant (que, si, etc.) n'a pas d'antécédent;
- la subordonnée complétive, comme la subordonnée relative et la subordonnée circonstancielle est toujours
une phrase enchâssée dans une phrase enchâssante.
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