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des politiques internes que celui des relations internationales, le specialiste des
pays compares que celui des Etats nationaux et de leurs leaders.
Impossible greffe etatique dans le monde extra-occidental? Une telle con-
clusion est probablement trop hative. Certes, on peut soulever le probleme des
dysfonctions des partis, de l'administration, du droit import6 au sein de ces so-
cietes, mais ce probleme ne se pose avant tout que confronte au modele occi-
dental. En realite, on voudrait que ces societes assimilent en moins d'un siecle
le modele etatique occidental qui a pris des siecles a se construire au prix de
dysfonctions multiples par rapport a l'ancien ordre f6odal et communautaire et
au prix de luttes et de guerres sanglantes que les pays extra-occidentaux repro-
duisent souvent, mais a une echelle qui n'a pas necessairement depasse les
atrocit6s du monde occidental.
L'Etat ne paraissait-il pas importe lui aussi pour bien des couches de la
societe occidentale au 19e et meme au 20e siecle? L'anomie du monde rural,
I'exteriorite du monde ouvrier, les reseaux de clienteles, la contre-legitimite
des reseaux socialistes et communistes se reclamant d'une <<Eglise interna-
tionale temoignent a leur maniere d'une difficile greffe de l'Etat. Celui-ci a
pu s'imposer au prix d'une extension du suffrage populaire, d'une mobilisa-
tion des nouveaux citoyens par les partis politiques, d'une int6gration de tous
les partis (y compris communistes) dans le jeu politique, et surtout d'une ex-
tension des benefices etatiques a tous les citoyens, ce qui venait briser les re-
seaux traditionnels de clientele. C'est a ce prix que le divorce entre les elites et
les autres acteurs sociaux a pu s'attenuer, sans jamais totalement disparaitre
comme en temoigne la contestation actuelle des moyens traditionnels de
mobilisation-syndicats, partis, Eglises dominantes-et de l'Etat lui-meme.
Bref, une these seduisante et stimulante defendue par Bertrand Badie,
mais qu'on peut relativiser lorsqu'on la resitue dans l'evolution meme du
monde occidental. Ce qui ne nous exempte nullement de lire cet ouvrage qui
temoigne d'une vaste culture, d'un sens aigu de l'observation et d'une con-
naissance profonde de l'Etat.
REJEAN PELLETIER Universite Laval
About Face?: The United States and the United Nations
Robert W. Gregg
Boulder: Lynne Rienner Publishers, 1993, pp. vii, 181
The United States and the Politicization of the World Bank: Issues of
International Law and Policy
Bartram S. Brown
London: Kegan Paul International, 1992, pp. xvii, 295
Conceived in San Francisco in 1945 and nurtured along the banks of New
York City's East River, the United Nations has not always been warmly em-
braced by its American host. Despite playing a major role in its creation and
contributing the lion's share of its budget, the United States has remained one
of the United Nations' harshest critics. Yet, as Robert Gregg points out in his
excellent analysis of US-UN relations, the United States is beginning to per-
ceive the United Nations in a far more favourable light. Gregg remains cau-
tiously optimistic about the future of US-UN relations but argues that in the
post-Cold War era, the United States will be more willing to support the efforts
of the United Nations to maintain international peace and security. No longer
concerned that Russia and its former client states will overtly challenge its for-
eign policy goals, Gregg argues that the United States may come to view the
des politiques internes que celui des relations internationales, le specialiste des
pays compares que celui des Etats nationaux et de leurs leaders.
Impossible greffe etatique dans le monde extra-occidental? Une telle con-
clusion est probablement trop hative. Certes, on peut soulever le probleme des
dysfonctions des partis, de l'administration, du droit import6 au sein de ces so-
cietes, mais ce probleme ne se pose avant tout que confronte au modele occi-
dental. En realite, on voudrait que ces societes assimilent en moins d'un siecle
le modele etatique occidental qui a pris des siecles a se construire au prix de
dysfonctions multiples par rapport a l'ancien ordre f6odal et communautaire et
au prix de luttes et de guerres sanglantes que les pays extra-occidentaux repro-
duisent souvent, mais a une echelle qui n'a pas necessairement depasse les
atrocit6s du monde occidental.
L'Etat ne paraissait-il pas importe lui aussi pour bien des couches de la
societe occidentale au 19e et meme au 20e siecle? L'anomie du monde rural,
I'exteriorite du monde ouvrier, les reseaux de clienteles, la contre-legitimite
des reseaux socialistes et communistes se reclamant d'une <<Eglise interna-
tionale temoignent a leur maniere d'une difficile greffe de l'Etat. Celui-ci a
pu s'imposer au prix d'une extension du suffrage populaire, d'une mobilisa-
tion des nouveaux citoyens par les partis politiques, d'une int6gration de tous
les partis (y compris communistes) dans le jeu politique, et surtout d'une ex-
tension des benefices etatiques a tous les citoyens, ce qui venait briser les re-
seaux traditionnels de clientele. C'est a ce prix que le divorce entre les elites et
les autres acteurs sociaux a pu s'attenuer, sans jamais totalement disparaitre
comme en temoigne la contestation actuelle des moyens traditionnels de
mobilisation-syndicats, partis, Eglises dominantes-et de l'Etat lui-meme.
Bref, une these seduisante et stimulante defendue par Bertrand Badie,
mais qu'on peut relativiser lorsqu'on la resitue dans l'evolution meme du
monde occidental. Ce qui ne nous exempte nullement de lire cet ouvrage qui
temoigne d'une vaste culture, d'un sens aigu de l'observation et d'une con-
naissance profonde de l'Etat.
REJEAN PELLETIER Universite Laval
About Face?: The United States and the United Nations
Robert W. Gregg
Boulder: Lynne Rienner Publishers, 1993, pp. vii, 181
The United States and the Politicization of the World Bank: Issues of
International Law and Policy
Bartram S. Brown
London: Kegan Paul International, 1992, pp. xvii, 295
Conceived in San Francisco in 1945 and nurtured along the banks of New
York City's East River, the United Nations has not always been warmly em-
braced by its American host. Despite playing a major role in its creation and
contributing the lion's share of its budget, the United States has remained one
of the United Nations' harshest critics. Yet, as Robert Gregg points out in his
excellent analysis of US-UN relations, the United States is beginning to per-
ceive the United Nations in a far more favourable light. Gregg remains cau-
tiously optimistic about the future of US-UN relations but argues that in the
post-Cold War era, the United States will be more willing to support the efforts
of the United Nations to maintain international peace and security. No longer
concerned that Russia and its former client states will overtly challenge its for-
eign policy goals, Gregg argues that the United States may come to view the
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