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en première intention. D'après une étude prospective, un ulcère du pied cicatrise en
première intention chez 43% des patients diabétiques âgés de plus de 80 ans.
La clé de la prise en charge d'un ulcère du pied est de bien comprendre que cette lésion est
souvent le signe d'une maladie poly-viscérale. La néphropathie diabétique, définie par la
présence d'une macro-albuminurie, a été identifiée comme un facteur de risque d'ulcère du
pied comme d'amputation des membres inférieurs. La protéinurie est aussi considérée
comme un marqueur d'une vasculopathie diffuse chez les patients diabétiques. De plus, les
patients en insuffisance rénale terminale ont un taux plus élevé d'amputation. C'est
pourquoi les lésions des pieds chez ces patients doivent être traitées activement.
L'insuffisance cardiaque congestive, la coronaropathie et l'atteinte vasculaire cérébrale ont
aussi été reliées aux amputations et au niveau d'amputation. Ainsi, la présence de toute co-
morbidité doit être prise en considération dans le traitement des ulcères du pied chez les
diabétiques ; de telles affections doivent être traitées énergiquement.
Equilibre glycémique
Dans certaines études, les taux d'HbA1c et les fluctuations glycémiques ont été considérés
comme des facteurs de risque d'amputation non traumatique des membres inférieurs. Un
équilibre glycémique à court terme a été associé à la cicatrisation dans certaines
observations et au cours d'études expérimentales. On a suggéré que l'équilibre glycémique
était lié aux taux de facteurs de croissance, à l'activité des fibroblastes, à des modifications
du métabolisme du collagène et à des anomalies de la coagulation. Tous ces facteurs, avec la
glycation non enzymatique, ont été incriminés comme influençant le devenir à court-terme
des ulcères du pied. L'hyperglycémie a été aussi suspectée de compromettre la migration
des leucocytes et d'interférer avec l'activité phagocytaire et bactéricide. Dans les études
expérimentales, ces anomalies s'améliorent avec la normoglycémie. La controverse
cependant est de savoir si ces anomalies sont la conséquence de facteurs métaboliques ou
d'anomalies circulatoires. Cependant, les experts considèrent qu'il est désirable d'obtenir un
équilibre glycémique et un état nutritionnel optimaux afin d'améliorer la cicatrisation.
Facteurs psycho-sociaux
Lors du choix d'une stratégie thérapeutique, les facteurs socio-économiques (comme l'accès
aux soins) et l'adhérence au traitement doivent être pris en compte. Quelques études cas-
témoins ont montré que les patients diabétiques avec ulcère du pied et amputation des
membres inférieurs avaient des taux de non-adhérence augmentés. En raison de
complications comme la neuropathie ou les troubles de la vision, comme cela a été précisé
dans le chapitre sur les facteurs psycho-sociaux, il est difficile de distinguer la véritable
"négligence" de l'absence de prise de conscience du danger potentiel d'un ulcère du pied.
Un syndrome "d'auto-négligence volontaire" ('wilful self-neglect') a été décrit chez les
patients diabétiques ayant un ulcère du pied. Dans une étude chez des patients porteurs
d'ulcères du pied, un retard de traitement était attribuable aux patients dans 12% des cas et
aux professionnels dans 21% des cas. Ceci est renforcé par le constat que l'envoi des patients
pour un traitement multifactoriel se fait seulement après l'échec d'une stratégie initiale (en
général pansement et/ou antibiothérapie) ou la détérioration de la plaie.