Prise en charge des bursites septiques : diagnostic et traitement

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G Model
Revue
du
rhumatisme
xxx
(2018)
xxx–xxx
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Mise
au
point
Prise
en
charge
des
bursites
septiques
Christian
Lormeaua,,
Grégoire
Cormierb,
Johanna
Sigauxc,d,e,
Cédric
Arvieuxf,g,
Luca
Semeranoc,d,e
aService
de
rhumatologie,
centre
hospitalier
de
Niort,
40,
avenue
Charles
de
Gaulle,
79021
Niort,
France
bService
de
rhumatologie,
centre
hospitalier
départemental
Vendée,
boulevard
Stéphane-Moreau,
85928
La
Roche-sur-Yon,
France
cInserm
UMR
1125,
1,
rue
de
Chablis,
93017
Bobigny,
France
dUniversité
Paris
13,
Sorbonne
Paris
cité,
1,
rue
de
Chablis,
93017
Bobigny,
France
eService
de
rhumatologie,
groupe
hospitalier
Avicenne
Jean-Verdier-René-Muret,
Assistance
publique–Hôpitaux
de
Paris
(AP–HP),
125,
rue
de
Stalingrad,
93017
Bobigny,
France
fClinique
des
maladies
infectieuses,
CHU
de
Rennes-Pontchaillou,
rue
Henri-Le-Guilloux,
35043
Rennes,
France
gCentre
de
référence
en
infections
ostéoarticulaires
complexes
du
Grand
Ouest
(CRIOGO),
CHU
de
Rennes,
35043
Rennes
cedex,
France
i
n
f
o
a
r
t
i
c
l
e
Historique
de
l’article
:
Accepté
le
9
septembre
2018
Disponible
sur
Internet
le
xxx
Mots
clés
:
Bursite
Infection
Antibiothérapie
Échographie
Bursectomie
r
é
s
u
m
é
Les
bursites
septiques
superficielles,
notamment
olécraniennes
et
patellaires,
sont
des
pathologies
fréquentes,
mais
dont
l’incidence
n’est
pas
parfaitement
connue.
Le
diagnostic
clinique
de
bursite
super-
ficielle
est
simple,
mais
confirmer
l’origine
septique
impose
le
plus
souvent
une
ponction
afin
d’analyser
le
liquide
bursal.
L’échographie
facilite
le
diagnostic
et
permet
de
guider
le
geste
de
ponction.
Le
prin-
cipal
germe
responsable
des
bursites
septiques
superficielles
est
Staphylococcus
aureus,
en
cause
dans
près
de
80
%
des
cas.
Les
bursites
septiques
profondes
sont
rares
et
source
de
retard
diagnostique.
La
prise
en
charge
des
bursites
septiques
est
hétérogène.
Les
disparités
de
traitement
selon
les
centres
sont
fréquentes,
en
particulier
lors
du
recours
à
la
chirurgie.
Des
études
contrôlées
sont
nécessaires
afin
d’établir
des
recommandations
pour
homogénéiser
les
protocoles
de
traitement
antibiotique
et
préciser
les
indications
de
la
chirurgie.
©
2018
Soci´
et´
e
Franc¸
aise
de
Rhumatologie.
Publi´
e
par
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Masson
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r´
eserv´
es.
1.
Introduction
Les
bursites
sont
un
motif
fréquent
de
recours
aux
soins,
notamment
aux
urgences.
Les
bourses
olécraniennes
et
patellaires,
superficielles
et
exposées,
sont
les
plus
fréquemment
atteintes
[1].
Environ
un
tiers
des
bursites
olécraniennes
et
patellaires
sont
d’origine
septique
[2].
L’incidence
des
bursites
olécraniennes
et
patellaires
est
estimée
à
0,1
pour
1000
habitants
par
an
[2].
Les
bursites
septiques
olécraniennes
et
patellaires
représentent
quant
à
elles
entre
0,01
%
et
0,1
%
des
motifs
d’hospitalisations
[1].
Cepen-
dant,
ces
chiffres
sous-estiment
probablement
la
fréquence
réelle
des
bursites
septiques,
car
seules
les
formes
les
plus
séères
néces-
sitent
une
hospitalisation
[1,3].
La
prise
en
charge
des
bursites
septiques
est
très
hétéro-
gène
en
raison
de
l’absence
de
recommandations
concernant
DOI
de
l’article
original
:
https://doi.org/10.1016/j.jbspin.2018.10.006.
Ne
pas
utiliser,
pour
citation,
la
référence
franc¸
aise
de
cet
article,
mais
la
réfé-
rence
anglaise
de
Joint
Bone
Spine
avec
le
DOI
ci-dessus.
Auteur
correspondant.
Adresse
e-mail
:
(C.
Lormeau).
l’antibiothérapie
et
le
traitement
chirurgical.
Après
un
rappel
ana-
tomique,
clinique
et
bactériologique,
cette
revue
de
la
littérature
précisera
les
données
actuelles
sur
le
traitement
médical
et
chirur-
gical
des
bursites
septiques
superficielles.
1.1.
Facteurs
de
risque
Dans
80
%
des
cas,
les
bursites
surviennent
chez
des
hommes,
âgés
de
40
à
60
ans
[3].
Cette
prédominance
masculine
est
expli-
quée
par
les
traumatismes
ou
les
microtraumatismes
répétés
qui
peuvent
survenir
lors
d’un
travail
manuel
ou
des
loisirs
[4].
Une
étude
a
ainsi
mis
en
évidence
une
augmentation
de
l’incidence
des
bursites
septiques
olécraniennes
durant
l’été
en
raison
des
activités
extérieures
[4].
La
contamination
des
bourses
superficielles
se
fait
habituellement
par
voie
percutanée
:
inoculation
directe
lors
d’un
traumatisme,
voire
d’une
ponction/infiltration
ou
propagation
à
partir
d’une
infection
cutanée
[5].
L’infection
par
voie
hématogène
des
bourses
superficielles
reste
exceptionnelle
du
fait
de
leur
faible
vascularisation
[3,6].
Les
bursites
septiques
profondes
sont
beaucoup
plus
rares,
trompeuses
et
source
de
retard
diagnostique
[5,6].
Des
bursites
ischiatiques
septiques
ont
été
rapportées
chez
des
patients
blessés
médullaires
ou
lors
d’activités
qui
augmentent
https://doi.org/10.1016/j.rhum.2018.09.010
1169-8330/©
2018
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aise
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No.
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G Model
2
C.
Lormeau
et
al.
/
Revue
du
rhumatisme
xxx
(2018)
xxx–xxx
la
pression
locale
comme
le
tissage
[5,7].
La
contamination
des
bourses
profondes
peut
également
être
iatrogène,
après
injection
de
corticoïdes
dans
les
bourses
sous-acromio-deltoïdiennes
ou
trochantériennes
[8,9].
En
l’absence
de
cause
évidente,
l’infection
d’une
bourse
profonde
doit
être
considérée
comme
d’origine
hématogène
ou
secondaire
à
la
propagation
d’un
site
septique
de
contiguïté
comme
une
arthrite,
une
ostéomyélite
ou
une
infection
des
parties
molles
[6].
Des
facteurs
généraux
peuvent
augmenter
le
risque
d’infection
des
bourses
séreuses
:
le
diabète,
l’alcoolisme
chronique,
la
corticothérapie
ou
la
polyarthrite
rhumatoïde
[3,10].
Le
pourcentage
de
patients
ayant
au
moins
une
comorbidité
varie,
dans
la
littérature,
de
33
à
74
%
[2,3].
Une
association
entre
bursites
septiques
et
inhibiteurs
de
protéases
prescrits
dans
le
traitement
de
l’hépatite
C
a
été
suggérée
[11].
Enfin,
plusieurs
cas
de
bursites
septiques
chez
des
patients
infectés
par
le
VIH
ont
été
rapportés,
mais
l’augmentation
du
risque
d’infection
des
bourses
séreuses
dans
cette
population
n’est
pas
démontrée
[5,12].
1.2.
Rappels
anatomiques
Les
bourses
séreuses
sont
des
cavités
extra-articulaires
qui
per-
mettent
de
diminuer
les
frottements
entre
les
tissus
mous
et
un
relief
osseux
[13].
Elles
sont
constituées
de
tissu
conjonctif
et
tapis-
sées
de
cellules
synoviales
[13].
On
distingue
les
bourses
séreuses
superficielles
(olécraniennes,
pré-
ou
infrapatellaires.
.
.)
et
pro-
fondes
(ischiatiques,
sous-acromiales,
rétro-calcanéennes.
.
.).
Les
bourses
superficielles
apparaissent
après
la
naissance
(entre
l’âge
de
7
à
10
ans,
par
exemple,
pour
la
bourse
olécranienne)
et
sont
inconstantes
[14,15].
Il
existe
également
des
bourses
adventicielles,
qui
résultent
de
frottements
excessifs
des
tissus
mous
sur
l’os
et
sont
dépourvues
de
paroi
synoviale
[15].
Un
exemple
classique
de
bourse
adventicielle
est
la
bourse
satellite
d’un
hallux
valgus.
Le
nombre
de
bourses
séreuses
de
l’organisme
est
important,
estimé
à
plus
de
150,
mais
il
est
variable
en
raison
de
la
formation
éventuelle
de
bourses
adventicielles
et
du
caractère
inconstant
de
certaines
bourses
superficielles
[1,16].
L’appareil
extenseur
du
genou
comporte
trois
bourses
séreuses
:
la
bourse
prépatellaire
et
les
bourses
infrapatellaires
superficielles
et
profondes
(Fig.
1).
La
bourse
infrapatellaire
superficielle
est
inconstante,
observée
chez
55
%
des
sujets
dans
une
étude
[17].
Lorsqu’elle
est
présente,
elle
se
situe
en
superficie
du
tiers
dis-
tal
du
tendon
patellaire,
et
peut
parfois
communiquer
avec
la
bourse
prépatellaire
[17,18].
Certaines
bourses
séreuses
peuvent
communiquer
avec
l’articulation
adjacente,
comme
la
bourse
de
l’ilio-psoas,
la
bourse
commune
du
gastrocnémien
médial
et
du
semi-membraneux
[15].
La
distension
de
celle-ci
correspond
au
kyste
poplité
(ou
de
Baker).
Une
communication
entre
la
bourse
infrapatellaire
profonde
et
le
genou
ne
fait
pas
consensus
[15,18].
1.3.
Diagnostic
clinique
Les
signes
fonctionnels
d’une
bursite
septique
superficielle
sont
une
douleur
et
une
gêne
fonctionnelle
dont
l’intensité
peut
être
variable
[16].
L’examen
physique
retrouve
une
tuméfaction
de
la
bourse,
une
augmentation
de
la
chaleur
locale
et
un
érythème
cutané
;
mais
cet
aspect
n’est
pas
caractéristique
d’une
cause
sep-
tique
[2,3].
Dans
le
cas
des
bursites
profondes,
l’examen
physique
est
encore
moins
spécifique
et
dépend
de
la
localisation
[16].
La
fièvre
est
en
faveur
d’une
cause
septique,
mais
elle
est
inconstante,
présente
dans
20
à
77
%
des
cas
[3].
Il
peut
être
difficile
de
faire
cliniquement
la
différence
entre
une
bursite
septique
et
une
bursite
microcristalline,
rhumatismale
ou
post-traumatique
[2].
L’épanchement
bursal,
l’érythème
cutané
et
la
douleur
ne
sont
pas
suffisamment
discriminants
[1].
De
même,
la
fièvre
ou
les
dermabrasions
ne
sont
pas
assez
sensibles
et
spé-
cifiques
pour
confirmer
le
diagnostic
de
bursite
septique
[3].
Dans
une
revue
de
la
littérature
portant
sur
55
publications,
Baumbach
et
al.
concluent
que
la
cause
de
la
bursite
ne
peut
être
détermi-
née
avec
certitude
par
l’examen
clinique
[2].
Le
risque
de
confusion
est
encore
plus
grand
lorsqu’il
s’agit
d’une
rare
bursite
fongique
qui
peut
mimer
une
pathologie
mécanique
et
dont
l’évolution
peut
être
chronique.
Une
revue
de
la
littérature
ayant
pour
sujet
les
bursites
à
candida
montre
que
6
des
10
cas
rapportés
évoluaient
depuis
4
à
18
mois
;
parmi
ces
10
patients,
4
n’étaient
pas
immunodéprimés
[19].
Le
manque
de
spécificité
de
l’examen
clinique
impose,
pour
la
plupart
des
auteurs,
de
réaliser
une
ponction
afin
d’analyser
le
liquide
bursal
et
de
confirmer
l’infection
[1,2,5].
Certaines
équipes
conseillent
de
traiter
les
formes
douteuses
de
bursites
comme
des
bursites
septiques
jusqu’aux
résultats
bactériologiques
[5].
Cepen-
dant,
dans
les
bursites
septiques
de
formes
peu
sévères,
l’intérêt
d’une
ponction
systématique
n’est
pas
consensuel
[20].
En
effet,
l’antibiothérapie
probabiliste
est
efficace
dans
la
grande
majorité
des
cas
et
la
mise
en
évidence
du
germe
ne
semble
pas
modifier
le
traitement
antibiotique
ni
l’évolution
clinique
[21].
La
ponc-
tion
et
l’analyse
du
liquide
bursal
ne
sont
donc
pas
effectuées
par
tous
les
auteurs.
Ainsi,
dans
une
étude
rétrospective
sur
118
cas
de
bursites
septiques
olécraniennes
traitées
en
ambulatoire,
une
ponction
exploratrice
n’a
été
réalisée
que
dans
38
%
des
cas
[4].
Cette
approche
a
été
critiquée
en
raison
du
risque
d’erreur
de
diagnos-
tic
et
de
traitement
antibiotique
non
justifié
[3].
La
ponction
d’une
bourse
séreuse
est
un
geste
qui
doit
être
parfaitement
maîtrisé
par
l’opérateur,
car
une
ponction
trop
profonde
pourrait
se
compliquer
d’une
arthrite
septique
[16].
Certains
proposent
de
renouveler
les
ponctions
jusqu’à
négativation
des
cultures
du
liquide
bursal
ou
assèchement
de
la
bourse
[2,6].
La
confusion
entre
une
bursite
septique
et
une
arthrite
sep-
tique
n’est
pas
exceptionnelle.
Un
examen
clinique
attentif
permet
habituellement
de
distinguer
les
deux
pathologies
:
au
cours
d’une
bursite,
les
mouvements
passifs
de
l’articulation
sous-jacente
sont
possibles
alors
que
dans
une
arthrite
septique,
l’impotence
fonc-
tionnelle
est
majeure
et
il
existe
un
épanchement
intra-articulaire
[22].
Le
principal
diagnostic
différentiel
de
la
bursite
septique
est
l’érysipèle,
mais
celui-ci
ne
s’accompagne
pas
d’épanchement
bur-
sal
[20].
Les
deux
pathologies
peuvent
être
associées
;
une
bursite
septique
peut
se
compliquer
d’un
érysipèle
et
l’inverse
est
aussi
possible
[22–24].
2.
Microbiologie
Environ
80
%
des
bursites
septiques
sont
dues
à
Staphylococcus
aureus
[4,5,25–27].
En
Europe,
il
s’agit
dans
la
très
grande
majo-
rité
des
cas
de
staphylocoques
sensibles
à
la
méticilline.
Une
étude
suisse
sur
343
cas
de
bursites
septiques
(olécraniennes
et
patel-
laires)
confirme
que
Staphylococcus
aureus
est
le
germe
le
plus
souvent
en
cause
(retrouvé
chez
217
patients)
;
seuls
3
cas
étaient
dus
à
un
staphylocoque
doré
résistant
à
la
méticilline
(SARM)
[28].
Aux
États-Unis,
les
bursites
septiques
à
SARM
sont
plus
fré-
quentes
[3].
Une
équipe
de
Boston
confirme
ces
données
dans
un
travail
récent
portant
sur
44
bursites
septiques
;
un
staphy-
locoque
était
retrouvé
chez
39
patients
et
dans
7
cas
il
s’agissait
d’un
SARM
[27].
Deux
observations
de
bursites
septiques
sous-
acromiales
à
SARM
ont
été
publiées
en
2015
au
Royaume-Uni,
mais
après
injections
locales
de
corticoïdes
[8].
Les
streptocoques
sont
ensuite
les
germes
les
plus
fréquemment
en
cause
[3,5,28].
Plus
rarement,
il
peut
s’agir
de
staphylocoques
à
coagulase
négative,
d’entérocoques,
d’Escherichia
coli,
de
Pseudomonas
aeruginosa,
de
germes
anaérobies
[5,20,25].
Des
infections
polymicrobiennes
sont
possibles
dans
environ
10
%
des
cas
[5].
Les
mycobactéries
atypiques
sont
rarement
responsables
d’infections
des
bourses
séreuses.
Le
plus
souvent,
l’infection
survient
en
cas
d’immunodépression,
mais
ARTICLE IN PRESS
G Model
C.
Lormeau
et
al.
/
Revue
du
rhumatisme
xxx
(2018)
xxx–xxx
3
Fig.
1.
Bourses
séreuses
antérieures
et
médiales
du
genou.
plusieurs
observations
ont
été
rapportées
chez
des
sujets
immu-
nocompétents
[29].
Les
bursites
trochantériennes
tuberculeuses
sont
classiques,
mais
rares
et
représentent
moins
de
2
%
des
atteintes
ostéoarticulaires
de
la
tuberculose
[30].
La
présentation
clinique
est
souvent
trompeuse
et
l’évolution
insidieuse,
ce
qui
peut
entraîner
un
retard
de
diagnostic.
Bien
que
l’incidence
de
la
tuberculose
diminue
lentement
dans
le
monde,
des
observations
de
bursites
trochantériennes
tuberculeuses
sont
encore
réguliè-
rement
publiées
[30].
De
fac¸
on
anecdotique,
des
infections
des
bourses
séreuses
à
Brucella,
à
Propionibacterium
acnes,
à
Prototheca,
à
Roussoella
percutanea
et
des
bursites
syphilitiques
ont
été
rappor-
tées
[31–35].
3.
Bilan
diagnostique
Lors
de
la
prise
en
charge
d’une
bursite
septique
superficielle,
des
radiographies
standard
de
l’articulation
adjacente
dans
les
deux
plans
sont
conseillées
[2,3,36,37].
Certains
auteurs
considèrent
que
les
radiographies
ne
doivent
pas
être
systématiques
s’il
s’agit
une
bursite
superficielle
évidente,
sauf
en
cas
de
suspicion
de
corps
étranger
ou
lors
d’un
traumatisme
[38].
Les
radiographies
mettent
en
évidence
un
épaississement
des
tissus
mous
et
un
effacement
des
plans
graisseux
[36].
Elles
permettent
de
déceler
un
corps
étranger,
des
anomalies
de
la
corticale
osseuse
comme
des
enthéso-
phytes,
fréquemment
constatés
lors
de
bursites
olécraniennes
[3].
Plus
rarement,
des
bulles
gazeuses
peuvent
être
observées
sur
les
radiographies
lors
d’infections
à
germes
producteurs
de
gaz
[37].
L’échographie
présente
plusieurs
avantages
pour
le
diagnos-
tic
et
la
prise
en
charge
des
bursites
septiques
[2,36,37,39,40].
Cet
examen
confirme
la
tuméfaction
de
la
bourse,
la
présence
Fig.
2.
Échographie
d’une
bursite
septique
prépatellaire
en
coupe
longitudinale.
L’épanchement
bursal
est
anéchogène
(astérisque)
;
il
est
associé
à
une
hypertrophie
synoviale
(tête
de
flèche).
d’un
épanchement,
d’un
œdème
péri-bursal,
d’un
épaississement
pariétal
ou
d’une
inflammation
des
parties
molles
(Fig.
2)
[37].
L’échographie
peut
également
révéler
l’existence
d’un
corps
étran-
ger
et
permet
de
rechercher
des
éléments
associés
utiles
au
diagnostic
différentiel
:
présence
d’un
tophus,
d’un
nodule
rhu-
matoïde
ou
de
calcifications
[40].
L’épanchement
d’une
bursite
septique
peut
être
épais
et
échogène
et
parfois
confondu
avec
une
hypertrophie
synoviale
de
la
bourse
[37].
Le
caractère
compres-
sible
et
mobilisable
de
l’image,
l’absence
d’hyperhémie
au
doppler
puissance
plaident
en
faveur
d’un
épanchement
[15].
En
revanche,
l’échographie
ne
permet
pas
de
distinguer
une
bursite
septique
d’une
bursite
microcristalline,
rhumatismale
ou
post-traumatique
chronique
[37,41].
Le
rare
aspect
de
bursite
en
«
grains
de
riz
»,
lié
à
des
petites
formations
échogènes
disséminées
au
sein
de
la
ARTICLE IN PRESS
G Model
4
C.
Lormeau
et
al.
/
Revue
du
rhumatisme
xxx
(2018)
xxx–xxx
Fig.
3.
Ponction
d’une
bursite
septique
prépatellaire,
par
voie
longitudinale,
dans
l’axe
de
la
sonde.
L’aiguille
(tête
de
flèche)
est
au
sein
de
l’épanchement
bursal
(astérisque).
bourse,
est
évocateur
d’une
bursite
tuberculeuse,
mais
n’est
pas
spécifique
;
il
peut
également
être
observé
au
cours
de
la
poly-
arthrite
rhumatoïde
[37,39,41].
Les
bulles
de
gaz
peuvent
être
visualisées
en
échographie
et
ont
un
aspect
de
foyers
échogènes
[39].
L’échographie
permet
de
faciliter
la
ponction
du
liquide
bur-
sal,
soit
après
écho-repérage,
soit
lors
d’un
écho-guidage
(Fig.
3)
[36,42].
L’imagerie
par
résonance
magnétique
(IRM)
est
rarement
indi-
quée
dans
le
diagnostic
des
bursites
septiques
superficielles,
mais
peut
être
utile
dans
certaines
formes
sévères
à
la
recherche
d’un
abcès,
voire
d’une
ostéite
[43].
Cependant,
l’IRM
n’est
pas
plus
performante
que
l’échographie
pour
différencier
une
bursite
infec-
tieuse
d’une
bursite
aseptique
[37,39,43].
La
présence
de
bulles
gazeuses,
vides
de
signal
sur
toutes
les
séquences
IRM,
est
en
faveur
d’une
origine
septique
[39].
Dans
le
cas
de
bursites
profondes,
le
scanner
et/ou
l’IRM
sont
justifiés
pour
confirmer
la
présence
d’un
épanchement
bursal,
d’un
éventuel
abcès
ou
d’une
atteinte
osseuse
ou
articulaire
associée
(Fig.
4)
[44].
L’aspect
macroscopique
du
liquide
bursal
oriente
le
diagnostic
étiologique.
Un
liquide
citrin
ou
hémorragique
est
en
faveur
d’une
bursite
aseptique,
un
liquide
puriforme
évoque
une
cause
septique
[2].
La
cellularité
du
liquide
bursal
est
généralement
plus
élevée
lors
d’une
infection,
mais
il
n’existe
pas
de
valeur
seuil
consen-
suelle
permettant
de
distinguer
avec
certitude
les
deux
étiologies.
Une
revue
de
la
littérature
sur
les
bursites
olécraniennes
a
mon-
tré
que
les
taux
de
globules
blancs
du
liquide
bursal
sont
compris
entre
690
à
418
000/mm3dans
les
bursites
septiques
et
entre
50
à
10
000/mm3dans
les
bursites
aseptiques
[3].
Un
travail
portant
sur
36
bursites
(olécraniennes
et
patellaires)
conclut
que
la
valeur
seuil
de
2000
leucocytes/mm3aurait
une
sensibilité
et
une
spéci-
ficité
respectivement
de
94
et
79
%
pour
le
diagnostic
de
bursite
septique
;
mais
l’intervalle
de
confiance
est
large
[45].
Lorsque
des
cristaux
d’urate
de
sodium
sont
visibles
dans
le
liquide
bursal,
la
mise
en
culture
reste
nécessaire,
car
une
crise
de
goutte
peut
survenir
de
fac¸
on
simultanée
à
une
infection
bactérienne
[5,40,46].
De
ce
fait,
il
est
conseillé
de
poursuivre
l’antibiothérapie
jusqu’au
résultat
des
cultures
du
liquide
de
ponc-
tion
[20].
Les
bursites
à
cristaux
de
pyrophosphate
de
calcium
sont
très
rares
et
à
notre
connaissance
aucun
cas
d’infection
bactérienne
concomitante
n’a
été
rapportée
[47].
La
rentabilité
des
hémocultures
est
faible
;
une
bactériémie
étant
relativement
rare
dans
les
bursites
septiques
superficielles.
Selon
les
études,
les
hémocultures
sont
positives
dans
4
à
30
%
des
cas
[6,28,48].
Les
résultats
de
l’examen
direct
du
liquide
bur-
sal
par
la
coloration
de
Gram
sont
encore
plus
variables
;
positifs
dans
15
à
100
%
des
cas
selon
les
travaux
[10,44].
Lorsque
les
études
concernent
les
bursites
septiques
olécraniennes,
l’examen
direct
est
positif
dans
la
moitié
à
deux
tiers
des
cas
[3,5].
Les
cultures
du
liquide
de
bursites
septiques
permettent
d’identifier
la
bactérie
causale
dans
67
%
à
100
%
des
cas
[6,25,28,45,49,50].
L’ensemencement
du
liquide
de
ponction
dans
des
flacons
d’hémocultures
pourrait
augmenter
la
rentabilité
des
cultures.
Ainsi
dans
la
petite
série
de
Stell
et
al.
(17
bursites
septiques)
cette
technique
permettait
d’identifier
le
germe
dans
100
%
des
cas
[45].
4.
Antibiothérapie
Il
n’existe
pas
de
recommandations
des
sociétés
savantes
concernant
le
traitement
des
bursites
septiques.
Une
étude
suisse,
publiée
en
2013,
qui
a
consisté
à
adresser
à
des
infectiologues
et
des
chirurgiens
un
questionnaire
sur
cette
pathologie
a
montré
qu’il
existe
une
grande
hétérogénéité
de
prises
en
charge
[51].
Devant
une
suspicion
de
bursite
infectieuse,
une
antibiothé-
rapie
probabiliste,
active
sur
le
staphylocoque
et
le
streptocoque,
est
conseillée,
idéalement
après
ponction
de
la
bourse
[2,3,49].
L’administration
rapide
de
l’antibiothérapie
permet
de
réduire
le
temps
nécessaire
à
la
stérilisation
du
liquide
bursal
[6,52].
Les
don-
nées
de
la
littérature
ne
sont
pas
consensuelles
concernant
la
voie
d’administration,
la
durée
et
le
choix
de
l’antibiotique.
Ho
et
Su
ont
publié
une
classification
des
bursites
septiques
(olécraniennes
et
patellaires)
selon
leur
sévérité
qui
permet
de
guider
la
prise
en
charge
et
notamment
le
traitement
antibiotique
(Tableau
1)
[52].
Cette
classification
ne
tient
pas
compte
des
comorbidités
pouvant
affecter
la
guérison
ou
la
réponse
immunitaire
comme
le
diabète
ou
la
polyarthrite
rhumatoïde.
D’autres
auteurs
ont
donc
proposé
de
la
modifier
en
augmentant
d’un
stade
en
cas
de
comorbidité
associée
[53].
En
effet,
l’antibiothérapie
prescrite
par
voie
orale
s’accompagne
d’un
taux
d’échec
plus
élevé
que
par
voie
veineuse
lorsque
le
patient
est
immunodéprimé
[10,48].
Garcia-Porrua
et
al.
ont
de
plus
montré
que
la
durée
de
l’antibiothérapie
devait
être
plus
longue
chez
les
patients
immunodéprimés
pour
obtenir
la
guérison
[6].
Le
traitement
antibiotique
est
donc
habituellement
adapté
à
la
sévérité
de
la
présentation
clinique
et
aux
comorbidités
du
patient.
Lorsqu’il
s’agit
de
bursites
septiques
légères
à
modérées
et
en
l’absence
d’immunodépression,
un
traitement
antibiotique
oral
est
proposé
[2,5,10,49].
En
cas
d’immunodépression
ou
de
signes
systémiques
d’infection,
une
hospitalisation
et
une
administration
initialement
intraveineuse
de
l’antibiotique
sont
recommandées
[1,2,5,6,10,49].
Toutefois,
le
fait
de
différencier
l’efficacité
du
traite-
ment
antibiotique
selon
son
administration
orale
ou
intraveineuse
repose
sur
des
études
déjà
anciennes
et
qui
ne
prennent
pas
en
compte
la
biodisponibilité
de
la
molécule
[54].
Ainsi,
la
clindamy-
cine,
assez
peu
prescrite
en
France
dans
cette
indication,
a
une
très
bonne
biodisponibilité
par
voie
orale
[55].
Le
choix
de
l’antibiotique
diffère
selon
les
pays
et
les
équipes.
Des
auteurs
allemands
et
autrichiens,
proposent
de
fac¸
on
pro-
babiliste
une
pénicilline
résistante
aux
pénicillinases
ou
une
céphalosporine
de
première
génération
[2].
Dans
une
étude
pros-
pective
suisse
récente,
ayant
inclus
164
patients
hospitalisés
pour
bursite
septique,
les
antibiotiques
les
plus
fréquemment
prescrits
étaient
par
ordre
décroissant
:
l’amoxicilline/acide
clavulanique,
suivis
par
la
cefuroxime
puis
la
clindamycine
[56].
Un
travail
rétros-
pectif
espagnol
sur
82
cas,
dont
25
ont
rec¸
u
de
la
cloxacilline
en
monothérapie,
a
démontré
l’efficacité
du
traitement
des
formes
sévères
de
bursites
septiques
avec
cet
antibiotique
à
la
posolo-
gie
de
2
grammes
toutes
les
4
heures
en
intraveineux
jusqu’à
l’amélioration
puis
1
gramme
toutes
les
6
heures
par
voie
orale
jusqu’à
la
guérison
[49].
Le
guide
américain
Sanford,
qui
fait
réfé-
rence
en
matière
de
traitement
des
maladies
infectieuses,
propose
une
pénicilline
M
ou
la
cefazoline
en
cas
de
staphylocoque
sensible
à
la
méticilline
[57].
ARTICLE IN PRESS
G Model
C.
Lormeau
et
al.
/
Revue
du
rhumatisme
xxx
(2018)
xxx–xxx
5
Fig.
4.
Bursite
trochantérienne
tuberculeuse
en
scanner
avec
ostéite
(astérisque)
et
fistule
cutanée
(tête
de
flèche).
Tableau
1
Classification
des
bursites
septiques
selon
leur
sévérité
(adapté
de
Ho
et
Su
[52]).
Type
de
bursite
septique Traitement
Sévère
Infection
étendue
avec
érysipèle
intense
ou
plaie
infectée
Hospitalisation
et
antibiothérapie
par
voie
veineuse
Signes
systémiques
:
fièvre,
frissons,
hyperleucocytose
>
10
000/mm3
Modérée
Inflammation
locale
modérément
sévère,
avec
ou
sans
plaie
cutanée
mineure
et
signes
systémiques
Antibiothérapie
orale
et
suivi
en
externe
Légère
Inflammation
locale
légère
à
modérée,
habituellement
sans
lésion
cutanée
ou
signes
systémiques
Antibiothérapie
orale
et
suivi
en
externe
La
durée
de
l’antibiothérapie
est,
elle
aussi,
variable
dans
la
lit-
térature.
Un
traitement
de
12
jours
a
été
proposé
par
Ho
et
al.
[46].
Cette
équipe
a
montré
que
le
traitement
antibiotique
permettait
de
stériliser
le
liquide
bursal
en
4
jours
en
moyenne
et
que
tous
les
patients
étaient
guéris
lorsque
le
traitement
était
poursuivi
5
jours
supplémentaires
après
la
négativation
des
cultures
[52].
La
plu-
part
des
auteurs
adaptent
la
durée
de
l’antibiothérapie
à
l’évolution
de
la
bursite
et
proposent
une
durée
moyenne
de
2
à
3
semaines.
Dans
les
bursites
septiques
légères
à
modérées,
une
antibiothérapie
orale
de
2
semaines
est
proposée
[2,5,10,49].
Lorsqu’il
s’agit
d’une
forme
sévère
ou
d’un
patient
immunodéprimé,
une
hospitalisation
est
recommandée
et
les
antibiotiques
sont
administrés
par
voie
vei-
neuse
pendant
4
à
10
jours,
suivis
d’une
antibiothérapie
orale
pour
une
durée
moyenne
de
2
semaines
[1,2,4–6,10,49].
Il
n’existe
pas
de
consensus
concernant
la
durée
de
l’antibiothérapie
prescrite
après
traitement
chirurgical
d’une
bursite
septique.
Certains
auteurs
considèrent
que
beaucoup
de
cliniciens
prescrivent
une
antibiothérapie
plus
longue
que
nécessaire
dans
cette
situation
[28,49,51,56].
Ainsi,
dans
une
étude
rétrospective
sur
343
bursites
septiques
olécraniennes
et
patellaires,
dont
91
%
ont
été
traitées
chirurgicalement,
les
auteurs
concluent
qu’un
traitement
antibiotique
de
7
jours
est
aussi
efficace
qu’un
traitement
de
14
ou
21
jours
[28].
Il
s’agit
dans
ce
travail
de
formes
sévères
de
bursites
qui
avaient
été
hospitalisées,
mais
les
patients
n’étaient
pas
immunodéprimés.
La
même
équipe
a
publié
une
étude
prospective
randomisée,
précédemment
citée,
qui
a
inclus
164
bursites
septiques
traitées
par
bursectomie
confirmant
qu’un
traitement
antibiotique
de
7
jours
est
efficace
[56].
Une
antibiothérapie
de
7
jours
après
traitement
chirurgical
d’une
bursite
septique
serait
donc
suffisante
en
l’absence
d’immunodépression
[2].
Réduire
la
durée
des
trai-
tements
antibiotiques,
lorsque
c’est
possible,
est
en
effet
un
des
moyens
de
lutte
contre
l’antibiorésistance
[58].
5.
Traitement
chirurgical
La
place
du
traitement
chirurgical
des
bursites
septiques
n’est
pas
clairement
codifiée.
La
chirurgie
est
le
plus
souvent
proposée
en
deuxième
intention
devant
une
bursite
réfractaire
ou
récidi-
vante
[2,4,5,22].
Pourtant,
l’enquête
réalisée
en
Suisse
a
montré
que
85
%
des
infectiologues
et
des
chirurgiens
privilégiaient
un
traitement
chirurgical
d’emblée
devant
une
bursite
septique
olé-
cranienne
ou
prépatellaire
[51].
La
chirurgie
est
parfois
conseillée
en
première
intention
par
certains
auteurs
en
cas
de
signes
sévères
d’infection,
de
complications
cutanées,
de
corps
étrangers,
d’immunodépression
ou
lorsque
le
drainage
à
l’aiguille
n’est
pas
possible
[2,6,49,53].
Les
résultats
du
traitement
chirurgical
varient
selon
les
études.
Dans
l’étude
suisse,
déjà
citée,
portant
sur
164
bursites
septiques
modérées
à
sévères
(130
olécraniennes
et
34
prépatellaires)
le
taux
d’échec
de
la
bursectomie
réalisée
d’emblée
était
de
13
%
[56].
Une
revue
de
la
littérature
sur
les
bursites
olécraniennes
et
patellaires
retrouve
un
taux
d’échec
de
20
%
dans
les
suites
d’une
bursectomie
contre
0
à
14
%
en
cas
de
traitement
médical
[2].
Par
ailleurs,
ce
travail
montre
que
la
chirurgie
entraîne
davantage
de
complications.
Une
revue
systématique
portant
sur
29
études
de
bursites
olécraniennes
(dont
15
septiques)
suggère
également
une
moindre
efficacité
du
traitement
chirurgical
et
un
plus
grand
nombre
de
complications
[26].
Ces
deux
publications
s’appuient
sur
des
études
de
faible
puissance,
mais
plaident
pour
une
prise
en
charge
médicale
en
première
intention.
La
technique
chirurgicale
la
plus
classique
est
l’incision-
drainage,
mais
certains
chirurgiens
réalisent
une
bursectomie
[3,5].
Les
principales
complications
de
la
chirurgie
sont
le
retard
de
cicatrisation,
les
douleurs
cicatricielles,
l’hypoesthésie
locale
et
les
récidives
[2].
Des
symptômes
postopératoires
(douleurs,
limitation
d’amplitude
du
genou,
perte
de
force
au
membre
supérieur)
ont
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