Partie 6 – Chapitre 1 : l’organisation fonctionnelle des plantes Activité 3 : Le contrôle du développement d’une plante Activité 3.1. Lumière et développement des plantes Le mode de vie fixé des plantes les rend très sensibles aux facteurs de l’environnement et à leurs variations. Parmi ces paramètres environnementaux, la lumière a un rôle majeur en particulier pour la photosynthèse. On cherche à comprendre l’effet de la lumière sur le développement des végétaux. • A partir de l’étude des documents fournis, déterminez et proposez une explication à l’effet de la lumière sur le développement de certaines plantes. Document 1 : Croissance et lumière De nombreuses expériences ont été réalisées avec de jeunes pousses de blé. Ces dernières sont recouvertes d’un étui protecteur des feuilles, appelé coléoptile. Dans l’expérience ci-contre, les coléoptiles se sont développés dans des conditions différentes d’éclairement. (Source : TermSpé, Belin, 2020) Document 2 : Origine du phototropisme du coléoptile (Source : TermSpé, Hachette, 2020) L’auxine est une molécule hydrosoluble produite et présente dans l’apex du coléoptile des céréales et au niveau du méristème apical de la majorité des plantes. A l’intérieur de la tige, cette hormone végétale migre des zones éclairées vers les zones moins éclairées. Document 3 : Mesures de croissance des faces éclairées et non éclairées d’un coléoptile (Source : TermSpé, Belin, 2020) Des coléoptiles d’avoine sont éclairés unilatéralement pendant 30 secondes. Les coléoptiles témoins sont soumis à un éclairement isotrope (provenant de toutes les directions). On mesure l’allongement des faces éclairées et non éclairées du coléoptile pendant 2 heures. Partie 6 – Chapitre 1 : l’organisation fonctionnelle des plantes Activité 3.2. Gravité et développement des plantes (Source : TermSpé, Nathan, 2020) Le mode de vie fixé des plantes les rend très sensibles aux facteurs de l’environnement et à leurs variations. Parmi ces paramètres environnementaux, la gravité est un facteur permanent qui affecte les plantes. • A partir de l’exploitation des documents, montrer l’action de la gravité sur la croissance des racines et à proposer un mécanisme expliquant cette action. Remarque : sur l’ensemble des documents ci-dessous, le vecteur gravité est dirigé vers le bas Document a : Réponse d’une plantule à la gravité Une plantule de 4 jours est positionnée à l’horizontale. Des photographes sont prises toutes les 90 minutes puis sont superposées avec différentes couleurs pour produire une seule image présentée ci-dessous. Document b : Amyloplastes et gravité A l’extrémité des racines des plantes se trouvent des cellules particulières, riches en amyloplastes, organites qui stockent l’amidon. Une racine est placée à la verticale et l’on observe l’une de ses cellules à amyloplastes (photographie C, schématisée en D, ci-contre). Puis on pivote la racine de 90° pour la placer à l’horizontale et on observe la même cellule à différents temps (indiqués en bas à droite, en secondes). Des expériences complémentaires ont permis de montrer que la localisation des amyloplastes a une influence sur la distribution des hormones dans la racine. N : noyau CW : paroi AM : amyloplastes ER : réticulum endoplasmique Document c : Gravité et croissance des racines Des expériences sont réalisées à bord de la station spatiale internationale sur de jeunes plantules de colza. Celles-ci sont soumises à l’état de micropesanteur régnant dans la station (µg : pesanteur valant quelques millionièmes de la pesanteur terrestre) ou bien grâce à une centrifugeuse, à une pesanteur identique à la pesanteur terrestre (g). Document d : Effet de la suppression des cellules à amyloplastes On détruit les cellules à amyloplastes des racines et on place les plantes obtenues dans des boîtes de Pétri (représentées par des cercles) placées à la verticale. On repère par un point vert ou rouge la direction de la pousse de la racine. Le nombre indiqué dans chaque cadran indique le nombre de racines ayant poussé vers chacun de ces cadrans. Partie 6 – Chapitre 1 : l’organisation fonctionnelle des plantes Document e : Distribution des cytokinines en fonction de l’orientation de la racine Les cytokinines sont des hormones végétales. Dans les racines, elles empêchent l’élongation cellulaire. La présence de cytokinines est mise en évidence par une coloration bleue dans une racine placée à la verticale (A) ou dans une racine placée à l’horizontale pendant 30 minutes (B) ou 60 minutes (C). Document f : Cytokinines et croissance des racine Des racines placées à la verticale sont mises en contact avec un bloc de gélose sans cytokinines (A) ou avec un bloc de gélose contenant 1 µmol/L (B) ou 10 µmol/L (C) de cytokinines. Les photographies sont réalisées 4 heures après le contact entre les racines et le bloc de gélose. Rappel : la gélose est une substance gélatineuse naturelle souvent utilisé comme milieu de culture. On peut y incorporer différentes substances. Partie 6 – Chapitre 1 : l’organisation fonctionnelle des plantes Correction Activité 3.1. Lumière et développement des plantes • A partir de l’étude des documents fournis, déterminez et proposez une explication à l’effet de la lumière sur le développement de certaines plantes. Document 1 : croissance et lumière Ce document nous montre que lorsque l’éclairement des coléoptile n’est pas homogène (=éclairement anisotrope), les coléoptiles grandissent en s’orientant préférentiellement vers la lumière, phénomène appelé phototropisme. Lorsque l’éclairement est homogène (=éclairement isotrope), la croissance des coléoptiles se réalise verticalement vers le haut. La répartition de la lumière éclairant les coléoptiles influence donc l’orientation de la croissance de ces tiges. Document 3 : mesures de croissance des faces éclairées et non éclairées de la tige Nous pouvons observer que la face non éclairée d’un coléoptile d’avoine a grandi d’environ 1,8 mm en 120 minutes alors que cette croissance n’atteint que 0,5 mm sur la face éclairée et presque 1,2 mm sur un coléoptile bénéficiant d’un éclairement isotrope. Ainsi, nous pouvons en déduire qu’un éclairement anisotrope ralentit la croissance de la face éclairée mais stimule celle de la face non éclairée. Ce résultat permet d’expliquer les observations des coléoptiles du document 1, soumis à un éclairement anisotrope. En effet, si la face non éclairée grandit plus rapidement que la face éclairée, alors le coléoptile va s’incliner vers la lumière. Document 2 : origine du phototropisme du coléoptile Les expériences de Darwin nous indiquent que la courbure du coléoptile en réponse à un éclairement anisotrope est inhibée si l’apex (=sommet) est caché ou coupé. L’apex du coléoptile est donc impliqué dans le phototropisme (croissance vers la lumière). En revanche, la base du coléoptile n’est pas impliquée puisque la présence d’un cache déposé à la base du coléoptile ne modifie pas le phototropisme. Or, la courbure est liée à une élongation plus importante de la face non éclairée par rapport à la face éclairée. Il doit donc exister une relation entre l’apex et les faces du coléoptile. L’expérience de Boysen-Jensen nous montre que cette « communication » peut s’effectuer à travers un bloc de gélose qui laisse passer des molécules de petite taille solubles dans l’eau. Or, ce document nous indique que l’apex des coléoptiles produit une molécule hydrosoluble appelée l’auxine qui a la propriété de migrer vers les faces non éclairées des tiges. Enfin, l’expérience de Fritz-Went nous indique que l’auxine stimule la croissance des cellules végétales puisque le dépôt de cette hormone végétale sur une partie de la tige stimule sa croissance par rapport à la partie de la tige n’ayant pas reçu d’auxine. Nous pouvons en déduire que l’auxine produite par le méristème du coléoptile migre secondairement vers la face non éclairée du coléoptile, induisant une courbure de la tige vers la source lumineuse. Le phototropisme de la tige a donc pour origine une croissance différentielle des deux faces du coléoptile induite par une répartition hétérogène de l’auxine. https://planet-vie.ens.fr/thematiques/manipulations-en-svt/la-morphogenese-vegetale-action-dirigee-des-facteurs-de-l Partie 6 – Chapitre 1 : l’organisation fonctionnelle des plantes Activité 3.2. Gravité et développement des plantes • A partir de l’exploitation des documents, montrer l’action de la gravité sur la croissance des racines et à proposer un mécanisme expliquant cette action. Nous cherchons ici à expliquer comment la croissance des racines est soumise à l’effet de la gravité et comprendre donc pourquoi les racines se développent toujours vers le bas. Pour cela, nous allons montrer dans un 1 er temps quelle est l’action de la gravité sur la croissance des racines, puis dans une 2de partie, nous allons chercher à expliquer ce phénomène de croissance orientée des racines. Tout d’abord, nous voyons que lorsqu’une plantule est positionnée à l’horizontale (document a), sa racine croît vers le bas. La plante réagit même très rapidement à l’effet de la gravité puisque dès la 90ème minute, un début d’inclinaison est visible sur la racine. Cet effet est confirmé par les résultats de croissance racinaire présentés dans le document c. En effet dans ce document, nous constatons que des racines, soumises à l’état de micropesanteur (µg, gravité d’une valeur équivalent à quelques millionièmes de la pesanteur terrestre), se développent dans toutes les directions. En revanche, les racines de ces mêmes graines, soumises à une pesanteur terrestre, se développent dans le sens du vecteur gravité. Ainsi, à partir de ces documents, nous pouvons confirmer que la croissance des racines est orientée dans le même sens que la gravité à laquelle elles sont soumises. Dans les racines, il existe des cellules riches en amyloplastes, organites stockant de l’amidon. Comme le montrent les photographies du document b, les amyloplastes sont soumis à l’effet de la gravité puisqu’ils se positionnent systématiquement dans le « bas » de la cellule, même lorsque celle-ci est soumise à une modification de son orientation (basculement de 90°). Par ailleurs, les résultats fournis dans le document d montrent que les amyloplastes intacts permettent une croissance orientée des racines. En effet, on constate que lorsque les cellules disposent d’amyloplastes intacts, les racines des 50 plantes se développent vers le bas (donc dans le sens du vecteur gravité) alors que lorsque les cellules contiennent des amyloplastes détruits, la croissance racinaire des 50 plantes se réalise dans toutes les directions. Nous pouvons donc en déduire que l’orientation de la croissance des racines dépend de présence des amyloplastes qui sont eux même soumis à l’effet de la gravité. Nous pourrions donc envisager que la gravité provoque une distribution particulière des amyloplastes dans les cellules racinaires, ce qui va à son tour orienter la croissance des racines. Un autre facteur régule la croissance racinaire, il s’agit d’hormones végétales, appelées cytokinines. Tout d’abord, le document f, permet d’illustrer l’effet inhibiteur de ces hormones sur l’élongation cellulaire (information fournie dans le texte du document e). Nous observons en effet que la face de la racine au contact du bloc contenant des cytokinines grandit moins que la face opposée, générant alors une courbure de la racine. L’expérience témoin (A) permet de vérifier que cet effet n’est pas induit par la gélose (remarque : la croissance est provoquée par l’auxine naturellement produite par les racines mais non présentée ici). L’effet inhibiteur des cytokinines est augmenté lorsque la concentration hormonale augmente. Les données du document e nous permettent d’établir un lien avec la gravité. En effet, comme le montrent les photographies de ce document, la répartition de cette hormone semble soumise à la gravité puisque les cytokinines se concentrent systématiquement dans la partie basse de la racine : c’est le cas pour une racine en position verticale (image A) ou pour une racine positionnée à l’horizontale (images B et C). Ainsi, nous pourrions envisager que sous l’effet de la gravité, les cytokinines se concentrent dans la partie la plus basse de la racine, favorisant ainsi une orientation préférentielle des racines dans le sens du vecteur gravité : si la concentration est homogène dans la racine, celle-ci grandit verticalement alors que si la concentration est hétérogène, la racine va croître en se courbant vers le bas. Enfin, le document b nous apprend que la distribution des hormones est influencée par la localisation des amyloplastes. Ainsi, nous pourrions envisager que la distribution des hormones dans la racine est soumise aux effets de la gravité par l’intermédiaire de la localisation différentielle des amyloplastes. En conclusion, la croissance racinaire est soumise à l’effet de la gravité lorsque les cellules racinaires possèdent des amyloplastes dont la localisation contrôlerait la répartition des hormones et en particulier celle des cytokinines. Compte-tenu de l’effet de ces hormones sur l’élongation cellulaire, la répartition des hormones, dépendante de la localisation des amyloplastes dans les cellules racinaires, régule à son tour l’orientation de la croissance racinaire.