
« Impact des conditions urbaines de Kinshasa sur l’élevage de lapins : étude des pratiques
d’alimentation, d’abri et des risques sanitaires »
Contexte
L’élevage cunicole constitue une activité zootechnique présentant un intérêt croissant dans les
systèmes de production animale à petite échelle en raison de plusieurs avantages, notamment
sa capacité de reproduction élevée, son cycle de production relativement court, ses faibles
besoins en espace comparativement aux grands animaux d’élevage et la qualité nutritionnelle
de sa viande, riche en protéines et pauvre en matières grasses. Dans de nombreux pays en
développement, l’élevage du lapin est ainsi considéré comme une opportunité pour améliorer
la sécurité alimentaire, diversifier les sources de revenus des ménages et contribuer à la
disponibilité des protéines animales.
Cependant, le développement de la cuniculture en milieu urbain reste confronté à des
contraintes particulières liées aux caractéristiques des villes modernes. À Kinshasa, capitale de
la République démocratique du Congo et l’une des plus grandes agglomérations urbaines
d’Afrique, l’expansion démographique rapide, la densification des quartiers et la réduction
progressive des espaces disponibles rendent difficile la pratique des activités agricoles et
d’élevage traditionnelles. Contrairement aux zones rurales où les animaux peuvent bénéficier
de vastes espaces de pâturage ou d’une disponibilité plus importante de ressources végétales,
les éleveurs urbains doivent adapter leurs pratiques à un environnement caractérisé par le
manque d’espace, la proximité des habitations et la dépendance envers les marchés pour
l’approvisionnement en aliments.
Dans ce contexte, plusieurs ménages kinois pratiquent néanmoins l’élevage de lapins dans des
espaces restreints tels que les cours familiales, les parcelles d’habitation ou de petits élevages
semi-intensifs. Ces éleveurs développent différentes stratégies pour assurer l’alimentation des
animaux, notamment l’utilisation de fourrages disponibles localement, de sous-produits
agroalimentaires, de déchets végétaux ou d’aliments commerciaux, avec des variations
importantes dans la qualité et la quantité des rations distribuées.
Par ailleurs, les conditions particulières du milieu urbain peuvent influencer la santé et les
performances zootechniques des lapins. Le confinement des animaux, l’insuffisance d’aération,
les problèmes d’hygiène, la gestion des déjections et l’accès limité aux services vétérinaires
peuvent favoriser l’apparition de maladies et entraîner des pertes économiques pour les
éleveurs. Malgré l’existence de cette activité dans plusieurs quartiers de Kinshasa, les