« Le bon sens est une folie dont on fait bon usage. »
- George Santayana
On devient humain en s’appropriant pleinement toutes les dimensions de son être : son corps,
son soule, son cœur, ses blessures, ses joies, sa créativité, son imagination et son intelligence
— autant d’aspects de soi-même qu’on a le courage d'explorer et d'embrasser. On ne doit pas
appréhender la vie au point de choisir le réconfort des illusions ou de se bloquer dans la peur, la
répression ou le déni.
Il faut mobiliser son cœur et sa sagesse pour apprivoiser les nuances de son être. Pourquoi
marginaliser quoi que ce soit, intérieurement ou extérieurement ? Evidemment, il y a des
choses plutôt laides dans ce monde. Mais pourquoi laisser cette certitude discréditer la magie
ou le mystère ? Pourquoi ne pas insister et procéder avec conviction et consciemment ?
Pourquoi ne pas être franchement innovant dans la manière d'exprimer sa bienveillance, son
militantisme, son art, tout ce qu’on fait, et ainsi transformer ce vaste monde en quelque chose
de moins aliénant et plus magique, quoi que cela puisse être ?
« On peut réinventer la désobéissance civile d’un million de façons diérentes », écrit Arundhati
Roy. « En d’autres termes, on peut trouver un million de moyens diérents de devenir hyper
chiant, collectivement. La stratégie ne devrait pas seulement être de s’opposer au pouvoir, mais
de se liguer contre lui en lui mettant la pression. En le privant d’oxygène. En lui faisant honte. En
le raillant. Avec notre art, notre musique, notre génie, notre détermination sans faille — notre
aptitude à raconter nos propres histoires. Des histoires pas comme celles avec lesquelles on
nous bourre le crâne et on nous endoctrine. »
Elle continue : « La révolution des « grandes entreprises « échouera, si on refuse d'acheter ce
qu'elle vend — leurs idées, leur version de l'histoire, leurs produits, leurs armes, leur notion
d'inévitabilité. Souvenez-vous de ceci : nous sommes nombreux et eux peu nombreux. Ils ont
plus besoin de nous que nous n'avons besoin d'eux. »
« Le premier principe de l'action non violente, c’est celui de la non-coopération avec tout ce qui
est humiliant. »
- Cesar Chavez
« Je viens de rentrer chez moi après avoir discuté avec une nouvelle amie, une autre activiste de
longue date », écrit Derrick Jensen. « Elle m’a parlé d’une campagne à laquelle elle a participé, il
y a quelques années, pour tenter d’empêcher le gouvernement et les multinationales
forestières de pulvériser de l’Agent Orange, un défoliant et agent tératogène puissant, dans les
forêts de l’Oregon. Chaque fois que les militants apprenaient qu’une colline allait être
pulvérisée, ils s’y rassemblaient, en espérant que leur présence stopperait cet
empoisonnement. Mais à chaque fois, systématiquement, des hélicoptères se pointaient, et
systématiquement, ils déversaient des tonnes d’Agent Orange sur la colline et sur les militants
qui protestaient. Cette campagne ne fut pas couronnée de succès. Mais, m’a-t-elle dit, je vais te
dire ce qui a marché. Un groupe de vétérans du Vietnam vivait dans ces collines, et ils ont
envoyé des messages au Bureau of Land Management, ainsi qu’à Weyerhaeuser, Boise Cascade