
1 Introduction
Les matériaux élastiques font partie intégrante de notre quotidien : ils facilitent de nombreuses applications de par
leurs propriétés remarquables. Néanmoins, ces propriétés peuvent varier avec les paramètres extérieurs, et il est important
de savoir comment. Nous nous sommes donc intéressés aux cordes, et en particulier aux cordes élastiques. Après avoir
observé le phénomène d’élongation de telles cordes, nous avons voulu étudier les principes physiques qui régissent les
cordes élastiques ainsi que les transformations énergétiques qui modélisent les conversions rapides qui s’opèrent lors de
mises en tension statiques et dynamiques.
Les cordes naturelles utilisées jadis en montagne avaient de nombreux inconvénients face aux cordes actuelles en fibres
synthétiques. Elles perdaient beaucoup de leur résistance en conditions humides, et vieillissaient plus vite sous l’action
des moisissures. En outre, elles présentaient le principal défaut de casser net sous l’effet d’un choc violent. De fait, l’étude
s’est vite penchée sur la recherche de résistance et de sauvegarde de la corde afin d’assurer la sécurité de l’utilisateur.
Aujourd’hui, les cordes d’escalade sont constituées d’une gaine tissée (fibres entrecroisées) et d’une âme en fibres tressées.
La gaine a pour fonction principale de protéger l’âme contre les agressions extérieures (abrasion, poussières, eau...). L’âme,
quant à elle, donne les caractéristiques mécaniques à la corde : résistance, allongement, souplesse, etc. [2] C’est donc l’âme
qui subit tous les efforts physiques qui nous intéressent ici. En 1676, Robert Hooke[7] modélise le comportement des
solides élastiques soumis à des contraintes et stipule que la déformation élastique est une fonction linéaire des contraintes.
Ses travaux ont ensuite été complété par le physicien britannique Thomas Young[4] avec l’introduction du « module
d’Young », constante qui relie la contrainte de traction et le début de la déformation d’un matériau élastique homogène.
[3]
Puis, dans l’optique de mesurer les échanges d’énergie s’opérant au sein d’une corde au cours d’un effort, l’intérêt
se porte sur la propagation des ondes mécaniques et les phénomènes de striction dans une corde élastique soumise à
une tension. Lorsqu’une masse en chute libre atteint une corde, l’énergie cinétique de la masse est convertie en énergie
élastique, créant une onde de tension dans la corde. Les caractéristiques de cette propagation sont régies par les équations
de Navier[1] pour les ondes dans un milieu élastique. Dans une corde, ces équations peuvent être simplifiées pour les
ondes longitudinales, mais doivent prendre en compte les effets de non-linéarité dus à la striction.
En effet, toute onde se propageant dans une corde élastique transporte de l’énergie sous forme de déformations
mécaniques. Les ondes longitudinales, où les particules du milieu oscillent parallèlement à la direction de la propagation de
l’onde, sont pertinentes pour une corde tendue. Lorsque la tension devient très grande, des effets non linéaires apparaissent.
La corde peut alors subir des phénomènes de striction, où son diamètre change en fonction de la tension, modifiant ses
propriétés élastiques. Ces phénomènes ont été pour la première fois approchés par les équations différentielles non linéaires
de Korteweg-de Vries. [5]
Néanmoins, l’âme ne sert pas à grand-chose sans une gaine efficace. En effet, cette dernière permet à la corde d’affronter
les conditions extérieures en n’altérant que très peu les capacités de l’âme. Gigi Signoretti et son équipe de l’Italian Alpine
Club se sont penchés en 2002 sur cette problématique afin de montrer l’importance d’une bonne gaine tout en identifiant
la corde mouillée comme étant la moins efficace. [8]
Cette étude explore la propagation des ondes et les potentiels phénomènes de striction qui peuvent apparaître lorsque
qu’une corde élastique est soumise à une tension. Pour cela nous avons réalisé 3 expériences qui ont pour but d’évaluer
différentes propriétés physiques de la corde, à savoir son module d’Young E (i.e. son coefficient d’élongation statique),
la vitesse de la propagation des ondes dans le milieu et la vitesse de transformation d’une énergie extérieure en énergie
élastique.
Nous regarderons d’abord la théorie physique exposée ci-dessus qui soutient notre démarche expérimentale, afin de mieux
comprendre la nature des expériences mises en place.
2 Théorie Physique
2.1 Propagation des ondes élastiques
Lorsqu’une masse en chute libre est attachée à une corde et que celle-ci est alors mise sous tension, l’énergie cinétique
de la masse est convertie en énergie élastique, créant une onde de tension dans la corde. Les caractéristiques de cette
propagation sont régies par les équations de Navier pour les ondes dans un milieu élastique.
Lorsqu’une onde se propage dans une corde élastique, elle transporte de l’énergie sous forme de déformations méca-
niques. Le problème étant à une dimension pour une corde tendue, les ondes longitudinales, où les particules du milieu
oscillent parallèlement à la direction de la propagation de l’onde, sont une approximation pertinente.
La vitesse de propagation des ondes longitudinales dans un milieu élastique est donnée par la relation :
v=sT
µ
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