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Les plantes et la lutte biologique
Pour s’adapter aux modifications de disponibilité en eau, la plante module le volume
de son système racinaire, le nombre des poils absorbants, elle augmente ou diminue
sa surface foliaire et contrôle l’ouverture et la fermeture de ses stomates. Elle peut aussi
modifier l’épaisseur de la cuticule des feuilles et de ses parois cellulaires et différencier
de nouveaux vaisseaux conducteurs.
En ce qui concerne sa cohabitation avec d’autres organismes vivants (environnement
biotique), la plante est capable de mettre en place une grande variété de réactions de
défense constituant un ensemble de processus complexes pouvant aller jusqu’à des
réactions de type immunitaire.
Les mécanismes de défense des plantes représentent un des domaines de recherche
les plus évolutifs des vingt dernières années. L’enjeu de ces recherches est de mieux
comprendre ces mécanismes de défense des plantes pour pouvoir envisager de les
utiliser, afin de réduire l’emploi des pesticides pour un meilleur respect de l’environ-
nement. En effet, certains de ces mécanismes de défense sont capables de protéger la
plante contre un large spectre d’agresseurs et pendant de longues périodes.
Quand une plante est attaquée par un agresseur, elle peut développer des barrières
physiques et tout un arsenal de molécules chimiques plus ou moins complexes, globa-
lement appelées molécules de défense. Parmi les défenses physiques les plus couram-
ment mises en œuvre, on peut citer les épines qui sont des formes adaptatives de la
feuille et qui permettent à la plante de se défendre notamment contre des herbivores.
La plante peut aussi épaissir sa cuticule (couche cireuse recouvrant les feuilles) afin
de la rendre impénétrable mais aussi rendre la feuille beaucoup moins appétente pour
les agresseurs. La plante est aussi capable d’épaissir ses parois cellulaires (jusqu’à cent
fois) afin d’empêcher un agresseur microscopique de pénétrer dans la cellule et de
la détruire.
Quand une plante est en contact avec un agresseur, on distingue globalement deux
grands types de réactions (fig. 32) :
– la réaction compatible, dans laquelle la plante est incapable de reconnaître son
agresseur, celui-ci peut pénétrer dans la plante provoquant une maladie aboutissant
parfois à la mort de la plante. On dit que la plante est sensible à cet agresseur.
– la réaction incompatible, dans laquelle la plante est capable de reconnaître son
agresseur et de développer rapidement tout un arsenal de défenses efficaces qui vont
éliminer l’agresseur. On dit que la plante est résistante à cet agresseur.
L’immense intérêt de la réaction incompatible est de protéger la plante lors d’une
attaque ultérieure contre un large spectre d’agents pathogènes virulents. On parle alors
de résistance systémique acquise (SAR) ou de résistance systémique induite (ISR) (Ryals
et al., 1994). À ce propos, certains auteurs assimilent la SAR et l’ISR à une immunisa-
tion (ou vaccination), ce qui a été réfuté par d’autres auteurs mais qui pourrait prendre
toute sa signification grâce à des résultats de recherche montrant la mise en place par
la plante de processus cellulaires comparables à ceux mis en jeu dans les réactions
immunitaires des mammifères, dont l’être humain.
La différence majeure entre les deux types de réactions réside dans la reconnaissance
précoce de l’agresseur qui permet la mise en place rapide et efficace des réactions de
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