
RECHERCHE EN SOINS INFIRMIERS N° 97 - JUIN 2009
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toilette, de lever et de pansement nous concluons à
une baisse plus importante de la douleur pour les
patients ayant eu un Toucher.
Parmi les 3 soins pour lesquels nous mesurions une
douleur ponctuelle, nous n’avons pas noté de diffé-
rence de douleur pour les examens invasifs et les prises
de sang. Cependant, les patients ayant eu un Toucher
ont à chaque fois exprimé une douleur moindre que
ceux qui n’en ont pas bénéficié.
Pour les poses de voies veineuses périphériques, il
existe une différence statistiquement significative entre
les patients qui n’ont pas eu de Toucher et ceux qui
en ont eu un, dans le sens où ces derniers ont ressenti
moins de douleur.
DEMANDES DE RENOUVELLE-
MENT DE LA PRATIQUE
Nous avons demandé aux patients qui avaient eu un
Toucher s’ils souhaitaient que cette pratique soit
renouvelée. Sur les 457 patients, 410 (94,3 %) ont
répondu par l’affirmative, 25 (5,7 %) par la négative et
22 patients n’ont pas répondu à cette question.
DISCUSSION
Nous avons noté une importante représentation fémi-
nine dans notre population (74,1 %) et nous l’avons
comparée à la population qui fréquente habituellement
les services qui ont participé à l’étude, qui était elle
aussi composée d’une majorité de femmes (59,8 %),
mais dans une moindre mesure.
Nous avons donc procédé à une analyse de l’impact
du Toucher sur nos critères d’évaluation, en fonction
du sexe.
Pour l’anxiété nous n’avons noté aucune différence
significative entre les hommes et les femmes, que ce
soit dans le groupe avec Toucher (p = 0,19) ou dans le
groupe sans Toucher (p = 0,22).
Il en est de même pour les douleurs évolutives où la
différence n’est pas significative entre les hommes et les
femmes, tant dans le groupe avec Toucher (p = 0,13)
que dans le groupe sans Toucher (p = 0,06).
Pour les situations d’évaluation ponctuelle de la
douleur, il n’existe pas de différence statistiquement signi-
ficative selon le sexe, tant pour le groupe avec Toucher
(p = 0,72) que pour le groupe sans Toucher (p = 0,26)
L’existence d’un potentiel biais de sélection sur le sexe,
lié à l’acceptation d’inclusion ou à la proposition du
protocole, est donc très limité dans la mesure où il ne
se répercute ni sur l’anxiété ni sur la douleur.
Nos résultats démontrent donc une amélioration signi-
ficative de l’anxiété et de la douleur apportant ainsi des
preuves supplémentaires du bienfait du toucher [5-6].
Alors que d’autres études [13] ne montraient aucune
réduction de douleur. Notre étude a été la cible d’un
large public « tout venant », alors que les précédentes
investigations ciblaient des sujets très spécifiques. Ainsi,
nous avons pu inclure une conséquente quantité de
patients, permettant de conclure sans équivoque (biais
limités, puissance statistique honorable).
Par ailleurs, nous avons constaté une meilleure influence
du Toucher dans les situations les plus douloureuses
(comme la pose de voie veineuse périphérique), alors
que nous n’avons pas noté de différence pour les prises
de sang, celles-ci ayant été le plus souvent réalisées avec
du matériel limitant la douleur (épicrânienne).
Pour la toilette, nous obtenons des résultats mitigés
(douleur à peine significative, anxiété non), ceci pouvant
s’expliquer par le caractère privilégié de ce soin où le
contact physique soignant/soigné est omniprésent
(même lorsque le Toucher n’était pas réalisé).
La durée de l’étude a été plus longue que prévue pour
de multiples raisons: carence de reconnaissance dans
la politique institutionnelle pour la prise en compte de
ce type de recherche, non priorisation de la recherche
par les soignants (absence de culture de recherche et
activité à flux tendu), manque de moyens octroyés mal-
gré le financement ministériel, turn-over des person-
nels formés au Toucher dans les soins et abandon d’un
des centres investigateurs.
CONCLUSION
L’intérêt de la méthode est prouvé dans 7 situations sur
les 8 évaluées, soit pour la douleur, soit pour l’anxiété,
soit pour les deux. Seule la situation de recherche d’un
meilleur sommeil n’a pas aboutit à une amélioration de
l’anxiété (douleur non évaluée dans cette situation).
Que ce soit pour l’anxiété et/ou la douleur, même en
l’absence de différence statistiquement significative, nous
avons toujours remarqué un effet positif du Toucher.
Cette pratique professionnelle, outil supplémentaire
dans l’arsenal du soignant, mérite donc d’être plus lar-
gement développée et reconnue dans la prise en charge
du patient. Elle participe efficacement à l’amélioration
de la qualité des soins.
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