
pour parer l'Afrique de « perles » et «
d'émeraudes », lui redonnant ainsi sa dignité
face aux clichés coloniaux. Cette célébration
n'est pas qu'extérieure ; elle souligne une
symbiose profonde entre les éléments de la
nature, les astres et les esprits, illustrant la
richesse de la cosmogonie africaine. En
magnifiant son origine, Dadié transforme
l'appartenance géographique en une source de
fierté inaltérable.
II. LE REJET DE L’ALIENATION ET LA
DENONCIATION DES MODELES
IMPOSES
Défendre l'identité africaine impose
nécessairement une rupture avec les modèles
de pensée et de comportement importés
d'Occident. Bernard Dadié exprime ce refus de
l'assimilation à travers une poésie de la révolte,
notamment dans le texte emblématique « Je
n’aime pas ! ». Il y dénonce avec virulence les
attributs de l'aliénation culturelle et de la
bureaucratie coloniale, symbolisés par des
objets comme la cravate, le casque ou la
montre. Par l'usage répété de modalités
négatives et d'anaphores, le poète manifeste
son exaspération face à une civilisation qu'il
juge inhumaine et mortifère. En s'attaquant aux
« chaînes » et aux « geôles » de l'esprit, il
invite l'Africain à rejeter les « loques » de
l'imitation pour retrouver sa vérité intérieure.