Trois patients sur 4 pratiquent une activité physique malgré leur

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LeFigaro.fr
14 octobre 2016
Cancer: trop peu de médecins parlent à leurs patients de l'intérêt du sport
Trois patients sur 4 pratiquent une activité physique malgré leur cancer, mais les
médecins ne connaissent pas bien les programmes adaptés selon une étude de
l'association CAMI Sport & Cancer.
Souvent anxieux de leur sort et fatigués par des traitements lourds, il est difficile pour les
patients en oncologie de trouver les ressources afin de pratiquer un sport. Pourtant on
connaît ses bienfaits. L'association CAMI Sport & Cancer a mené une enquête, réalisée
avec l'aide d'Amgen, entreprise du médicament impliquée dans le développement des soins
en cancérologie, afin de connaître les conditions d'accès à l'activité physique et sportive en
cancérologie et les principaux freins à sa pratique.
L'enquête, baptisée Podium (Première enquête natiOnale sur les recommandations et les
Déterminants psychosociologiques et physIques de la pratique de l'activité physiqUe en
oncologie et en héMatologie), a été menée auprès de 1544 patients, dont une majorité de
femmes souffrant d'un cancer du sein, et de 894 professionnels de santé. «Nous avons
voulu savoir comment les patients se comportaient, s'ils pratiquaient une activité physique,
avaient connaissance des programmes d'activités spécifiques et quelle était l'attitude des
médecins», a déclaré Thierry Bouillet, cancérologue et président de la CAMI.
3 patients sur 4 pratiquent un sport
Il ressort de cette enquête que 3 patients sur 4 pratiquent une activité physique malgré leur
cancer, tandis que 13 % déclarent avoir arrêté à cause de leur maladie. Parmi les raisons
évoquées par ces derniers: la fatigue (51%), le manque de courage (41%), les douleurs
(33%) mais aussi les idées reçues sur l'importance du repos en cas de fatigue (36%). En
outre, 17% des personnes disent avoir commencé le sport après le diagnostic. Malgré la
maladie, la grande majorité des patients pratiquant un sport le font pour améliorer la qualité
de leur vie (99%), augmenter leurs chances de guérison (83%) et préserver leur statut social
(67%).
La méconnaissance manifeste
des médecins sur l'existence de
programmes d'activité physique
adaptés aux patients, comme
ceux proposés par la CAMI ou
l'association Siel Bleu, a de quoi
surprendre. Entre un tiers et la
moitié d'entre eux en ont
entendu parler (contre plus de la
moitié des patients). «Faute de
temps, de connaissance et de
structure adaptée au sein de
l'établissement, un médecin sur
deux ne parle pas à ses patients
des bénéfices liés au sport
pendant le traitement», observe
Thierry Bouillet.
«Meilleur traitement contre la fatigue»
La Haute Autorité de Santé (HAS) a pourtant reconnu l'activité physique comme une
thérapeutique non médicamenteuse à part entière. La pratique d'une activité physique
augmenterait le bien-être des patients et diminuerait de 40% à 50% les risques de rechute à
condition de s'engager dans une activité physique suffisamment intense, 2 à 3 fois par
semaine, sur au moins un an. «Intense signifie qu'il faut qu'il y ait sueur et fatigue sur le
moment», précise Thierry Bouillet. «La fatigue temporaire que l'on ressent après le sport
favorise le maintien de la masse musculaire tandis que celle qui découle d'un traitement
anticancéreux fait fondre les muscles», rappelle-t-il.
Mais attention à ne pas abuser du sport. «L'élément le plus important lorsque des patients
pratiquent une activité physique sous traitement anticancéreux, c'est la sécurité. Il est
essentiel d'être pris en charge par des accompagnateurs formés en cancérologie», rappelle
Thierry Bouillet.
Si vous êtes vous-mêmes sous traitement, souhaitez pratiquer une activité physique mais
n'avez pas accès aux structures adaptées, l'astuce est simple selon le cancérologue:
«Marchez, marchez, marchez. Au moins 30 minutes par jour.»
Pour en savoir plus sur les cours de sport proposés par la CAMI et trouver un centre près de
chez vous: www.sportetcancer.com ou www.sielbleu.org/.
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