
La comptabilité nationale est la représentation globale, simplifiée et chiffrée de toute
l'activité économique d'un pays pendant une période donnée. Née à la suite de la crise de 1929
et de la Seconde Guerre mondiale, elle se construit à partir d'agrégats consolidant les données
des agents économiques, classés en cinq grandes catégories appelées « secteurs institutionnels
» : les ménages, les entreprises non financières, les entreprises financières, les administrations
publiques (APU), et les institutions sans but lucratif et le reste du monde.
Les systèmes de comptabilité nationale. Un SCN a été mis en place au niveau mondial
par l'ONU, le FMI, l'OCDE, la Banque mondiale et Eurostat pour harmoniser les règles
comptables macroéconomiques (SCN 1953, 1968, 1993, 2008). Le système européen des
comptes (SEC) en est la déclinaison européenne (SEC 1970, 95, 2010 actuellement). Ce cadre
repose sur l'exigence de comparabilité des systèmes économiques et de finances publiques.
Définition du secteur APU. Selon le SEC 2010, le secteur des administrations publiques
comprend toutes les unités institutionnelles qui sont des producteurs non marchands dont la
production est destinée à la consommation individuelle et collective, et dont les ressources
proviennent de contributions obligatoires versées par des unités appartenant aux autres
secteurs, ainsi que les unités institutionnelles dont l'activité principale consiste à effectuer des
opérations de redistribution du revenu et de la richesse nationale.
En France, le secteur APU comprend trois sous-secteurs (article 1er du décret GBCP).
Les APUC (administrations publiques centrales) regroupent l'État et les organismes divers
d'administration centrale (ODAC) : EPN, GIP de l'État, API. Les APUL (administrations
publiques locales) comprennent les collectivités territoriales, les groupements de communes à
fiscalité propre (les EPIC) et les organismes divers d'administration locale (ODAL) : EPL, GIP
des CT. Les ASSO (administrations de sécurité sociale) regroupent les régimes d'assurance
sociale obligatoires (sécurité sociale, assurance chômage, CADES, Fonds de réserve des
retraites) et les organismes dépendant des assurances sociales (ODASS, dont les hôpitaux).
Section 3 : Les sources du droit des finances publiques
Les règles relatives aux finances publiques se trouvent dans diverses sources juridiques
qui forment une hiérarchie des normes. Au sommet, la Constitution (articles 13 et 14 DDHC
sur l'impôt, articles 34 et 40 sur le domaine de la loi et la recevabilité financière, articles 47,
47-1 et 47-2 sur les lois de finances, les lois de financement de la Sécurité sociale et la Cour
des comptes). Viennent ensuite les traités, surtout européens, et leurs actes dérivés.
Au plan législatif, on distingue les lois organiques (LOLF de 2001, LOLFSS de 2005),
les lois ordinaires (lois de finances et lois de financement de la Sécurité sociale annuelles ; lois
de programmation pluriannuelles) et le pouvoir réglementaire (décret GBCP n° 2012-1246 du
7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, parties réglementaires
du CGCT, du CSP, du CASF, du CG3P, du CCP, du Code des douanes, du CGFP, etc.). Y
figurent aussi les arrêtés ministériels (instructions budgétaires et comptables — IBC — pour
les CT, les établissements de santé et médico-sociaux, conformément à l'article 54 GBCP), les
délibérations des organes délibérants des collectivités, et du « droit mou » (circulaires, guides).